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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 13:26

LA COTONTCHAD EN ETAT DE CESSATION DE PAIEMENT : LA MAMELLE DE L’ECONOMIE DU TCHAD RAVAGEE PAR LES METASTASES DU REGIME DEBY : LA BAD, LE FMI ET LA BM N’ONT CESSE DE LE DENONCER…EN VAIN...

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Source: zoomtchad.

 

La Cotontchad, a-t-on l’habitude de dire, est l’une des mamelles de l’économie tchadienne, ceci pour mettre en exergue le rôle déterminant qu’elle joue dans le PIB. La Cotontchad a représenté 60 à 65% des recettes d’exportations, fait vivre 4 millions de Tchadiens, le secteur cotonnier a mobilise 350 000 cotonculteurs à travers 5000 villages ; c’est aussi 1 094 emplois permanents qui étaient ainsi fournis à travers ses 9 usines dont 3 sont à présent fermées pour défaut de pièces détachées !!!

 

Ces chiffres permettent de comprendre que le secteur cotonnier est vital pour l’économie de notre pays; avec le pétrole et l’élevage, il constitue le poumon économique de notre pays. Comment alors comprendre qu’au moment où depuis 2003, le Tchad encaisse 1 500 milliards de F CFA de  recettes par an, voire plus (les fonds noirs), c'est-à-dire à un moment unique de l’histoire de notre pays où l’argent coule à flots, comment expliquer qu’un secteur fondamental faisant vivre 4 millions de Tchadiens est aujourd’hui agonisant ? Pillé, dépecé par le régime MPS depuis leur installation à la tête de ce pays !

Les hommes de ce régime se sont emparés de la Cotontchad, vendant le coton à l’étranger, par exemple au Nigeria, en détournant les fruits de la vente pour leur propre compte. Ainsi, en a t-il été de la gestion de M. Timane Erdimi cloué au pilori par les experts de la BAD. Les uns et les autres se sont succédés et ont mis à terre cet outil indispensable au développement de notre pays. Ils l’ont cannibalisé, et cédé à vil prix l’huilerie-savonnerie à une société tchado-soudanaise dirigée par un zaghawa du Soudan et dans laquelle les pontes du régime ont des actions, la société AZOUM. La Banque mondiale a exigé la rétrocession de l’huilerie savonnerie à la Cotontchad et a trouvé absolument incroyable qu’on l’ait donnée au franc symbolique, autrement dit sans un sou pour l’Etat : un véritable crime économique.

 

Tous les experts étrangers sont restés perplexes devant le triste sort de cette société et surtout devant l’incroyable « je m’en-foutisme » du gouvernement sur le sort de 4 millions de ses citoyens qui vivent de ce secteur.

La Banque Mondiale avait conditionné tout financement à une meilleure gestion. Rien n’y fit. Elle préconise la privatisation mais le gouvernement refuse tout en se montrant incapable de gérer de manière saine cette importante entreprise. Pour la première fois de son histoire, la BM a exigé qu’un expert qu’elle a, elle-même, désigné et payé, effectue une mission de contrôle de gestion dans une société. Ce qui est totalement hors de sa mission, mais devant l’ampleur du désastre et prenant  en compte la survie des 4 millions de personnes, elle s’acquitta de cette tâche sans rien demander en contrepartie. Mais, les prédateurs MPS sont là, et aujourd’hui que se passe t-il ?

 

223090Les résultats de leur gestion catastrophique sont là, affligeants et honteux. Le régime Deby a fait dégringoler la Cotontchad à la dernière place dans le classement des sociétés cotonnières africaines, avec lesquelles, de tout temps, la société tchadienne avait rivalisé dignement. Voici les derniers résultats publiés fin 2010.

Le Burkina Faso : 850 000 tonnes ; le Mali : 475 000 tonnes ; le Nigéria : 450 000 tonnes ; le Benin : 375 000 tonnes ; La Côte d’Ivoire : 325 000 tonnes ; le Cameroun : 250 000 tonnes, et  le Tchad 35 000 tonnes !!! Ce qui fait de la Cotontchad, la dernière des sociétés cotonnières africaines.

Rendons hommage à la performance, au travail, et au progrès des pays cités qui ont augmenté leur production, et ont su améliorer les conditions de vie de leurs populations. Remarquons que des pays qui n’étaient pas cités comme de véritables producteurs de coton, ont réussi à saisir l’opportunité d’une demande sur le marché pour investir dans ce secteur, assainir leurs gestions, et surtout ils ont gagné la confiance de leurs paysans, les ont mobilisés pour obtenir cette formidable avancée. Et il faut bien, et bien le souligner pour prendre conscience du scandale et du désastre tchadien, c’est que tous ces pays africains ont dû s’endetter pour assurer les investissements nécessaires à leurs sociétés cotonnières. Alors que dans le même temps, le Tchad qui a engrangé ce formidable pactole des revenus pétroliers, donc à même de régler tous les problèmes de la Cotontchad, a malheureusement continué à piller la société sans retenue. Les experts de la BM ulcérés l’ont tellement bien compris qu’il a fallu, après les appels au secours adressés par le régime à la BEAC, à l’UE, obliger le gouvernement Deby à hypothéquer les revenus pétroliers pour que les banques financent la campagne agricole. Un Etat « Foyda » qui a perdu toute crédibilité. Les cadres tchadiens de la Cotontchad ont assisté impuissants à cette chute vertigineuse de la Cotontchad et Dieu sait, si certains se sont battus, investis dans les consultations, dans les recommandations au gouvernement à travers les ateliers du Coton, dans leurs entretiens directs avec Deby, dans leurs négociations avec les experts du FMI, de la BAD et de la BM, donc certains d’entre eux ont défendu les intérêts du pays et des paysans tchadiens. Reconnaissons leur ce mérite. Malheureusement, ils sont une goutte d’eau dans cet océan de médiocrité, d’incompétence, d’incurie, de corruption…

Toutes leurs idées ont été mises à la poubelle par un Deby, littéralement obsédé par l’idée d’offrir la Cotontchad à la Libye. Très habile, Khadafi qui savait pertinemment que les terres, les champs de coton appartiennent aux paysans tchadiens, et ne voulant en aucun cas dépendre d’eux, a exigé pour contrecarrer cet obstacle, que l’Etat tchadien lui donne des terres vastes et riches. Deby s’exécuta et offrit officiellement 200 000 hectares au franc symbolique (en réalité, l’argent donné en échange, dans ce cas, est allé dans les poches de Deby et non au Trésor National). Donner des terres arables gratuitement à Khadafi pour que celui-ci s’empare d’un outil de développement appartenant au Tchad depuis sa création et mette en péril les conditions de vie de 4 millions de Tchadiens est un acte de trahison nationale. Heureusement que la situation en Libye est venue freiner l’entreprise d’anéantissement engagé par le régime MPS !

Mais laissons la parole au PDG de la Cotontchad qui a, par l’exposé récent de la situation financière de la Cotontchad, confirmé, point par point, le bilan désastreux dans lequel se trouve l’économie de notre pays tel qu’il ressort des rapports du FMI. La Cotontchad, un grand corps malade, agonisant.

« La Cotontchad est dans une situation grave, elle est en cessation de paiement, en faillite. Juridiquement, elle n’existe pratiquement plus car ses dettes s’élèvent à 13 fois son capital. Plus personne ne lui fait confiance, ni les cotonculteurs, parce qu’on leur a pris leur coton et on ne leur a pas donné leur argent. Plus aucune banque ne veut prêter de l’argent à la Cotontchad.

Tous les partenaires et les fournisseurs réclament leurs arriérés et refusent catégoriquement de travailler à nouveau avec la Cotontchad. Sur les 9 usines 3 sont fermées pour des raisons techniques. Le financement de l’Etat n’arrive jamais à temps, on attend les engrais, ils arrivent de manière totalement décalés et en retard. Dans l’administration, personne ne comprend c’est quoi une urgence. Actuellement, les cours du coton sont excellents mais le problème c’est que le Tchad n’a pas de coton à vendre. » Fin de citation. Les paysans que les responsables du régime ont escroqués en prenant leurs productions sans leur payer leur dû refusent d’aller au champ, et d’ailleurs avec quels moyens peuvent-ils à nouveau produire du coton. Ce constat accablant a été dressé par le PDG de la Cotontchad  lors d’une interview.

Rappelons qu’il a eu la lourde mission de réparer la mise à sac de la société par les caïds du régime à travers les détournements de fonds, les marchés de gré à gré surfacturés portant sur les engrais et autres intrants, sans compter le détournement de la production cotonnière et la spoliation des paysans. Cet état des lieux est en quelque sorte une prise à témoin de l’opinion nationale et internationale sur la situation comateuse dans laquelle a été plongée la société cotonnière tchadienne à sa prise de fonction. Ce cri de détresse est surtout une confirmation de tous les rapports établis par la communauté des institutions internationales, FMI, BAD et BM sur le secteur cotonnier et au-delà sur l’économie tchadienne. Voilà  quelques extraits du rapport du FMI  sur la Cotontchad : « La Cotontchad, seul acheteur du coton du pays est pratiquement en faillite, la société est très mal gérée. Ces problèmes se sont aggravés par la fraude, les opérations de marché noir et l’extorsion de fonds. Il existe un risque sérieux que les paysans abandonnent la production cotonnière…. ».

Pour conclure, un mot, par rapport à notre dossier relatif aux rapports du FMI. Alors qu’on attendait une offensive avec arguments socio-économiques pertinents à l’appui nous avons été inondés de mails de militants MPS qui insultaient l’ancien président HH ! Lâche diversion et pantalonnade ! Il est vrai qu’ils sont assommés, et le réveil a été brutal  bien que tout ce que le FMI a dit, était maintes fois dénoncé par nous même ainsi que d’autres sites et blogs. Que tous les classements économiques ces dernières années positionnaient le Tchad en dernière position. Nous leur concédons une chose qu’ils ne savent certainement pas : Le Tchad a eu une place honorable pour ce qui concerne la rapidité avec laquelle les services de l’urbanisme délivrent  des permis de construire. On l’aura tous compris, il faut permettre les sorties rapides d’argent pour payer les scandaleuses surfacturations des infrastructures. Disons leur qu’en 1984, sous le régime de HH, et en dépit de la situation de guerre imposée au pays par Khadafi, la Cotontchad avait une production de 158 500 tonnes. En 1987, toujours sous le régime de HH, la Cotontchad occupait la deuxième place juste après le Mali positionné lui au premier rang.

Quelques mots sur la situation de l’électricité, à un moment où la fourniture de cette denrée est interrompue dans certains quartiers de la capitale depuis plus de 4 mois ; à un moment où les rationnements d’eau sont devenus quasi-permanents et où les gens crèvent de soif. C’est vraiment une situation inimaginable ! Le régime Deby a annoncé que la centrale chinoise va enfin régler tous les problèmes en fourniture d’électricité du Tchad. Or, les autorités camerounaises viennent d’annoncer la signature d’un accord de raccordement électrique de la capitale Tchadienne, mais aussi des villes de Moundou et Sarh avec la ville de Maroua au Nord Cameroun.

Faut-il comprendre que la centrale chinoise ne va pas régler les problèmes d’électricité même au niveau de Ndjamena et dire qu’elle était censée couvrir les besoins du Tchad tout entier. Nouvelle faillite, nouvelle humiliation, nouvel échec cuisant. Plus rien n’est étonnant car le régime de Deby après une errance aveugle, une conduite de l’Etat tchadien en état d’ivresse totale, quand le naufrage arrive, que reste-il, à part vendre à vil prix la sécurité des populations tchadiennes qui vont dépendre d’un autre pays pour se fournir en énergie électrique, produit stratégique et indispensable à leur développement. Le Tchad en tant qu’Etat cède à ce voisin (déjà plus puissant que lui) un pouvoir de pression considérable, voire aliène sa souveraineté quand sa capitale de manière partielle mais des villes importantes de manière totale seront fournies en électricité par un pays tiers qui peut en cas de problèmes, perturber voire suspendre cette distribution !

Auparavant, on disait : « Le Tchad est un pays pauvre mais il dispose de ressources minières importantes et le jour où elles seront exploitées, le pays connaîtra un développement important». Aujourd’hui, nous pouvons tous dire : Sous le royaume Deby, le Tchad a exploité son pétrole et n’a pas réussi à atteindre son objectif premier à savoir la réduction, tant soit peu, de la pauvreté. La BM, initiatrice du projet, a dénoncé la gabegie et le détournement des fonds pour d’autres objectifs. Elle a exigé, face à un régime prédateur et pris la main dans le sac, donc à genoux devant elle, et obtenu le remboursement cash et par anticipation des prêts faramineux concédés pour l’exploitation pétrolière.

Outre les scandaleux détournements des revenus pétroliers, les métastases MPS ont colonisé et attaqué le secteur cotonnier comme constater. Dans le même temps, quelqu’un sait-il où va l’argent de l’exploitation de l’or de Gamboké dans la région du Mayo-Kebbi confiée depuis 2001 aux Coréens ? Il n’y en a  aucune trace dans le budget national. Quelqu’un peut-il répondre sur les fruits des activités à Léré de la société Sud-Africaine BLUEMARINE, sans trace là aussi dans les comptes publics. L’exploitation des matières premières rares et précieuses, par les temps qui courent, a été et demeure d’une opacité sans nom.

L’onde de choc de cette faillite généralisée hypothèque déjà l’avenir des générations futures. Comme quoi, parfois, un simple accident de parcours peut avoir des conséquences incalculables pour le devenir d’un pays et d’un peuple, lesquels ne méritaient pas d’être à ce point méprisés, humiliés, appauvris et opprimés. Que dire, un pays et un peuple sucés et dépecés, sans quartier ni répit, par une caste vampirique depuis un  tragique  1er Décembre 1990. Un 1er Décembre, Journée Mondiale du Sida, s’il fallait un symbole !


La Rédaction de ZOOMTCHAD.

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Le Tchad
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