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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:02

3977690.jpgL'avocat des anciens majordome et comptable de Liliane Bettencourt, Antoine Gillot, estime qu'il y a "de nombreuses raisons d'entendre" l'ex-président.

Le juge Jean-Michel Gentil n'a pas perdu de temps. 15 jours à peine après la fin de l'immunité présidentielle de Nicolas Sarkozy, il a perquisitionné chez lui, mardi 3 juillet à Paris. Les policiers de la brigade financière se sont rendus au domicile de Carla Bruni-Sarkozy, au cabinet d'avocats Arnaud, Claude et Associés dont Nicolas Sarkozy détient des parts, et dans les nouveaux locaux dont il bénéficie en tant qu'ancien chef de l'Etat.

Le juge Gentil s'intéresse particulièrement à d'éventuelles remises de fonds par Liliane Bettencourt à l'ex-président, notamment lors de sa campagne de 2007. Selon l'ex-comptable de la milliardaire Claire Thibout, 150.000 euros auraient été remis début 2007 à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne. Nicolas Sarkozy affirme n'y être allé qu'une fois en 2007, mais il est soupçonné de s'être rendu à plusieurs reprises chez les Bettencourt à la même période. Dans quel but ?

"Le Nouvel Observateur" a questionné Antoine Gillot, l'avocat de l'ex-majordome de Liliane Bettencourt Pascal Bonnefoy et de son ex-comptable Claire Thibout.

Que pensez-vous de ces perquisitions dont a fait l'objet Nicolas Sarkozy ? 

- Rien de surprenant dans la mesure où il semble que dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est directement concerné par le volet sur le financement illicite de sa campagne de 2007. Elles ne sont pas non plus anormales compte tenu des différentes déclarations des uns et des autres, et des découvertes des juges d'instruction de Bordeaux, notamment sur le rapatriement supervisé par Patrice de Maistre de 4 millions depuis la Suisse entre 2007 et 2009.

A partir du moment où il y a des soupçons de financement illicite de campagne, il est dans la logique des choses que des investigations soient menées. On peut regretter qu'elles interviennent aussi tard. Mais le juge, du fait de l'immunité dont bénéficiait Nicolas Sarkozy jusqu'à très récemment, n'avait pas d'autre choix.

Le responsable du cabinet d'avocats déclare ce mercredi que rien n'y a été saisi.

-Attendons. Nous verrons bien ce que donneront ces perquisitions. Le juge fait son travail. Il faut toutefois noter que les perquisitions dont fait l'objet Nicolas Sarkozy ne signifient pas sa culpabilité.

Le député-maire UMP de Nice Christian Estrosi, entre autres, dénonce une "justice spectacle totalement ridicule".

- Je ne suis pas d'accord. Encore une fois, le juge fait son travail et mène ses investigations jusqu'au bout. On ne peut pas lui reprocher. Personne ne s'est ému outre mesure quand de Maistre, Banier ou d'autres ont été perquisitionnés. A présent tout le monde s'émeut du fait que Nicolas Sarkozy soit concerné, car c'est une personnalité éminente et que c'est vraisemblablement la première fois dans la Ve république que le domicile d'un ancien président est perquisitionné. Mais ça n'a rien d'anormal.

Que pensent vos clients de ces perquisitions ?

- Ils sont témoins dans cette affaire et ont fait des déclarations. Surtout Claire Thibout, qui a rapporté que de Maistre lui avait demandé 150.000 euros destinés à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy. Elle lui a donné 50.000 euros. Le lendemain, Patrice de Maistre avait un rendez-vous avec Eric Woerth. Elle a également rapporté que des sommes étaient retirées en espèces et qu'une partie de ces sommes, remises à André Bettencourt, étaient destinées à divers politiques. Ses carnets montrent d'ailleurs, entre autres, une augmentation des sommes remises à André Bettencourt lors de la période électorale de 2007. Tout cela constitue un faisceau d'indices permettant au juge de soupçonner un financement illicite de campagne.

Claire Thibout ne peut qu'apprécier que les investigations soient menées par le juge en vue de conforter son témoignage. N'oublions pas qu'il avait été extrêmement remis en cause à l'époque, qu'elle avait été accusée de vol, avait été vilipendée, traitée de menteuse... En 2010, elle était quasiment devenue l'ennemi public. Sa situation est aujourd'hui matériellement très difficile. Elle est en fin de chômage et n'a pas retrouvé d'emploi. Je souhaite qu'elle soit réhabilitée. Elle en a besoin. Elle est témoin mais principale victime de cette affaire, c'est injuste.

Pensez-vous que Nicolas Sarkozy sera prochainement entendu ?

- Au vu des soupçons concernant le financement de sa campagne, cela me paraît indispensable. Il était alors en relation avec Eric Woerth, avec Patrice de Maistre... Alors que la fille de Liliane Bettencourt avait déjà porté plainte, fin 2007, il a reçu Liliane Bettencourt et de Maistre à l'Elysée, puis de Maistre seul. Que se sont-ils dits ? Quand l'affaire a été confiée à Philippe Courroye, l'entourage de Liliane Bettencourt était renseigné par l'Elysée de ce qui se passait à Nanterre. Nicolas Sarkozy, qui s'était bien gardé d'en parler auparavant, reconnaît à présent une rencontre d'une vingtaine de minutes chez les Bettencourt en 2007. Qu'est-il allé faire chez eux à cette date ? Depuis, Eric Woerth a été mis en examen. Sans compter le problème du conflit d'intérêts vis-à-vis de l'emploi de la femme de Woerth, la remise de la légion d'honneur... Quel que soit l'angle sous lequel on prend cette affaire, Nicolas Sarkozy est toujours présent. Il est partout. Soit directement, soit via son entourage. Il y a en somme, me semble-t-il, de nombreuses raisons de l'entendre. 

 

Par Le Nouvel Observateur

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Monde
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