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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 11:39
md0.libe.com.jpegA Benghazi le 21 septembre 2012, des habitants manifestent contre les milices islamistes armées et pour la démocratie. (Photo Asmaa Waguih. Reuters)

Dix jours après l'attaque meurtrière contre le consulat américain, les combats entre les habitants de Benghazi et les groupes extrémistes ont fait au moins quatre morts.

Des centaines d’habitants de Benghazi se sont rebellés vendredi contre les milices armées faisant la loi dans la deuxième ville de Libye, chassant plusieurs groupes extrémistes de leurs bases au terme de combats qui ont fait au moins quatre morts.

Des centaines de manifestants ont réussi à déloger le principal groupe paramilitaire, la milice salafiste d’Ansar al-Charia, de son quartier général dans le centre de Benghazi, a constaté un journaliste de l’AFP. Aux cris de «le sang des martyrs n’a pas été versé en vain», les manifestants sont entrés dans la caserne qui a été saccagée, pillée et incendiée.

Ils se sont ensuite dirigés vers le quartier général de la brigade de Raf Allah al-Sahati, un groupe islamiste qui s’est placé sous l’autorité du ministère de la Défense, où des combats à l’arme légère et aux roquettes ont opposé les deux camps durant deux heures, avant que la brigade ne décide de quitter les lieux.

C’est lors de ces combats qu’au moins quatre personnes ont été tuées et quarante blessées, selon un décompte de l’AFP basé sur les bilans de trois hôpitaux de la ville. Les assaillants ont pillé cette installation militaire située dans une ferme dans la région de Hawari, à 15 km du centre de Benghazi, emportant armes, munitions et matériel informatique, a constaté une correspondante de l’AFP.

Les autorités libyennes ont alors mis en garde contre le «chaos» et ont appelé les manifestants à faire la différence entre les brigades «illégitime» et celles qui sont sous l’autorité de l’Etat.

Le président de l’Assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, s’est félicité de la réaction de la population contre les «brigades en dehors de la légitimité», tout en appelant les manifestants à se retirer immédiatement des locaux occupés par des brigades du ministère de la Défense, citant Raf Allah al-Sahati, la brigade du 17 février et Le bouclier de la Libye.

Manifestations «infiltrées»

Le ministre de l’Intérieur, Fawzi Abdelali, a mis en cause de son côté des personnes «infiltrées parmi les manifestants». Certains de ces «infiltrés» font partie des services de sécurité, selon lui, et veulent le «chaos et la sédition».

Dans la journée, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté pacifiquement à Benghazi contre les milices armées, dix jours après l’attaque du consulat américain du 11 septembre 2012 qui avait coûté la vie à l’ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens et trois autres Américains.

Avant de se diriger vers la caserne d’Ansar al-Charia (les partisans de la loi islamique) les manifestants avaient déjà délogé une autre milice qui avait élu domicile dans un bâtiment de la sécurité libyenne dans le centre de la ville.

Selon des témoins, Ansar al-Charia a également quitté l’hôpital al-Jala qu’elle contrôlait, sous la pression des manifestants. La police militaire a pu prendre possession par la suite du bâtiment. Au moins quatre autres installations publiques ont été désertées par des milices à l’arrivée des manifestants.

L’attaque contre le consulat américain, déclenchée lors d’une manifestation contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, a illustré l’incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye.

«Depuis la mort de l’ambassadeur Chris Stevens, les habitants de Benghazi ont manifesté quotidiennement contre le groupe extrémiste Ansar al-Charia, qui est impliqué dans sa mort», souligne Jason Pack, spécialiste de la Libye.

«Cette mobilisation va peut être inciter l’Assemblée nationale à mettre en place les actions décisives contre les milices dont le pouvoir transitoire s'était abstenu», par manque de force militaire et peur des représailles.

Le nouveau pouvoir a échoué à désarmer et dissoudre les groupes d’ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi au cours de la révolution de 2011, bien que plusieurs d’entre eux aient intégré les ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Benghazi, la deuxième ville de Libye, d’où était partie en 2011 la contestation qui a renversé le régime de Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d’assassinats de responsables de la sécurité.

(AFP)

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Afrique
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