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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 09:14

Lu pour vous sur www.lavoixdutchad.com

La scène incroyable s’est déroulée le 25 janvier 2011 non loin de la morgue de l’Hôpital général de référence nationale. Un nouveau cas de violence policière qui vient éclairer d’un jour nouveau les exactions devenues banales des « hommes habillés ».

 
toufta.jpgL’information est passée presque inaperçue. Du côté du gouvernement, silence radio. Pourtant, ce qui s’est passé est une démonstration éloquente du no man’s land sécuritaire dans lequel végète notre pays. Au quartier, il se raconte que la Garde républicaine a molesté en pleine rue un membre du gouvernement suite à la mésentente entre elle et son DAAFM(ndlr: Direction des Affaires Administratives, Financières et du Matériel). D’où cette folle rumeur qui s’est emparée de l’administration. Que s’est-il réellement passé ?
 
Ce mardi 25 janvier 2011, il est presque 11H. La ministre de la Santé publique, Toufta Boguena, se rend à la morgue de l’Hôpital général de référence nationale pour retirer un corps. Deux véhicules sont à sa disposition. Elle est accompagnée de son chauffeur et de son garde du corps. L’axe venant de la mairie vers la morgue étant interdit à tout engin, le chauffeur aurait alors allumé ses feux de détresse. A ce moment, quelques policiers ont surgi de leur cachette et ont arrêté sans aucune forme de procès la voiture, intimant l’ordre aux conducteurs de rebrousser chemin. La ministre serait descendue pour continuer le reste du trajet à pied, sans aucune plainte. Son garde du corps, surpris de l’attitude de ses frères d’arme, est allé plaider le sort de sa patronne. Mais les policiers opposent une fin de non recevoir arguant qu’il n’y a pas d’exception à leur règle.
 
Pire, le ministre est une « mara sakit ! » (Ce n’est qu’une femme) selon l’un des policiers. Car, même son statut de ministre ne lui permet pas de violer un sens interdit. Soit ! Selon des témoins de la scène, le garde du corps aurait été menotté et bastonné copieusement suite à cette altercation. Des policiers l’auraient même embarqué dans leur véhicule. En signe de protestation, la ministre serait aussi montée dans le pick-up. Elle aurait été bousculée volontairement. Geste qui lui aurait fait verser quelques larmes en public. Ses proches laissent croire qu’elle a été traumatisée durant quelques jours par cette mésaventure. Le procureur de la République, saisi, se serait porté sur les lieux pour constater les faits, suivi des responsables de la police qui sont venus tempérer la situation. Ce énième cas d’agression, et pas des moindres, par des hommes habillés, vient confirmer la thèse des recrutements fantaisistes et nébuleux qui s’opèrent dans certains corps de l’Etat. Il n’y a pas longtemps, un confère a publié un arrêté dénonçant ces actes indignes d’une « démocratie » comme la nôtre. Des policiers analphabètes, pas formés et ne reconnaissant pas les hautes autorités de la République, n’est-ce-pas le monde à l’envers ? Il n’est pas rare de voir les agents municipaux tabasser à longueur de journée les vendeurs qui s’installent en bordure des voies principales. Du côté de la douane, c’est une attitude méprisante, saupoudrée de barbarisme, qui caractérise les bogo-bogo qui, malgré leur interdiction, se multiplient telles des termites. Dimanche dernier, un boutiquier de retour du marché de Dembé en a appris à ses dépens. Son bidon de 10 litres a pétrole a été emporté par une patrouille des douaniers à bord d’un véhicule administratif sans insigne. N’eut-été l’intervention des passants, sa bicyclette l’aurait été tout autant. La professionnalisation de l’armée, de la police et des autres corps habillés passe par un rigoureux contrôle des agents recrutés ou engagés. Pourtant, il y a quelque temps, des policiers ont été formés pendant plusieurs mois au camp de police.
 
Si les plus hautes autorités sont elles-mêmes exposées à ces desperados, quel serait le sort des vulnérables populations ? L’insécurité qui va crescendo à N’Djaména illustre à merveille ce dysfonctionnement qui mine l’action gouvernementale.
 
Malgré l’intervention des responsables de la police pour calmer la colère du ministre de la Santé, les auteurs de cet acte doivent être sanctionnés conformément à la loi en vigueur, voire « déshabillés ».
 
C’est en cela que l’Etat de droit auquel notre pays aspire pourrait se construire sur des bases solides. Un Etat où la valeur humaine est respectée et reconnue à tous et par tous!
 
 
Serge Abou Ouambi
Source: www.lavoixdutchad.com
 

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Actualités Nationales
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