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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 19:54

kadhafi.jpg                                     Mouammar Kadhafi : un autocrate fasciné par les rapports de force.

La mort de Mouammar Kadhafi signe la fin d’un règne sans partage, dont la communauté internationale n’oubliera ni les excès ni les provocations. 

Le souvenir des victimes

Je ne peux m’empêcher de partager avec vous quelques souvenirs. D'abord, celui des missions humanitaires que j’ai exercées en Libye, notamment celles de juillet 2007 pour apporter soins et médicaments aux enfants de l’hôpital de Benghazi, puis pour faire libérer les infirmières bulgares et le médecin palestinien retenus en otage. J’ai une pensée en profonde empathie pour les anciens otages, qui aujourd’hui doivent ressentir une émotion particulière. Nos avons partagé la joie de leur libération, mais aussi l’horreur de ce qu’ils subissaient. Mouammar Kadhafi a tenu leur vie entre ses mains, il fut leur tyran et leur geôlier. Ce sont des souvenirs forts, difficiles. Je ne les oublierai pas non plus. J’ai aussi une pensée pour toutes les victimes des exactions terroristes de l’ancien dictateur, ceux qui sont morts et qui ont été les victimes.

Khadafi, un tacticien aimant les rapports de force

Ensuite celui des quelques rencontres avec Mouammar Kadhafi  lui-même. Elles furent de véritables guerres tacticiennes. M. Kadhafi se comportait en autocrate qui donnait les règles et les changeait à sa guise. En guerrier, il ne pouvait respecter que les confrontations, pas les dialogues. Il a fallu donc ne pas se laisser impressionner par lui et oser l’affronter, lui tenir tête, défendre nos positions. Mais en même temps ne pas le provoquer. Le chemin d'accès était très étroit.

Un pouvoir clanique et tribal

Très vite, j’avais compris, que pour avoir une chance de réussir, il fallait lui parler de lui, de ce qu’il avait à gagner sur la scène internationale à ne plus se comporter en  « terroriste ». Mais il y avait aussi un clan autour de lui. Notamment avec ses fils. Il était très frappant de constater que le pouvoir de Kadhafi était un pouvoir tribal et clanique, c’est ce qui lui donnait ce sentiment d’invincibilité. Ces ramifications diverses tissaient une toile opaque et souvent labyrinthique.

Le défi de la reconstruction

Aujourd’hui, la Libye tourne donc une page de son histoire. Elle  en ouvre aussi une nouvelle. Elle doit redessiner un  projet politique. Formulons le vœu que le CNT réussisse à reconstruire les axes du respect. Il s’agit d’apaiser le pays et d’oublier les dérives fantasmatiques d’un dictateur que le pouvoir avait rendu fou. Il s’agit surtout d’instaurer un État de droit et de mettre fin au règne de l’arbitraire.

Le nécessaire appui de la communauté internationale

Il me semble important que la communauté internationale puisse aider le peuple libyen à apprendre et respecter les règles fondamentales de la gouvernance et des droits de l’homme.
Les ONG et les Fondations peuvent jouer ce rôle. En ce qui me concerne, je veillerai avec ma Fondation à aider les femmes libyennes qui joueront à n’en pas douter un rôle clé dans la reconstruction de leur pays.

Source: le Blog de Cécilia Attias

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Afrique
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