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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 21:22

debyyy1.jpgBase militaire Sergent chef Adji Kosseï, 2 février 2008, il était exactement 21h18, le Commandant des forces Epervier annonçait la fin du régime Deby, nous avons, en choeur, laissé échappé un Ouf de soulagement et trinqué la champagne.


En février 2008, les forces de la résistance nationale, après plusieurs combats décisifs et notamment celui de Massaguet où Deby et ses siens  ont été contraints de prendre leurs jambes au coup, entraient triomphalement à Nd'jaména, sans tirer un seul coup de feu, accueillis par une population en liesse.

En effet, dans la nuit du 1er au 2 février 2008, alors que les vaillants combattants de la CMU (coordination militaire unifiée) campaient aux portes de Ndjaména, les barons du régime et leurs obligés se sont refugiés en catastrophe à Farcha, pratiquement sous l'aile protectrice des forces françaises. Idriss Deby, ce n'est plus un secret de polichinelle, a été conduit à Libreville au Gabon. Les carottes étaient bien cuites pour lui. Le commandant des forces Eperviers a même fait une annonce publique à ses compatriotes à la base militaire Sergent chef Adji Kosseï regroupés pour leur évacuation. Il était exactement 21h18 quand il demanda notre attention et dit exactement ceci : "Le Président Deby a quitté le pouvoir, la ville est maintenant entre les mains de la rébellion. Restez calme, votre rapatriement se passera dans des bonnes conditions". Nous avons en choeur lâché un ouf de soulagement et avons même trinqué à la champagne. A l'unanimité, nous avons bien accueilli la nouvelle et chacun a fait ses commentaires sur le régime impopulaire d'Idriss Deby. Quand deux jours plus tard, j'ai appris que Deby a repris le dessus sur la rébellion, j'étais malade et dégoûté par la politique française au Tchad...", raconte une ressortissant un français.

Mais en fait, que s'est-il réellement passé et comment sur pratiquement rien du tout, quelques soldats de Deby (une cinquantaine) ont, avec le soutien des forces spéciales françaises, réussi à opposer une farouche résistance aux assauts de la rébellion et renverser quelques heures plus tard la situation.  On en saura peut être un jour, de manière plus précise et exacte, car jusqu'à présent, les versions sont nombreuses mais ne sont pas édifiantes.

La version que nous relatons ici vient d'une source proche de l'entourage des Itno, elle est toute simple et nous paraît curieuse.

"Le 2 février 2008, vers 3h30, l'avion présidentielle quitta Ndjaména pour une destination inconnue. Deby, avant de partir, s'entretient longuement avec quelques militaires, des proches parents. Vers 5 heures du matin, 6 Toyata dont 2 équipés de "madatte" et les autres de 12,7mm foncent vers le palais présidentiel avec pour objectif de récupérer l'argent qui y est stocké, plusieurs milliards de francs. Quelques minutes plus tard, une Toyota arrive avec plusieurs valises bourrées de billets. C'est en ce moment que d'autres combattants se jettèrent dans leurs véhicules, croyant même qu'il n'y a pas encore un réel danger et rejoignèrent le premier groupe au niveau du palais. La résistance s'organisa au niveau du palais même alors que rien ne l'envisageait ainsi, appuyée par la suite avec l'entrée en action des hélicos et des militaires français qui tiraient des missiles sur les véhicules de la rébellion. Mahamat Ali Abdallah dirigeait les opérations. Au retour de Deby, la question de l'argent se posa aussitôt car tout le monde s'est servi. Ces milliards volatisés opposent jusqu'à présent Deby à Mahamat Ali Abdallah.".

Ainsi donc, l'argent aurait sauvé le régime Deby. Ce n'est pas étonnant car l'argent dit-on est le nerf de la guerre, il a séparé Deby et ses neveux, les tous puissants frères jumeaux Erdimi qui, rappelons-le, ont eu à gérer les deux mamelles de l'économie tchadienne à savoir la Cotontchad et le projet pétrolier.

21 ans durant, Deby, son clan et leurs sujets ont sucé à sang  le pays pour s'armer, recruter, corrompre, s'enrichir, en jouir à l'extase alors que le reste de la population continue à croupir dans la misère noire et l'insécurité, sans eau ni électricité, sans soins médicaux ni éducation et surtout sans liberté ni démocratie. Il faut dire que le ton était bien donné dès le départ : "ni or, ni argent..." et ce sera ainsi jusqu'à la fin de ce régime.  

 

Source: Ambenatna

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Actualités Nationales
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