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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 01:30

Libye : les heurts gagnent la capitale

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Par lefigaro.fr
20/02/2011 | Mise à jour : 23:03
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Des manifestants à Benghazi en Libye.
Des manifestants à Benghazi en Libye. Crédits photo : AP/AP

Alors que l'ONG Human Rights Watch fait état de plus de 173 morts depuis le début de la contestation mardi contre le régime de Kadhafi, les forces de l'ordre libyennes ont tiré dimanche soir des grenades lacrymogènes à Tripoli pour disperser des manifestants.

 

• En Libye, entre 77 et 173 morts depuis le début des émeutes, le mouvement de contestation gagne la capitale

 

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Le bilan des émeutes des quatre derniers jours en Libye atteint au moins 77 morts, selon un décompte tenu par l'AFP, et 173 selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), qui se base sur des sources médicales. Les Etats-Unis, qui ont appelé les autorités de Tripoli à autoriser des manifestations pacifiques, ont évoqué pour leur part «des centaines» de morts et de blessés depuis le début du mouvement de protestation.

Malgré la répression la veille, des milliers d'opposants au régime se sont de nouveau rassemblés dimanche devant un tribunal de Benghazi, où ils ont encore essuyé des tirs. Un avocat sur place a raconté que d'autres contestataires attaquaient la garnison, et qu'il était impossible de faire face au flux des blessés. Une dizaine de manifestants antigouvernementaux occupaient également les locaux du journal Quryna, proche de Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, selon le rédacteur en chef du journal basé à Benghazi.

Dans la capitale libyenne, la tension était également perceptible dimanche. Des dizaines d'avocats ont participé à un sit-in de protestation contre la répression devant un tribunal de Tripoli, avant d'être cernés par des policiers, selon des témoins. De nombreux habitants faisaient aussi des courses pour constituer des réserves alimentaires tandis que des commerçants vidaient leurs boutiques, de crainte de manifestations à venir. Dimanche soir, les forces de l'ordre ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants dans le quartier populaire de Gurgi, selon un témoin.

Le mouvement contre Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, semble se transformer en véritable insurrection dans l'est du pays. Pour tenter de limiter les appels à la mobilisation via les réseaux sociaux, l'accès à internet à été coupé dans la nuit de vendredi à samedi, puis de nouveau dans la nuit de samedi à dimanche.

Le procureur général a ordonné l'ouverture d'une «enquête» sur les violences et a appelé «à accélérer les procédures pour juger tous ceux qui sont coupables de mort ou de saccages». Le colonel Kadhafi n'a toujours pas fait de déclaration officielle, mais les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont promis vendredi aux «groupuscules» à l'origine des manifestations une riposte «foudroyante». Alors que Seïf al-Islam, un des fils du numéro un libyen, doit s'exprimer dimanche soir, le premier ministre libyen, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, a déclaré que la Libye était en «droit de prendre toutes les mesures» pour préserver l'unité du pays, lors d'une réunion avec les ambassadeurs des pays de l'Union européenne à Tripoli, selon l'agence Jana.

Parallèlement, les autorités libyennes ont annoncé avoir arrêté dans «certaines villes» des dizaines de ressortissants arabes appartenant à un «réseau» ayant pour mission de déstabiliser le pays, a rapporté l'agence de presse officielle libyenne Jana.

» ZAPPING VIDÉO - Face à la colère, Kadhafi s'offre un bain de foule

 

 

• Au Maroc, des incidents dans trois villes du pays, en marge des manifestations pacifiques

Plusieurs milliers de Marocains ont manifesté ce dimanche pour réclamer des réformes politiques et une limitation des pouvoirs du roi, premier mouvement de ce type dans le pays depuis le début des révoltes qui secouent le monde arabe.

A Casablanca et Rabat, des banderoles proclamaient : «Le roi doit régner et non gouverner» ou «Le peuple veut une nouvelle Constitution», tandis que des groupes de gauche demandaient «moins de pouvoirs à la monarchie». Si la situation étaient plutôt calme dans ces deux villes, à Marrakech et Larache en revanche, des incidents se sont produits à l'issue des manifestations. A Marrakech, haut-lieu du tourisme marocain, un groupe de 150 à 200 personnes étrangères à la manifestation ont notamment attaqué et pillé des magasins et lancé des pierres contre un édifice public, selon l'Agence France Presse. A Larache, des jeunes gens s'en sont aussi pris à des édifices publics, notamment un poste de gendarmerie et un poste de douane, selon plusieurs témoins. Dans les deux cas, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues.

Des échauffourées ont également éclaté à Al Hoceima, dans le nord du Maroc, la police ayant dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser des protestataires qui attaquaient notamment un poste de police, selon des témoins.

Dans la foulée des événements de Tunisie et d'Egypte, de jeunes Marocains avaient lancé sur Facebook le mouvement «du 20 février», appelant à manifester pacifiquement pour réclamer une nouvelle Constitution limitant les pouvoirs du roi et plus de justice sociale. L'appel a rapidement rassemblé des milliers de sympathisants. Il a été appuyé par des ONG comme l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et des journalistes indépendants. L'organisation de la jeunesse du mouvement islamiste Justice et bienfaisance avait appelé elle aussi à manifester «pacifiquement» dimanche.

Les principaux partis politiques marocains dont l'Istiqlal (du premier ministre Abbas El Fassi) se sont en revanche prononcés contre l'appel.

 

 

• Des milliers de Tunisiens réclament la démission du gouvernement

Quelque 4000 Tunisiens ont manifesté dimanche à Tunis pour réclamer la démission du gouvernement de transition dirigé par Mohamed Ghannouchi, premier ministre de Ben Ali de 1999 à sa chute.

 

Des manifestants réclament la démission du gouvernement, à Tunis dimanche.
Des manifestants réclament la démission du gouvernement, à Tunis dimanche. Crédits photo : FETHI BELAID/AFP

«Démission du premier ministre, Assemblée constituante, Indépendance de la justice», «Dissolution du Parlement», «Système parlementaire», «La Tunisie est à nous et pas aux autres, non à l'ingérence française», pouvait-on lire sur des banderoles au milieu d'une multitude de drapeaux tunisiens.

La manifestation, commencée en fin de matinée sur l'avenue Habib Bourguiba, s'est déroulée sans violences devant la résidence du premier ministre. Des hélicoptères ont tournoyé dans le ciel, deux blindés de l'armée ont été déployés sur la place que policiers et militaires surveillaient de loin.

Après la chute de Ben Ali le 14 janvier, un gouvernement d'union nationale avait été formé dans lequel l'équipe sortante avait conservé la majorité des postes. Des milliers de personnes avaient manifesté quotidiennement pour obtenir leur démission. Sous la pression de la rue, Mohamed Ghannouchi avait remanié le gouvernement de transition en écartant des principaux caciques de l'ancien régime.

Depuis, des élections libres ont été annoncées d'ici à six mois. Une commission a été nommée pour préparer les élections tandis que plusieurs partis d'opposition ont réclamé l'élection d'une Constituante et la création d'un comité de sauvegarde de la révolution.

 

• Bahreïn : les manifestants campent dans le calme à Manama

 

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Des milliers de Bahreïnis occupaient dimanche la place de la Perle à Manama, épicentre de la contestation du régime, alors que l'opposition se concertait avant d'entamer un dialogue avec le pouvoir. En fin d'après-midi, des jeunes s'employaient à dresser d'autres tentes sur la place, se joignant aux protestataires qui y ont passé samedi une première nuit sans entraves. L'armée, qui était déployée dans la ville depuis jeudi en réaction à une manifestation contre le régime, s'était en effet retirée vendredi de ce centre névralgique de la contestation.

C'est le prince héritier Salman ben Hamad Al-Khalifa qui a ordonné à la police et aux militaires de rester à l'écart des manifestants. Il a ainsi satisfait partiellement les voeux de l'opposition. Mais cette dernière exige également la démission du gouvernement actuel avant d'entamer le dialogue politique proposé par le prince héritier sunnite.

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