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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 12:11

armee-egypte.jpgAlors que la police fait son retour depuis quelques semaines dans les rues du Caire, la situation est toujours bloquée en Egypte, faute d’un compromis politique entre les islamistes et l’armée sur la nouvelle Constitution. Celui-ci devrait cependant intervenir dans les prochaines semaines, lorsqu’un accord sera trouvé sur la question des principes supra-constitutionnels, notamment le contrôle du budget militaire. Ce dernier est, en effet, une des rares marges de manœuvres budgétaires dont disposera le gouvernement pour répondre aux attentes de la population.

L’armée sort, quant à elle, renforcée et récupère la sécurité nationale et les relations avec Israël. Le point d’entrée des Etats-Unis en Egypte reste le général Sami Hanan, numéro deux des forces armées. Ces dernières, qui contrôlent toujours entre 15 et 20 % de l’économie réelle, ont réussi à faire emprisonner les hommes d’affaires et les grands entrepreneurs “dérangeants” et disposent désormais de marges de manœuvres inédites.

Les deux grands perdants de la révolution égyptienne sont la police et le renseignement civil. La Sécurité d’Etat, qui dépend de la police, ne dispose plus de ses prérogatives historiques ni de légitimité aux yeux de la population. Elle bénéficiait jusqu’alors d’un droit de veto sur l’embauche des hauts fonctionnaires, des professeurs d’université, des nationaux nommés dans les organisations internationales ou encore sur la création d’ONG et la rédaction de la presse d’Etat (un officier y étant systémati­quement intégré). Elle ne l’exerce plus dans les faits.

Le renseignement est l’autre grand perdant des bouleversements politiques issus de la révolution égyptienne : Omar Suleyman, ancien ministre du Renseigne­ment nommé à la hâte vice-président par Hosni Moubarak au moment des évènements de janvier 2011, était le point d’entrée d’Israël en Egypte. Il s’est réfugié en Arabie Saoudite après avoir échappé in extremis à un attentat. C’est désormais l’armée qui récupère les relations avec l’Etat hébreu, alors qu’elle avait historiquement refusé de s’en charger pour des questions d’image vis-à-vis de l’opinion.

Plus généralement, le renseignement civil aurait perdu “l’oreille des décideurs”, même s’il contrôle encore de nombreuses entreprises (notamment des compagnies de transport) ainsi qu’une partie de l’activité touristique (hôtels) dans le Sinaï. C’est désormais le renseignement militaire qui monte en puissance. De son côté, l’armée, qui gère aujourd’hui la politique étrangère du pays, cherche à soigner son image, notam­ment vis-à-vis d’Israël et des Occidentaux. Le Caire participe ainsi, depuis peu, à la lutte contre la prolifération des armes issues des stocks de Kadhafi, dont certaines seraient déjà tombées aux mains du Hamas. Le maréchal Tantaoui veut éviter que Tel-Aviv puisse se servir politiquement de la présence d’islamistes au Parlement pour accuser l’Egypte de laisser-faire. Pour l’anec­dote, les épouses des attachés de défense égyptiens en poste à l’étranger ont reçu pour consigne de ne pas porter le voile.

source: TTU

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Monde
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