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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 10:59
229309_211872362170460_6959841_n--3-.jpgQuels accords de défense et coopérations militaires pour l'Afrique?
- par Olivier Tchouanaba Patalet
Faisons l'entrée en jeu, avec cette petite excursion d'histoire. Au départ, comme à l'arrivée, il était difficile d'assurer individuellement et de manière efficace la sécurité, les sujets se sont organisés autour d'un souverain, et lui ont délégué le pouvoir d'assurer leur protection et celle de leurs biens, en contrepartie, ils lui versent un tribut destiné à cette fin. C'est l'origine des impôts.

La plupart des empires et royaumes africains n'avaient pas ce qu'on appelle aujourd'hui une armée de métier c'est-à-dire des personnes formées pour une mission combative. Dans certains royaumes, tous les hommes étaient appelés à prendre les armes en cas d'agression et dans d'autres cas, cette tâche était destinée aux chasseurs. La mission première de ces armées, n'était pas seulement défensive, elle était aussi offensive: attaquer d'autres contrées pour aggrandir le royaume et étendre son hégémonie.
Plus tard, les missions colonisatrices occidentales ont dû faire face a des violents combats des "armées" des royaumes africains lors de leur conquête. La supériorité technologique des armes donna raison et victoire aux européens. Une fois les armées royales anéanties, les colonisateurs ont mis sur pied, une nouvelle armée constituée des indigènes (occupants souvent des fonctions subalternes) et les Blancs occupants les hautes fonctions.

Plus de la moitié de siècle, après le départ des colonisateurs, sommes-nous satisfaits des prestations de service de nos forces armées? Sinon quels accords de défense et/ou coopérations militaires faut-il pour l'Afrique ?

Nous entendons par accord de défense, (souvent bilatéral) c'est quand deux pays s'engagent réciproquement à s'entraider quand l'un est victime d'agression, la plupart des cas, autorisent les pays signataires à déployer ses soldats, afin de combattre du côté de l'Armée du pays en conflit, encore faudrait-il que la demande soit faite par les autorités légitimes du pays réquérant. C'est le cas du Mali en 2013. Attention, l'intervention tchadienne n'entre pas dans le même contexte, car à ma connaissance, il n'y a pas d'accord de défense entre ces deux pays, fut-il secret ou non. Quand un accord, engage la défense commune de plus de deux États, il prend la forme d'un traité, à l'exemple de l'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord), d'autres formes d'accord de défense -souvent secret- vise à protéger un régime et non un État, contre toutes formes de destabilisations armées (cas du Tchad, en 2008). Les cas de la Libye en 2011, Côte d'Ivoire en 2010 et la Centrafrique sont tous différents et n'entrent pas dans le même cadre.

Les coopérations militaires, elles sont souvent multilatérales et concernent la fourniture des moyens logistiques, communication (renseignements), formations etc. elle exclue toutes interventions militaires quelle qu'elles soient.

Comme nous l'avons dit précédement, le temps a évolué, la menace a changé de natures et formes. Nos armées quant à elles, n'ont point changé. Nous sommes partis des conflits frontaliers à la guerilla urbaine (terrorisme) en passant par les révendications séparatistes et les rebellions armées internes, alimentées parfois de part et d'autre par des voisins.

De manière générale, les pays africains n'ont pas assez de moyens (humains et matériels) nécessaires pour assurer en même temps leur sécurité et entreprendre des reformes sociales urgentes à savoir : l'éducation, la santé, accès à l'eau potable et à l'énergie, l'autosuffisance alimentaire etc. En suivant la règle, ils investissent de manière proportionnée à leur niveau d'économie, comme nous le constatons tous, hélas, cela ne comble pas nos attentes sécuritaires.

Nous ne sommes pas sans savoir qu'un nouvel ennemi transfrontalier a fait irruption dans nos cités: le terrorisme. Le but, c'est de causer des dommages au sein de la population civile sans défense afin de les traumatiser pour qu'elle perde confiance en ceux qui sont en charge de leur sécurité et leur désobeisse. En plus montrer aux Gouvernements leur limite. Il n'y a rien de plus choquant que cela.

L'on ne pourrait gagner la guerre contre Aqmi ou Boko haram seul par la force des armes. Il faut un travail de renseignement, d'infiltration voire prendre la langue avec les hauts responsables. pour ce faire, les pays africains doivent travailler en synergie.

Le Mali en a fait les frais quand la Mauritanie et l'Algérie voyant le danger imminent de terrorisme à leur frontière, avaient sollicité son appui pour que de concert, étouffe dans l'oeuf la menace, Amadou Toumani Touré, à tort ou à raison, est resté de marbre, préférant faire sourde oreille, ignorant sans doute que la politique d'autruche, est suicidaire. À tort parce qu'il pensait que son pays n'est pas directement concerné, enfin pas pour le moment. À raison, parce que le Mali n'avait pas les moyens nécessaires pour déclarer la guerre à Aqmi, craignant les représailles. Son tour arrivé ses voisins (Mauritanie et Algérie) ont croisé les bras. ATT avait oublié cette sagesse proverbiale selon laquelle, quand la barbe de ton voisin prend feu, arrose la tienne. Justement avec les barbus, ça ne rigole pas.

En ce qui concerne les rébellions armées ou tous mouvements séparatistes, si les pays africains signent entre eux des accords de défense ou des coopérations militaires, cela renforcerait leur capacité et leur amitié, ce qui réduirait les soutiens apportés ça et là, à ces mouvements. Avec les pays du Nord, avoir des accords de défense ou coopérations militaires n'est pas un mal en soi. Cela doit se faire dans la transparence et non secret, et en des termes éclaires. Aucun État souverain ne peut accepter une troupe étrangère sur son sol.

 

par Olivier Tchouanaba Patalet

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Politique
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