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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 20:56

rage.jpgLes difficultés de construction nationale que connaît le Tchad, notre pays, depuis plus de quatre décennies maintenant est en grande partie liée à l'échec de la tentative répétée et incohérente de greffes d'un Etat de type moderne sur les sédiments culturels encore fortement ancrés dans l’imaginaire collectif des différents groupes ethniques en présence. Notre échec vient de notre incapacité à construire un Etat capable d'édicter de règles de lois (impersonnelles) applicables sur l'ensemble du territoire national et d'en obtenir le respect (par tous les citoyennes et les citoyens) autrement que par la coercition. Cet échec trouve sa justification, en grande partie, à l’incapacité d’adaptation culturelle, à notre manque d’imagination collective et à notre obsession à calquer nos modèles sur les modèles étrangers à notre environnement culturel.
En effet, contrairement à ce que beaucoup pense, le Tchad est encore une société davantage organisée et structurée en groupes ethniques et non stratifiée en classes sociales. Dans ces conditions, les mécanismes démocratiques (démocratie majoritaire), tels que ceux en vigueur en occident, ne peuvent nous être d’aucun secours. Ces mécanismes ne nous permettront pas (encore) à véritablement légitimer les pouvoirs publics, même si ceux-ci sont issus des consultations électorales démocratiquement libres et transparentes ! Or, il est important que les pouvoirs publics centraux se parent de la légitimité populaire ! Comment faire pour y parvenir ? C’est la question que notre conférence nationale a, malheureusement, esquivé, préférant faire du copier coller en ce qui a trait à la plupart de ses décisions. Nous avons des valeurs de tolérances politique et démocratique issues de nos traditions. Il nous faut les valoriser et les adapter au contexte.
Nous avons besoin de contextualiser notre culturelle à notre démocratie et contextualiser notre démocratie à nos valeurs culturelles. C’est que notre culture, je dirais nos cultures demeurent encore à ce jour largement ignorantes des valeurs et notions fondatrices de l'Etat moderne tel que nous connaissons en Occident de Locke, de Montesquieu et de Rousseau. La majorité de tchadiennes et tchadiens ne font pas encore assez de distinction entre une personne morale et une personne physique ; nous avons encore de difficultés à admettre et à respecter une règle de droit de portée générale et impersonnelle et la démocratie majoritaire. Pas étonnant que les responsables politiques, les agents de l’administration publique confondent toujours les biens du domaine public avec leurs biens propres. Un enfant du village nommer Ministre est un bien pour le village et pour tous les membres de la famille élargie ; un parti politique ne se crée et ne se fait référencer pas par et pour son orientation idéologique, mais par et pour son fondateur qui en fait un bien personnel. Tous les partis politiques tchadiens actuels sont âgés d’au moins 20 ans maintenant et ils ont toujours leur fondateur comme président depuis 20 ans. Il n’y a pas d’alternance politique et démocratique, non plus, à leur niveau. Ainsi on parle du parti d’un tel et non du programme politique et de l’orientation idéologique dudit parti. Il y a là, sans aucun doute, de l’influence culturelle sur cet état de chose.
La question nationale tchadienne ne se résoudra pas si les élites n’intègrent pas cette dimension à leurs démarches de la construction nationale.
Michelot Yogogombaye
Redl, Mieux vivre ensemble
Un engagement pour le Tchad.

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Actualités Nationales
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