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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 12:46

Hissene Habre270508275Tout est parti de la décision du gouvernement sénégalais de vouloir extrader le lundi 11 juillet 2011 l’ancien Chef de l’Etat Tchadien Hissène Habré vers son pays. Le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme de même que la Belgique ont engagé une véritable  de levée de boucliers pour dire que cette extradition vers le Tchad serait une violation flagrante du droit international. Résultat, le Sénégal a reculé pour refiler la patate chaude à la communauté internationale
Hissène Habré peut remercier les Nations-Unies et la Belgique qui ont exercé de terribles  pressions sur le Sénégal. La reculade de Dakar s’en est suivie ce dimanche. Dans une déclaration lue ce dimanche 10 juillet 2011, en direct sur l’antenne de la Télévision nationale, le ministre d’Etat, sénégalais, ministre des affaires étrangères Me Madické Niang a annoncé la suspension de la décision d’extradition d’Habré vers son pays, le Tchad. Plusieurs sources politiques et  diplomatiques contactées par Les Afriques estiment que c’est d’ailleurs madame le Haut commissaire de l’ONU en charge des droits humains Navi Pillay qui a demandé en personne au Chef de l’Etat sénégalais de revoir la décision prise le vendredi 08 juillet 2011 de renvoyer l’ex Chef de l’Etat dans son pays. Une décision que l’ONU de même que la Belgique qualifient de violation flagrante des règles du droit international. En réalité, les juristes sont unanimes à reconnaître qu’Habré ne pouvait être extradé au Tchad d’autant plus qu’il y était déjà condamné à mort par contumace. Le droit humanitaire international le mettait ainsi à l’abri d’une telle décision. En tout cas, le ministère belge des affaires étrangères a réaffirmé l’intention de la Belgique d’accueillir et de juger sur son sol Hissène Habré. Selon Me Demba Ciré Bathily, un des avocats de l’ex homme fort de Ndjaména, le Sénégal risque d’être condamné devant la cour internationale de justice de la Haye(CIJ) dans le cadre de la procédure d’extradition initiée cette fois ci par la Belgique. Les victimes de Hissène Habré se battent depuis plus de vingt pour que l'ancien dictateur réponde de ses actes, mais uniquement au cours d'un procès équitable qui permette de faire toute la lumière sur le régime Habré et qui ne soit pas une justice de vengeance. Or, de telles conditions ne sont pas à ce jour réunies au Tchad. Dans son rapport intérimaire préparé en prévision du 17e Sommet de l'Union africaine à Malabo, la Commission de l'Union africaine avait énuméré les différentes options offertes au Sénégal pour que celui-ci s'acquitte enfin de son obligation de juger ou extrader Hissène Habré, évoquant pour la première fois la possibilité d'une extradition en Belgique ou au Tchad.  Examinant un éventuel transfert vers le Tchad, la Commission avait insisté sur des garanties pour un procès équitable et pour que la sécurité de l’ancien président soit assurée. En particulier, le Tchad devrait avoir préalablement annulé la condamnation à mort par contumace prononcée en 2008, et accepter  de juger Habré devant un tribunal composé en sa majorité de juges africains non-tchadiens. Le Sénégal avait pris l’engagement solennel devant la Cour internationale de Justice (CIJ), de maintenir sur son territoire l'ancien dictateur jusqu'à ce que la plus haute juridiction des Nations unies rende une décision sur le fond dans l'affaire Belgique c. Sénégal, actuellement pendante. En outre, en 2006, le Comité des Nations unies contre la torture avait condamné le Sénégal, pour violation de ses obligations au regard de la Convention des Nations unies contre la torture et l'avait enjoint à juger Habré ou, à défaut, à l'extrader vers la Belgique qui en a fait la demande, ou enfin de faire droit à « toute autre demande d'extradition émanant d'un autre État en conformité avec les dispositions de la Convention ». Or, le Tchad n'a jamais fait de demande d'extradition. En juillet 2010 déjà, l'Archevêque Desmond Tutu et 117 groupes de vingt-cinq pays africains avaient dénoncé « l'interminable feuilleton politico-judiciaire » auquel les victimes sont soumises depuis plus de vingt ans. Nous aurions préféré voir Hissène Habré jugé en Afrique, mais le plus important est que justice soit faite avait –t-il clamé.


Par Mohamed Ndiaye

source: les Afriques

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Afrique
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