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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 08:13

1131205.jpgCinq ans après Nicolas Sarkozy, François Hollande a exposé sa vision des relations avec l'Afrique dans un "discours de Dakar" beaucoup plus consensuel que celui de son prédécesseur.

La tonalité du discours

François Hollande avait prévenu: pas question pour lui de faire un discours "pour effacer le précédent", celui de Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, devant l'université sénégalaise de Cheikh Anta Diop. Pourtant la comparaison s'impose, tant les deux présidents ont pris des chemins opposés. Quand Nicolas Sarkozy, guidé par sa plume de l'époque, Henri Guaino, déclarait s'adresser "à tous les habitants de ce continent meurtri, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs", François Hollande martèle: "J'ai confiance, l'Afrique est en marche." 


Alors que l'ex-président estimait que "jamais l'homme [africain] ne s'élance vers l'avenir" ou que "jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin", le chef de l'Etat observe lui que "les Africains ont pris leur destin en main et [que] ce mouvement ne s'arrêtera pas". Résultat, une tonalité plus "optimiste" et surtout nettement plus consensuelle que le discours de 2007, critiqué pour son mépris des Africains. 


L'histoire commune

L'évocation de l'histoire commune de la France et de l'Afrique fait figure de passage obligé dans les deux discours. "Notre amitié est fondée sur notre histoire", a déclaré François Hollande en guise d'introduction. Comme Nicolas Sarkozy, il a salué la mémoire des soldats africains morts pour la France: "Par deux fois au cours du siècle dernier, le sang africain a été versé pour la liberté du monde, je ne l'oublierai jamais." 

Il se démarque toutefois de l'ex-président en rendant un hommage appuyé à la contribution du Sénégal à la vie politique française, par le député sénégalais de la IIIe république Blaise Diagne, puis l'ancien ministre et président Léopold Sédar Senghor, que Nicolas Sarkozy avait honoré comme poète en 2007. 


La "repentance"

Dans leur évocation du passé colonial, Nicolas Sarkozy et François Hollande se distinguent surtout sur la question de la "repentance" pour les crimes commis par les pays occidentaux. "Je ne suis pas venu vous parler de repentance", car "nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées", avait insisté le premier. 


Rien de tel chez son successeur, qui, en s'attardant beaucoup moins longtemps sur la question, se contente de rappeler que "la France se grandit quand elle porte un regard lucide sur son passé". "L'histoire de l'esclavage, nous devons la connaître, l'enseigner et en tirer toutes les leçons", a-t-il résumé devant l'Assemblée sénégalaise, quelques heures avant une visite sur l'île de Gorée, lieu symbolique de la mémoire de l'esclavage. 


La démocratie

Là où Nicolas Sarkozy s'adressait au peuple africain dans son ensemble, François Hollande a consacré une grande partie de son discours au cas du Sénégal, pays hôte. Sur la démocratie, il salue le rôle de l'Assemblée nationale, la place qu'y occupent les femmes, et en fait un "exemple pour l'Afrique": "Le respect des droits de l'homme, l'égalité devant la loi, la garantie de l'alternance, les droits des minorités, la liberté religieuse: autant de valeurs universelles ancrées chez vous et qui doivent s'épanouir dans toute l'Afrique." 


L'économie

Autre axe fort de son discours, beaucoup plus secondaire chez son prédécesseur, l'avenir économique de l'Afrique. "Elle est aussi une terre d'avenir pour l'économie mondiale", a-t-il assuré, rappelant que "sa croissance, ces dix dernières années, a été supérieure à celle de beaucoup d'autres régions émergentes". Parmi ses atouts, "son agriculture, ses ressources" naturelles et minières, ainsi que "ses paysans, ses artisans, ses étudiants, ses entrepreneurs, ses savants". 


Mais viennent ensuite des mises en garde contre les "prédateurs": au sein des pays africains -"ceux qui pourraient se croire autorisés à voler les deniers de leurs propres pays"- ou de la part des investisseurs étrangers. "Nous voulons permettre aux Etats africains de négocier de meilleurs contrats avec les multinationales étrangères, par exemple dans le secteur minier", conclut-il. 


Sur l'immigration

Tout en reconnaissant que la jeunesse africaine devait "pouvoir acquérir, hors d'Afrique la compétence et le savoir qu'elle ne trouverait pas chez elle", Nicolas Sarkozy avait insisté en 2007 sur le fait qu'elle "doit aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents qu'elle aura développés", dénonçant le pillage des "élites africaines dont l'Afrique a besoin". 


François Hollande aborde aussi ce sujet, tout en donnant des gages aux Africains, notamment après les polémiques sur la circulaire Guéant qui avait heurté les jeunes africains candidats à des études en France: "Je souhaite que les procédures administratives soient simplifiés pour les étudiants, dès lors qu'ils sont motivés, talentueux, capables de subvenir à leurs besoins, mais aussi pour les artistes et les créateurs."

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Monde
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