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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 00:42

Comme avant chaque élection présidentielle, TTU a demandé à des représentants qualifiés des principaux candidats un texte sur ce qui, pour eux, sera essentiel si leur champion accède, le 6 mai 2012, à la Présidence de la République. Cette semaine, c’est un des candidats, Nicolas Sarkozy, chef des Armées, qui s’exprime.

sarkozy-2007-fustigeait-sarkozy-2012-L-f Ahdt« Pas de France forte sans défense forte »

Le Président de la République est le chef des Armées.

Je regrette que cette dimension essentielle de la fonction présidentielle soit souvent oubliée par ceux-là même qui aspirent à devenir chef de l’Etat.

Au cours des cinq années passées, dans une période de tensions et de crises internationales, alors que j’avais pour mission de défendre les intérêts supérieurs de la Nation, j’ai mesuré tout le poids, toute l’intensité et l’importance de cette responsabilité qui incombe au Président de la République. Engager des femmes et des hommes sur des théâtres d’opérations, parce que c’est l’intérêt de la France, voilà la responsabilité la plus lourde.

Au moment d’écrire ce texte, je pense à ces femmes et à ces hommes qui sont prêts à tout moment défendre le territoire national, à venir en aide aux Français établis hors de France et à protéger les valeurs et les intérêts de la France partout dans le monde. Je pense tout particulièrement aux militaires présents en Afghanistan. Je pense à ceux qui sont de retour en France mais aussi à ceux qui sont tombés. J’ai une pensée toute particulière pour leurs familles et leurs proches.

A plusieurs reprises, je me suis rendu sur des théâtres d’opérations extérieures et j’ai toujours eu les mêmes sentiments : la reconnaissance, l’admiration et la fierté. Une reconnaissance vis-à-vis des hommes qui sont directement confrontés aux dangers que l’on évoque souvent sans concrètement les connaître. Une admiration devant l’engagement extraordinaire de ceux qui se mettent au service de la France, prêts à donner leur vie. Une fierté, celle d’être le chef d’armées valeureuses, au professionnalisme reconnu par tous nos partenaires, celle d’appartenir à une nation où des femmes et des hommes savent ce que le sens du devoir signifie.

En 2007, j’évoquais un monde que je qualifiais d’incertain et d’instable, un monde dangereux. Je mettais en garde face aux menaces classiques mais aussi face à l’émergence de nouvelles menaces et j’indiquais que les bouleversements du monde viendraient s’accélérer. Certains prenaient alors ces défis à la légère, considérant que nous vivions dans un monde apaisé, où les conflits avaient vocation à disparaître progressivement. Ils étaient bercés par ce vieux rêve de la «paix perpétuelle» ou de la «fin de l’histoire» qui a conduit bien des pays à baisser la garde et à perdre leur indépendance stratégique, alors que l’instabilité demeure une des caractéristiques principales de ce début de XXIe siècle.

Depuis, il y a eu la crise géorgienne, le lancement de l’opération européenne Atalante pour lutter contre les actes de piraterie au large de la Somalie, les révolutions arabes, l’intervention de nos armées en Côte-d’Ivoire, ou encore l’intervention de la coalition franco-britannique en Libye. Durant ce quinquennat, la France a toujours tenu son rang sur la scène internationale et si elle a pu le faire, c’est grâce à un effort constant en matière de défense.

C’est pourquoi la France doit définir une stratégie et une politique de défense adaptées à ce nouveau contexte international. Dès 2007, j’ai demandé la rédaction d’un nouveau Livre blanc – il a été présenté en juin 2008 – et j’ai fait adopter la loi de programmation militaire dans la droite ligne de ses orientations. Jamais le budget du ministère n’a été négligé. Je poursuivrai dans cette voie avec la préoccupation permanente de garantir la souveraineté de la France, tout en entretenant les alliances utiles à notre sécurité. Ainsi et comme je m’y étais engagé en 2007, j’ai demandé la révision du Livre blanc, parce que le monde change vite et que nous devons adapter en permanence notre outil de défense. C’est la condition de son efficacité.

Mon premier engagement, qui me différencie radicalement du candidat socialiste, allié des Verts et otage du Front de gauche, est clair : je ne ferai jamais du budget de la Défense une variable d’ajustement budgétaire. Au plus fort de la crise, j’ai maintenu les ressources du ministère de la Défense.

Par ailleurs, je réaffirme mon soutien absolu au maintien des deux compo­santes de la dissuasion nucléaire car c’est la garantie ultime de l’indépen­dance nationale et de l’autonomie de décision de la France. Mon premier devoir en tant que chef de l’Etat et chef des armées est de veiller à ce qu’en toutes circonstances la France, son territoire, son peuple, ses institutions républicaines, soient en sécurité. A cet égard, je rappelle qu’au cours des cinq dernières années, je me suis assuré que les modernisations nécessaires de nos armements nucléaires avaient été réalisées.

En outre, nous ne pouvons que nous féliciter du retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Le résultat de la pleine participation de la France à l’Otan, approuvée par le Parlement en 2009 après un large débat national, est très simple : la France a son mot à dire quand l’Otan décide. Le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan, c’est une France plus forte, une France qui pèse davantage. Grâce aux décisions de 2009, nos militaires étaient aux commandes pour venir au secours du peuple libyen. En Afghanistan, c’est à nouveau la France qui est en train de façonner la stratégie de transfert de toutes les missions de combat dès 2013.

L’intérêt de la France est également de participer au développement des moyens, complémentaires de la dissuasion, qui renforceront notre sécurité et celle de nos alliés. Face à des acteurs aussi instables, menaçants et imprévisibles que l’Iran ou la Syrie, il est utile, en cas d’agression, de disposer d’une gamme de réponses, comme la défense antimissile. Dans ce domaine, la France dispose d’une excellence industrielle qui doit être valorisée. Non seulement, notre participation industrielle contribue au renforcement de notre indépendance, mais elle est également génératrice d’emplois et de richesses, qu’il est hors de question de négliger.

A cet égard, je veux m’adresser aux salariés et aux dirigeants des industries de souveraineté : je pense que l’industrie française peut être gagnante dans la mondialisation et je me suis investi pour renforcer nos capacités d’exportation. Mais je n’accepterai jamais que vous puissiez être les victimes d’un abandon à une concurrence déloyale. Je refuse une application dogmatique et naïve de la concurrence. Pour cette raison, et parce que les marchés publics au sein de l’Union européenne ne peuvent pas être ouverts à tous si les autres pays appliquent une forme de protectionnisme, je réclame la mise en place d’un Buy European Act. Si dans un délai de douze mois, l’Union européenne ne l’a pas adopté, la France prendra les mesures nécessaires et réservera donc l’accès à ses marchés aux entreprises européennes face aux pays qui ne pratiquent pas la réciprocité.

Enfin, je voudrais insister sur l’importance de renforcer le lien entre l’Armée et la Nation et sur la nécessaire reconnaissance de l’engagement militaire. A ce titre j’ai pris des décisions fortes pour rapprocher les Français de leurs armées qu’il s’agisse du renforcement de l’implication du Parlement dans l’engagement de nos forces, du changement de la portée symbolique de la journée du 11 novembre désormais étendu à tous les morts pour la France ou encore de la revalorisation de la retraite des anciens combattant de 37% depuis 2007. Il faut poursuivre dans cette voie. Je suis certain que la mise en place d’un véritable parcours de la citoyenneté, du civisme et de l’esprit de défense pour tous les jeunes Français y contribuera.

Dans un monde en plein bouleversement, la France ne doit pas baisser la garde. Notre effort en faveur de la défense nationale est indispensable pour que notre pays reste une puissance militaire et diplomatique majeure, prête à relever les défis que nous confèrent nos obligations internationales. Pour que la France reste forte, il n’y a qu’un seul choix possible, celui de la responsabilité.

Nicolas Sarkozy, Président de la République, chef des Armées


Source: TTU

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Opinions
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