Le Point - Que se passe-t-il à bord du Boeing 737 de la Sun Air, détourné
depuis mardi soir et stationnant actuellement en Libye ? Mercredi en début d'après-midi, le directeur de la compagnie aérienne soudanaise Sun Air, Mortada Hassan, a affirmé que les pirates de
l'air avaient été arrêtés par les autorités libyennes, et qu'un autre avion devait rejoindre l'aéroport militaire de Koufra (à 1.350 km au sud-est de Tripoli), où avait atterri la veille
l'appareil, pour ramener les passagers, libérés peu avant, au Soudan. Mais, quelques minutes plus tard, un responsable libyen a démenti que les pirates de l'air aient été arrêtés. "L'avion est
toujours à sa place, les portes sont fermées et les pirates sont toujours à l'intérieur avec les membres d'équipage", a indiqué ce responsable depuis l'aéroport de Koufra (sud-est
libyen).
Parti de Nyala, la plus grande ville du Darfour, le Boeing 737 devait initialement se poser à Khartoum, la capitale du Soudan. L'avion,
transportant plus de 100 personnes à bord, 95 passagers et sept membres d'équipage, a été détourné dans la région du Darfour, une province de l'ouest du Soudan en guerre civile depuis 2003. Les
pirates de l'air demandaient d'atterrir à Paris pour rejoindre leur chef Abdelwahid al-Nour, un des principaux groupes rebelles du Darfour. L'avion détourné a pu atterrir mardi à l'aéroport
militaire de Koufra après que le pilote a expliqué manquer de carburant. "Les services de l'aviation civile ont donné leur accord pour l'atterrissage de l'avion à Koufra pour des considérations
humanitaires, après que le pilote eut signalé qu'il était à court de carburant", a rapporté une source libyenne. Le chef de la sécurité de Sun Air, Hamza Hassan, a raconté que l'appareil avait
d'abord voulu gagner Le Caire, mais que les autorités égyptiennes lui avaient interdit de s'y poser. L'avion s'est ensuite rendu en Libye. -
Itinéraire de l'avion détourné au Soudan
Démenti
Les autorités libyennes n'ont "pas encore une bonne idée de l'appartenance des pirates. Ils disent au pilote qu'ils
appartiennent à l'Armée de libération du Soudan (SLA) mais nous ne pouvons pas le confirmer pour le moment", a expliqué une source libyenne. Aucun mouvement n'a revendiqué ce détournement mais
les preneurs d'otages clament vouloir rejoindre le chef Abdelwahid al-Nour de la SLA à Paris. Mais ce dernier, à qui la France a accordé l'asile, a réfuté l'implication de son mouvement dans
l'opération, dans une déclaration à la chaîne qatarie Al-Jazira. "Nous démentons catégoriquement la responsabilité du mouvement dans cette opération de détournement (...) Nous n'acceptons en
aucun cas de mettre en péril la vie de civils soudanais", a-t-il répété.
"C'est un vrai chef de la rébellion, de la résistance du Darfour, qui dit qu'il ne connaît pas ces gens et qu'il refuse
absolument d'employer ces méthodes. C'est plutôt un homme pacifique", a confirmé Bernard Kouchner mercredi sur Europe 1 . Fin 2007, Paris avait menacé
Abdel Wahid Mohammed Nour de ne plus renouveler son titre de séjour s'il persistait à ne pas participer aux différents pourparlers de paix sur le Darfour.
Pour leur part, les autorités soudanaises ont appelé la Libye à leur remettre les "terroristes" qui ont détourné l'appareil.
"Nous condamnons le détournement d'un avion civil. Nous voulons nous assurer que les pirates seront remis au gouvernement ici pour être traduits en justice", a souligné le porte-parole du
ministère des Affaires étrangères Ali al-Sadiq.
Par rdpl, pour un Mieux Vivre-Ensemble
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Publié dans : Afrique
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