Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 15:34


31065_1240339902530_1650270428_557692_4780792_n.jpg

"Quand nous sauvions la France et baisions les françaises à tour de rôle"!

 

Vous avanciez les pas dans les pas des ancêtres qui n'avaient jamais eu peurvous avanciez tenant ferme dans la main la mémoire d'un continent solidairevous avanciez le devoir plein le cœurle courage vaste comme la savanevous avanciez la dignité protégée comme le dernier grainvous

avanciez le front haut la tête droite la gorge sans tremblementla voix claire comme le ciel après l'oragele poignet leste la main adroite l'index apprivoisant la gâchettele poing sûr dans la force des musclesvous avanciez venus du Sud par une longue mer un océan sans finvous avanciez partis

d'Afrique vers la France en larmesla France vaincue par les armes mais debout par le cœurvous avanciez pour relever la France qu'on courbait mais rebellela tenir debout face à la force de l'occupantla haine de l'occupant la folie de l'occupantvous dont la France avait occupé les terres jusqu'aux lits de vos sœurs…

vous avanciez pour inventer une nouvelle fraternitécombattre la vermine qui recouvrait de son manteau de sang l'Europevous avanciez tirailleurs noirs soldats invincibles au courage imparablevous avanciez indomptables au combatne cédant ni un pouce de campagne ni un pouce de plagevous avanciez plus téméraires que mille lions affamésterrifiant dans le jour terrifiant dans la nuitvous avanciez portant

la France au fronton des hérosvous avanciez dans la boue vous avanciez dans les épinesvous avanciez dans la soif un brin de pain taché de sang dans la bouchevous avanciez courant contre le vent et insoumis sous la grêlela neige et le froid dans le corps mais le soleil et la rage dans le fusilvous avanciez sur l'ennemi fourmis et éléphants noirs éclatant

tous les barragesvos assauts étaient pareils aux typhonsvos cris de guerre crevaient les tympans des ennemisvous avanciez telle une émeute de panthères la baïonnette imparableceux qui tombaient se relevaient cent fois pour cent ennemis décapitésvous avanciez enjambant des camarades percés comme des tamiset ceux qui finissaient par tomber ne poussaient aucun

crivous avanciez ils reculaientet quand enfin vous mettiez un genoux à terre la tempe éclatéevotre cri à la mort était si fort que l'ennemi en abandonnait ses canonsVoilà que le malheur de la France était votre malheurla peur de la France votre peur les larmes de la France vos larmesle deuil de la France votre deuilvoilà que les tombes des frères d'armes de la France étaient vos tombesles orphelins de la France vos orphelins voilà

que le drapeau de la France tenait debout sur vos épaulesvos épaules déchiquetées mais le drapeau deboutdebout dans la nuit du sang debout dans le jour de gloiredebout dans vos mains sans doigtsdrapeau debout entre vos dents quand vous n'aviez plus de brasdebout dans vos intestins quand vous aviez vidé jusqu'à vos dernières veinesle drapeau de la France debout dans vos cœurs même quand ils ne battaient pluset dire que ce drapeau a osé compter ses euros pour ses libérateurs….ce drapeau bleu blanc rouge et qui n'a été rouge que pour vousrouge comme le retour à la maison avec rien

que desmédailles à mettre dans la marmite rouge d'injustice rouge d'iniquitéGloire à vous tirailleurs noirs beaux comme le soleil après la pluiegloire à vous qui avez étendu sur l'Europe le chant des fraternités d'armesdepuis les plages glorieuses de Normandie les champs d'Indochine de Verdunà vous tirailleurs qui vous vouliez de toutes les couleurset à qui on a voulu conférer que la couleur de la nuitvotre sang versé fut telle une mer où pouvait naviguer leurs pétroliersla beauté chaude de vos visages levait le brouillardvos sourires des lampes qui éclairaient les sombres tranchéeset le pays noir qui vous habitait vous faisait prendre les bataillons ennemis commedes troupeaux d'oiseaux et à qui un oiseau peut-il faire peur ?Vous avez relevé le visage blanc de votre Blanc frère d'armeposé votre fusil sur l'herbe humide comme vos yeux en larmesdéchiré

vos manches pour des bandagesôté votre ceinturon pour un garrotvous teniez sa tête d'or rouge contre votre poitrinela tête blonde de sang de votre camarade blessévous vous êtes assis dans l'eau puantevos genoux des coussins de soie pour sa tête en flammeles balles vous empruntaient des morceaux de chair vive sans un crivous teniez entre vos mains noires le visage blanc de votre frère d'armevos yeux ne quittaient pas ses yeux clos comme pour lui passer la lumièrevous lui parliez pour que le sommeil de

la mort ne le recouvrevoix douce dans le tam-tam des canons où personne ne danseassis vous teniez entre vos mains le visage blanc et blême de votre frère d'armeil vous fallait le relever le faire vivre jusqu'à la prochaine colonne de feuil vous fallait le porter jusqu'à l'aube entre mines et barbeléset la route était longue et sinueuse l'ennemi éveillé et adroitle ciel froid la terre gelée gorgée de glacel'horizon illisible le vent mauvaisle corps comme un camion en panne à pousser dans la bouemourir mais mourir à deux mourir ensemble fraternelsmourir la main dans la main le sang dans le

sangcar il est bleu blanc rouge le sang du tirailleur noir commele sang du frère d'arme au visage blanc comme l'alcool de rizc'est l'Afrique dans le lit de l'Europel'Europe dans la case de l'Afriquecontinents aux mêmes paupières ceints par le même bandeaurassemblés dans la même nuit de la mortnourris de la même greffe peau contre peauveines contre veines peur contre peurespérance contre espérance et dans les yeux le même lever de soleil….Au-delà du temps et des blessuresles années sont passées depuis sans rien effacer du miroir de la mémoire les âges ont recouvert l'éclat des yeux et gelé la sève des jambes sansrien éteindre de la flamme des amitiés brûlantes commele silex du premier jour de combatles souvenirs sont flambant neufsles joies

partagées encore en fleurs jamais fanéesles morsures de jadis couchées dans les mêmes corpsdéclinées à la même douleur conjuguées au même temps des lamesvos lettres leurs lettres sont arrivées en piano kora violon et khalamvos encres étaient de la sève des pommiers des baobabs et des palmiers dattiers c'est le temps de vous saluer ô tirailleurs noirsvous dont nous nous nourrissons des fastes récoltes et pas un fruit ne manque… Mais quelle langue pourra donc vous chanter ?Quelle poitrine pourra donc contenir votre mélodie ?Quel diamant pourra donc rendre l'éclat de vos sacrifices ?Ô

tirailleurs noirs nos remparts à toute soumissionnous vous avons loué seulet le bois est resté secnous vous avons glorifié seul sous tous les templeset le bois est resté secnous avons offert vos noms seuls à l'histoireet le bois est resté secnous avons peint Demba aux couleurs du soleil et déboulonné Dupond et le bois est resté secô tirailleur noir c'est quand on nomma ton camarade Blancet le nom de la France glorifié à côté de ton nomque le bois sec s'est couvrit de fougères et s'est mis à fleurir…Laissez vos enfants noirs et blancs vous chanter vous danser ensemble pour que jamais plus la nuit ne

tombe sur vos pages de sang bleu…À la fin du jour à la fin des chemins rocailleuxaux confins des amertumes et des deuils inscrits dans la chairpar-dessus la reconnaissance jetée par bâbordpar-dessus la France oublieuse mais fraternellesous l'accolade indélébile du camarade de La Charité sur Loireà la poignée de main vibrante du frère de Marseillevous avez tissé de vos mains noires du ciel à la terreune fraternité humaine qui jamais ne s'éteindraGloire à vous tirailleurs noirsgloire à vous les étoiles du joursur qui aucun soleil ne se couche


Par Amadou Lamine Sall- poète

Partager cet article

Repost 0
Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Editorial
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : RDPL, Mieux Vivre-Ensemble
  • RDPL, Mieux Vivre-Ensemble
  • : Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!
  • Contact

Young-black« Nous voulons être délivrés. Celui qui donne un coup de pioche veut connaitre un sens à son coup de pioche. Et le coup de pioche du bagnard, qui humilie le bagnard, n’est point le même que le coup de pioche du prospecteur, qui grandit le prospecteur. Le bagne ne réside point là où les coups de pioche sont donnés… » ANTOINE de Saint-Exupéry, in TERRE DES HOMMES.

 

284215_1905906284433_1145065966_31634001_2909666_n.jpg



Rechercher