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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 01:53

actu-monde-Herve-Morin-Idriss-Deby articlephotoL’organisation internationale HRW accuse le contingent tchadien de la Misca de soutenir des combattants des ex-Séléka malgré leurs exactions.

Fin décembre, il avait été décidé que le contingent tchadien de la force africaine, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) serait redéployé dans les confins du nord du pays, vers les zones frontalières avec le Tchad et le Soudan. En les envoyant dans le nord où vit largement la minorité musulmane, l’ONU espérait limiter la casse à Bangui après la mort d’un manifestant anti-Seleka après qu’une patrouille tchadienne a ouvert le feu.


Accusés de protéger l’ancienne rébellion de la Séléka, composée de nombreux mercenaires tchadiens, les soldats envoyés par N’Djamema attirent de nouveau les suspicions. Mercredi 5 février, l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) les a accusés de faciliter les déplacements de certains chefs du mouvement rebelle qui se sont enfuis vers le nord-est. « En janvier, des forces de la Séléka ont torturé et tué des civils dans la ville de Sibut, où s’étaient regroupés les ex-rebelles [...] Des forces de la Séléka ont pu quitter des bases dans lesquelles elles avaient été confinées par la force de maintien de la paix de l’Union africaine, empruntant pour cela des pistes de brousse qui leur ont permis de contourner les points de contrôle, ou en voyageant avec des troupes tchadiennes en convois lourdement armés », accuse l’ONG.


Le général Bahr aidé par le Tchad


Le cantonnement des forces armées des ex-rebelles, dans le camp de Kassai de Bangui notamment, a poussé fin janvier environ 500 combattants et leurs chefs à se rendre vers le nord-est pour y trouver plus de sécurité. Sur leur passage, ils ont enlevés des civils et les ont contraints à transporter leurs munitions et bagages et de nombreux témoins font état d’exactions dans les villages. « Les soldats tchadiens sont alors jamais très loin. Le 26 janvier, des enquêteurs de HRW ont « vu passer, et ont été en mesure de filmer, à approximativement 60 kilomètres au nord de Bangui, un convoi de troupes tchadiennes lourdement armées appartenant à la force de maintien de la paix. Le convoi incluait au moins huit pickups chargés de combattants de la Séléka, dont un certain nombre de chefs de l’organisation, comme le général Mahamat Bahr, en charge du renseignement militaire pour la Séléka ». Ce dernier a confirmé par téléphone à l’ONG qu’il s’était en effet rendu à Bossangoa profitant d’un convoi tchadien qui devait y relever les troupes congolaises de la mission de maintien de la paix.


« Après avoir assumé la responsabilité du maintien de la paix à Bossangoa, les troupes tchadiennes ont permis à un autre chef de la Séléka, le colonel Saleh Zabadi, de quitter avec ses hommes leur base, et de rejoindre le général Bahr et d’autres chefs de la Séléka dans les villes du nord du pays que sont Sibut, Kaga Bandoro et Kabo ». Pour HRW, les mouvements des forces des ex-Séléka seules et aux côtés des troupes tchadiennes coïncide avec une nouvelle flambée de violences.


Accusations en série


Ce n’est pas la première fois que les Tchadiens sont pris à partie. Au début du mois, le Haut-commissariat aux droits de l’homme a confirmé avoir reçu de « multiples témoignages de collusion » entre des troupes tchadiennes et les forces de la Séléka. Fin décembre, ils ont été soupçonnés de double jeu par la diplomatie française. A Bangui, selon des militaires français interrogés par l’AFP, des soldats tchadiens ont donné leur brassard de la force africaine à des Séléka pour que ces derniers puissent conserver leurs armes et continuer à circuler alors qu’ils devaient être désarmés et cantonnés.


HRW demande à l’Union africaine de « suspendre sans délai les membres des troupes tchadiennes de la Misca faisant l’objet d’accusations crédibles [...], et d’ouvrir une enquête sur ces faits, avec le soutien de l’organisation des Nations Unies ». »Pour être efficaces, les forces de maintien de la paix se doivent d’être impartiales », souligne Peter Bouckaert, directeur de la division Urgence de HRW à Bangui.


Démenti du Tchad


Le porte-parole du gouvernement tchadien, Hassan Sylla, a démenti jeudi sur RFI les allégations et « met quiconque au défi d’apporter les preuves matérielles de ce genre d’informations savamment distillées et dont le but est de salir l’image respectable des forces de défense et de sécurité ». La Tchad « tient à rappeler à l’opinion nationale et internationale que sa présence en RCA s’inscrit dans le cadre de l’Union africaine sous mandat de l’Onu. Le Tchad n’a pas un agenda caché comme tente de le faire croire, malheureusement, certaines officines en mal de publicité; Comme au Mali et comme au Soudan dans le cadre de la force mixte, le Tchad participe à une mission internationale de maintien et de restauration de la paix », et de rappeler que « les soldats tchadiens répondent au commandement de la Misca » et non comme certains le prétendent au gouvernement tchadien directement.


Jeudi, le Conseil national de transition a critiqué le rôle des Tchadiens lors des opérations de rapatriement de leurs co-citoyens fuyant le pays. « Ils choisissent la ville où ils pensent qu’ils ont des ressortissants qu’ils peuvent récupérer, mais sur le long de leur passage, ils font d’énormes dégâts et ils sont capables de rester sur leurs véhicules et de tirer sur les populations », a affirmé Joseph Bindoumi devant l’Assemblée, selon des propos rapportés par RFI. Les représentants locaux appellent la Misca à retirer les troupes tchadiennes du territoire centrafricain et demandent qu’une force de maintien de la paix de l’Onu soit déployée au plus tôt.


Mais pour la communauté internationale et la France surtout, impossible de mettre les Tchadiens totalement hors-jeu. Malgré leur éventuel double jeu, leur position est incontournable, tant en Centrafrique qu’aux côtés des soldats français projetés au Mali. Le Tchad fournit le contingent le plus important de la Misca, 850 hommes très aguerris. L’armée tchadienne est réputée pour être unes des meilleures de la région.

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Politique
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