Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 11:35

 03559-copie-1.JPGLe bilan fait état d’une quinzaine de policiers blessés, deux pick-up saccagés, un car Hiace de la police hors d’usage et deux camions endommagés

La ville de Ngaoundéré, chef lieu de la région de l’Adamaoua a été le théâtre de violents affrontements entre des ressortissants tchadiens et les forces de maintien de l'ordre camerounaises. Le bilan provisoire est lourd. On parle de plusieurs véhicules de la police saccagés et de nombreux policiers grièvement blessés. Tout a commencé lorsque la police a été alertée d'un vol présumé de carburant estimé à une vingtaine de litres qui selon certaines sources, était entrain d'être extrait du réservoir d'un camion stationné.

En effet, il était environ 15 heures lorsque Samuel Amougou Foe, conducteur du camion CETR603AB surprend le nommé Alain Kodjidum, de nationalité tchadienne en train de subtiliser du gasoil dans un bidon de 20 litres. Informé de la situation, le commissaire central de la ville de Ngaoundéré, Joseph Temde, a immédiatement dépêché sur les lieux, ses hommes pour s'enquérir de la situation. Le présumé voleur passe aux aveux complets et est conduit au poste de police par les éléments des Equipes spéciales d'intervention rapide (ESIR). Mécontents de l’arrestation de l’un de leurs compatriotes, les Tchadiens de la ville vont, à l’aide d’un gros moteur, bloquer le camion que conduit Samuel Amougou Foe dans le parc automobile.

Ce dernier fait aussitôt recours à son patron qui arrive sur les lieux. A son tour, le patron appelle les ESIR pour qu’ils viennent voir comment les Tchadiens empêchent son camion de sortir du parc avec les marchandises. Ils m’ont conseillé d’aller prendre un huissier de justice pour venir faire le constat, ce d’autant plus que je suis tenu par les délais de livraison à mon client à Ndjamena, déclare Kalsina Adala Michel, propriétaire dudit camion.

Aux environs de 16 heures, deux huissiers de justice, Me Atangana Ottou accompagné de son collègue Théodore Kenmoé et une équipe de policiers conduite par le commissaire central de la ville de Ngaoundéré, Joseph Temde, arrivent sur les lieux. Ils sont accueillis par plus de deux cent mutins qui s’opposent au constat en se jetant sur les deux auxiliaires de justice. Pris dans l’étau des Tchadiens survoltés et surtout très agressifs, le commissaire central essaye de calmer les transporteurs tchadiens en furie, et reçoit en pleine figure une garniture de frein de camion provenant de l’un de ses interlocuteurs. Joseph Temde s'en sort avec une lèvre fendue. La bouche ensanglantée, il demande aux mutins tchadiens de se calmer et ordonne à ses éléments, armés de matraques, de ne pas réagir.

Entre temps, les deux huissiers de justice réussissent à prendre la poudre d’escampette. Le commissaire de police principal Joseph Temde et ses éléments sont copieusement lynchés. Quelques flics réussissent également à s’échapper et vont appeler des renforts pendant que le commissaire de police principal Joseph Temde et ses éléments sont pris en otage. Quelque temps après, une équipe du Groupement Mobile d’intervention (GMI) n°9 arrive sur les lieux avec son artillerie de lutte antiémeutes.

Un calme précaire revient. La quinzaine de policiers qui a grièvement été blessé est transportée aux urgences de l’hôpital régional de l’Adamaoua où ils reçoivent des soins intensifs. Ici, on parle des radiographies et des sutures qui ont été réalisés sur-le-champ. Parmi les victimes, figure également une femme âgée de vingt ans. Les Tchadiens sont toujours sur le pied de guerre. Ils se sont d’ailleurs déportés en grand nombre à l'hôpital régional pour poursuivre leurs opérations de casse et de bastonnade alors que des infirmiers s’évertuaient à administrer des soins aux blessés.

A la gare marchandise de Ngaoundéré, lieu de l'incident, les forces du maintien de l'ordre ont eu du mal à ramener le calme du fait de la non-collaboration et surtout de la violence des Tchadiens qui menaçaient de tout casser sur leur passage. A 18h et 30 minutes, tout l’état major du gouverneur est sur les lieux. Des policiers de garde sont interrogés. Pendant que le commandant du BIR recueille les faits, le chef du bureau national du fret tchadien se dirige vers lui, le prend au collet et lui intime l’ordre de se tenir tranquille. Les esprits se surchauffent une fois de plus, le secrétaire général des services du gouverneur, Jean Edi’i Abate joue les médiateurs. La situation est maîtrisée et les assaillants munis de machettes, de gourdins et de couteaux sont interpellés. Le bilan est lourd. Suite aux échauffourées, deux pick-up de la police ont été détruits dont l’un appartenant aux Equipes spéciales d'intervention rapide (ESIR), ainsi qu'un car de la police de marque Hiace, flambant neuf.

Un affrontement de plus!

Cet incident qui vient de provoquer un affrontement entre Tchadiens et Camerounais n’est pas le premier du genre. Ceux qui n’ont pas la mémoire courte se souviennent encore sans doute de l’affrontement entre les élèves tchadiens et camerounais au collège Islamique ou encore celui qui a eu lieu au collège protestant en octobre 2011 à cause d’un téléphone portable. Quand bien même ce ne sont pas les tchadiens, ce sont les forces de maintien de l’ordre qui s’affrontent entre elles, notamment les policiers contre les militaires comme c’était le cas récemment.

Le danger plane donc toujours sur la cité capitale de l'Adamaoua qui voit ainsi Tchadiens et Camerounais s'affronter une fois de plus pour un problème de carburant. Cet incident viendra sans doute, ternir l'image des relations que le Cameroun entretient avec le Tchad depuis de longues années. Pour l'instant une enquête a été ouverte en vue de faire la lumière sur cet incident grave.


Par Mathurin Petsoko

Source: Journal du Tchad

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Afrique
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : RDPL, Mieux Vivre-Ensemble
  • RDPL, Mieux Vivre-Ensemble
  • : Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!
  • Contact

Young-black« Nous voulons être délivrés. Celui qui donne un coup de pioche veut connaitre un sens à son coup de pioche. Et le coup de pioche du bagnard, qui humilie le bagnard, n’est point le même que le coup de pioche du prospecteur, qui grandit le prospecteur. Le bagne ne réside point là où les coups de pioche sont donnés… » ANTOINE de Saint-Exupéry, in TERRE DES HOMMES.

 

284215_1905906284433_1145065966_31634001_2909666_n.jpg



Rechercher