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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 01:17

 frolinat-1-.gifGrace au climat de terreur généralisée laissé par la dictature habréiste sur la population, profitant du contexte politique des africains des années 1989-1990 (discours du Président francais Mitterand de la Baule) et de l’aide du Soudan,  Déby prendra quant à lui le pouvoir en adhérant aux principes du multipartisme, de la démocratie et de la liberté, tout en promettant à ses parrains de continuer l’œuvre du FROLINAT.


 Nonobstant les multiples dérapages (massacres des Hadjaraï en 1991 à N’Djamena et au centre, suivis de Gniguilim en 1993 et Abéché en 1994 à l’Est, de Khou et Goré en 1993, Moundou en 1997 au sud) observés dès l’accession au pouvoir d’Idriss Déby, les tchadiens ont consenti d’énormes sacrifices pour parvenir à contraindre le régime de Déby à organiser la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Ce grand mess qui a réuni les pouvoirs publics, les partis politiques, la société civile et les personnes ressources en présence des représentants des organisations internationales et pays amis du Tchad, a permis de définir un consensus politique national permettant de jeter les bases d’un véritable jeu démocratique.


Aussitôt après la clôture des assises de la CNS, le Président Déby opte pour la violation systématique de ses recommandations. Il recentre l’Armée  Nationale Tchadienne (ANT) essentiellement sur son groupe ethnique et met en place les conditions de l’organisation des simulacres d’élections présidentielles et législatives. En faisant succéder alternativement dans tous les coins du pays, la répression, l’intimidation et la corruption, Déby parvient ainsi à réinstaurer la dictature au Tchad mais sous une époque dite de démocratie.


En ce qui concerne l’armée et la sécurité, le régime de Déby a transformé les forces publiques en milices privées. Malgré le soutien technique et financier des partenaires du Tchad dont du gouvernement français et de la Banque Mondiale, Déby a fait échouer par des manœuvres occultes le projet de réforme de l’armée et des forces de sécurité ainsi que sa composante dite démobilisation et réinsertion. Tant et si bien que l’on peut affirmer aujourd’hui que le Tchad n’a pas d’armée nationale basée sur la représentation démographique nationale.


Pour ce qui est de la réconciliation nationale, les opposants rentrés au pays dans le cadre de ce processus, et suite à des accords de paix signés sous l’égide des partenaires extérieurs, ont été purement et simplement assassinés. Ce sont notamment, les cas d’Abbas Koty, Bichara Digui, Laoukein Bardé, Bisso Mamadou, Kété Moise, Kaffine Chadellah, Ngarboubou, entre autres.


Quant au plan administratif, l’administration tchadienne a été déstructurée dans un laboratoire nébuleux mis sur pied et placé sous l’autorité du secrétaire général du MPS chargé de l’administration, pour torpiller les études et les propositions faites par les techniciens concernant le dossier de la réforme de l’administration territoriale. Des découpages territoriaux fantaisistes sont opérés,  favorisant la démultiplication des unités administratives. Les amis et proches du pouvoir, sans aucune compétence et étrangers au corps des agents de l’Etat, sont nommés à la tête des circonscriptions administratives et services déconcentrés. Leur mission consiste à se servir et prélever sur les ressources publiques au profit des dignitaires du régime.

Le régime de Déby a profité de la politique de privatisation, surtout conseillée et encouragée par les experts des institutions de Breeton Wood dans les années 1990. Il a cédé des entreprises publiques à ses proches, sans aucune contrepartie pour le trésor public.

Ce régime a réussi à gruger même la Banque mondiale au sujet du dossier pétrole tchadien. Malgré les protestations des ONG de Défense des Droits de l’Homme, de Protection Environnementale ainsi que de l’opposition politique, la Banque Mondiale a accepté de financer l’exploitation du projet pétrole. Le premier versement de bonus a servi à acheter les armes pour combattre les opposants du pays et de l’extérieur. Les ressources du pétrole ne servent plus à la réduction de la pauvreté comme elles étaient prévues dans les accords signés par l’institution financière et le gouvernement.

Cette vaste compagne de prédation et de détournement de ressources de l’Etat savamment orchestrée va ériger le Tchad au meilleur palmarès des Etats les plus corrompus de la planète, conformément au rapport annuel 2005 de l’organisation « International Transparency ». Le pays est plongé dans un état de misère et de désolation sans précédent. Son recul en matière de développement s’est gravement empiré. Seulement pour les années 2004 et 2005, les indicateurs du développement humain font passer le Tchad du 167ème rang au 173ème, selon les rapports de PNUD des deux dernières années.

Sur le plan international, Idriss Déby et son régime se sont attelés dès 1990 à rabaisser le Tchad à un niveau d’une insignifiance misérable. Un réseau nébuleux chargé d’activités criminelles, de trafic de drogue et de fausse monnaie placé sous la tutelle de la Présidence de la République a été créé. A la tête de ce réseau se trouve un conseiller spécial du chef de l’Etat. Les membres du réseau sont dotés de passeports diplomatiques pour l’accomplissement de cette salle besoin. Ces pratiques qui humilient le Tchad aux yeux de la communauté internationale et déshonorent le peuple tchadien et l’Afrique toute entière.

Non satisfait de ses macabres exploits contre les populations et de ses attentats contre la démocratie au Tchad, le régime de Déby s’est permis de porter atteinte à l’intégrité territoriale des pays africains. Les régimes démocratiquement élus de Lissouba au Congo Brazzaville et de Patassé en République Centrafricaine ont été renversés par ses milices tribales. De plus, ce régime est le principal artisan de la crise du Darfour qui fait l’objet de la préoccupation majeure de la communauté internationale. Son implication a été établie par de nombreuses missions des Nations Unies et d’autres organisations internationales ou sous régionales.

La goûte d’eau qui a débordé le vase est notamment la modification de la constitution pour se baliser la voie pour une présidence à vie. Cette constitution qui est le fruit d’un consensus laborieux trouvé à la CNS, a été frauduleusement manipulée pour l’instauration définitive d’un pouvoir sans partage et d’une succession dynastique au Tchad.

Comme on peut aisément le constater, la liste des douleurs que le peuple tchadien endure pendant près d’un demi siècle est très longue. Tout est organisé pour maintenir le pays et ces populations dans une situation de non progrès et d’oppression.

 

  Quelque soit les raisons que d’aucun évoquent pour faire croire à l’opinion nationale et internationale que Déby reste le seul maître de la crise du Tchad, il serait totalement erroné que la communauté internationale laisse un seul homme et son clan s’appropriés la destinée d’une nation tout en œuvrant activement à déstabiliser certains pays voisins. Car tout le monde le sait, Idriss Déby au même titre que El Bechir jouent un rôle déstabilisateur dans la sous-région d’Afrique Centrale et constituent un réel danger pour la stabilité en Afrique. Mais aussi parce que en prenant le pouvoir en 1989, Déby a bénéficié de l’aide du clan zakawa du soudan, ceux-ci demandent en récompense l’appui de Déby pour prendre le pouvoir au Soudan. D’où la réaction du Soudan d’héberger de son côté des rebelles hostiles à Déby.

 La paix dans cette partie de l’Afrique passe incontournablement par  le départ d’un des deux chefs d’Etats tchadien ou soudanais.

C’est cette nécessité que nombres d’activistes et opposants tchadiens s’accordent de croire, et œuvrent activement pour rendre effectif le départ d’Idriss Déby du pouvoir en fin d’envisager un avenir pour Tchad.

Ce document d’analyse qui se veut d’essayer d’élucider les faces cachés des pouvoirs nordistes qui ont dirigé le Tchad jusqu’à ce jour se place donc dans cette logique des personnes soucieux du retour de la paix au Tchad.

 

 

 



 

 

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Actualités Nationales
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