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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 12:00

a6caff16-ccf6-11e0-a656-8438fd21a6f3.jpgLe président de la République a d'emblée placé la France en première ligne d'un conflit pourtant parsemé d'incertitudes. 

«Ça, c'est fait.» Même si la bataille de Tripoli n'était pas encore terminée, lundi, on imagine aisément Nicolas Sarkozy rayant, enfin, le conflit libyen d'un agenda surchargé. Au sortir d'un été dominé par le séisme boursier, avant d'affronter l'épreuve sociale de la rentrée et le marathon élyséen, le chef de l'État, toujours à la peine dans les sondages, ne peut que se féliciter de la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Le débat au Parlement sur la Libye, le 12 juillet, a donné le ton des risques politiques d'un conflit au cas où il s'éterniserait: spectre de l'enlisement, poids financier de l'engagement militaire (environ 200 millions d'euros)…

Tout l'été, le président de la République est resté sur la brèche. Depuis lundi, il a décroché à plusieurs reprises son téléphone pour parler à ses homologues. Dès le début du conflit, en mars, le principe a été de jouer collectif et d'éviter l'affrontement Occident-monde arabe. Il n'empêche que la France, deuxième contributeur de forces derrière les États-Unis, a participé à 35% des frappes offensives. Certes, le tandem franco-britannique a joué un rôle clé, mais Paris a été aux avant-postes. À l'aune de la détermination présidentielle, la Libye aura largement été la guerre de Nicolas Sarkozy. Il l'a réaffirmé, de bout en bout, en maintenant le cap et en répétant, comme il l'a fait le 13 août à Toulon, que «la France ne faiblira pas en Libye».

 

Tout commence vraiment le 17 mars à New York. Le soulèvement des Libyens a débuté depuis près d'un mois et prend vilaine tournure. Dépêché à l'ONU, Alain Juppé réussit un tour diplomatique qui restera dans les annales: rallier in extremis Russes et Chinois à la résolution 1973 autorisant le recours à la force pour protéger les populations civiles. Deux jours plus tard, le 19 mars, Nicolas Sarkozy annonce depuis l'Élysée le début des opérations de la coalition. Sur le terrain, la 32e brigade mécanisée libyenne, les forces spéciales dirigées par un des fils du Guide, fonce sur Benghazi avec l'objectif déclaré d'«écraser la rébellion dans le sang». «Cela s'est joué à deux heures près, relate une source officielle. Il y a des moments où l'on ne peut pas rester inerte, il faut agir et il n'y a que nous qui pouvions le faire».

Confiance doublement trahie 

Avant tout le monde, le 10 mars, il a décidé de reconnaître le CNT comme «seul représentant légitime du peuple libyen». Après les hésitations en Tunisie et en Égypte, s'agissait-il pour Nicolas Sarkozy, cette fois, de ne pas rater le coche? Avec Kadhafi, reçu en grandes pompes à Paris en 2007, la confiance était doublement trahie. «Différents paramètres ont pu jouer», estime une source officielle, mais, au fond, «Nicolas Sarkozy voulait plus que tout éviter un autre Rwanda ou un autre Srebrenica. Pour lui, ce n'était pas un pari mais une nécessité.»

 

Tandis que les armes commencent à parler, la perche du dialogue reste tendue. Plusieurs émissaires de Tripoli, certains très proches de Kadhafi, tel son directeur de cabinet, se succèdent, en vain, à l'Élysée. Pragmatique, le chef de l'État entend explorer toutes les pistes. Ou laisser certains tenter leur chance, de Bernard-Henri Lévy à Dominique de Villepin. C'est aussi qu'au fil des semaines, le statu quo apparent sur le terrain, les rodomontades de Kadhafi et l'inexpérience de l'insurrection maintiennent vivace la piste du dialogue, même si celui-ci demeure introuvable. Tous les mois, Alain Juppé s'active pour consolider le «groupe de contact», le front anti-Kadhafi, et son engagement sur le terrain. Une ligne dont le bastion est à l'Élysée: c'est Nicolas Sarkozy qui décide l'envoi d'hélicoptères, dont l'emploi aura été déterminant, puis le parachutage d'armes aux rebelles du Djebel Nefoussa.

 

Alors que se profile la fin des opérations militaires, le chef de l'État espère conserver un coup d'avance pour l'après-Kadhafi. Initialement prévue le 19 septembre, la prochaine réunion du «groupe de contact» devrait avoir lieu au tout début du mois de septembre. L'objectif sera de rallier la communauté internationale derrière le CNT et de préciser sa «feuille de route» pour l'avenir du pays. À Paris, on milite pour une «paix inclusive», ralliant toutes les composantes du pays, notamment les tribus, nombreuses ces derniers jours à rejoindre le nouveau pouvoir. La perspective d'une visite de Nicolas Sarkozy en Libye, déjà évoquée, reste d'actualité, «en fonction de l'évolution de la situation» , indiquait-on lundi à l'Élysée.

 

Source: le figaro.fr

 

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Afrique
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