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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 21:34

03559-copie-1.JPGDINGUEMNAYEL

DEDOM NICOLAS

Né le 03-02-1983 à Beyama/Bodo

Citoyenneté : Tchadienne

Situation familiale : Marié

Profession : Etudiant

E-mail : dingamnico@yahoo.fr

 

 

 Mesdames, Messieurs

 

Qu’il m’échoit l’insigne honneur de vous faire parvenir ce document qui constitue pour moi  un petit témoignage de la situation de guerre que tout Tchadien vivant dans la capitale N’Djamena a  vécu les 2 et 3 février 2008, puis à sortie contre toute attente sur le territoire de la République du Cameroun voisin. Voici l’essentiel de ce qui a fait de moi un réfugié. En ce jour du 02 février 2008, lorsque les rebelles avaient fait irruption à N’Djamena automatiquement, notre concession s’est transformée en un champ de bataille. Comme tout  jeune n’ayant pas fait partie de la mouvance présidentielle et en ma qualité de rapporteur   pour la promotion humaine de l’église catholique, une branche qui œuvre pour la promotion et la défense des droits de l’homme et surtout en ma qualité d’étudiant qui de part ma prise de position dans les débats contre les violations de la dignité humaine, ma tête est mise au prix par les ennemis de la démocratie et pendant cette deuxième  attaque rebelle dans la capitale tchadienne avortée, l’on doit mettre fin à ma vie. C’est ainsi que dans la confusion totale qui régnait lors de ces évènements, j’ai été traité de complice et recherché par les agents de renseignement de la police politique sous le label de l’Agence nationale de la sécurité (Ans) et les services des renseignements généraux. Effectivement dans la nuit de 03 février 2008,  je fus arrêté par une bande des inconnus, six (6) au total et embarqué dans un véhicule militaire non immatriculé en direction du palais présidentiel. Il était très exactement 22 heures.

 

Heureusement, pour moi, lorsqu’on amorçait les rues nous conduisant vers le dit palais, une autre équipe nous a stoppé la chance qui m’avait souri était que l’un des militaires à bord du véhicule qui nous a stoppé était une connaissance, un de notre quartier. Le transfert des personnes arrêtées cette nuit du 3 février 2008 se fait en même temps. Etant donné que tout le circuit électrique de la zone était coupé, ce militaire m’a intimé l’ordre à voix basse et de sauter du véhicule en prenant la poudre d’escampette en vidant les lieux et me retrouver dans mon quartier ABENA. J’ai eu la vie sauve grâce  à ce militaire pour ensuite continuer ma mésaventure en traversant les fleuves Chari et Logone pour me retrouver à Kousseri le 04 février 2008 très tôt le matin aux environs de 5 heures. Après être accueilli par agents de  l’UNHCR déployés pour la circonstance, je fus transféré à la  date du 18 février 2008 au camp de Maltam.

Constatant les menaces et les incursions nocturnes des personnes non identifiées au camp de Maltam et engendrant l’insécurité et quelques tentatives d’enlèvement, le HCR a procédé à une relocalisation des réfugiés sur le site de Langui où j’y fus installé définitivement le au le vingt trois (23) mai 2008.

Etant donné que ma vie est en danger car je suis identifié au pays depuis lors, le camp actuel de Langui ne m’inspire guère confiance car il est à la porté de tout le monde. Aucun contrôle des agents de sécurité ne s’y déroule et n’importe qui y accède selon son vouloir à tout moment. C’est même ce qui a occasionné le tragique évènement du 14 juin 2008 ayant entraîné la mort de notre compatriote MASRA SOU IV et de plusieurs blessés.

Mon seul souci pour l’instant est une demande d’asile dans un autre pays pour y rester tranquille et oublier ces atrocités subies. Rien pour le moment ne me garantit un climat de confiance pour un retour précipité dans mon pays le Tchad. Le Tchad actuel est dirigé par un  régime féroce, d’engloutissement et d’ethnocentrisme programmé. C’est un régime clanique ayant pour seul souci s’accaparer tous les pouvoirs et tous les biens du peuple. Je suis né dans la guerre, grandi dans la guerre, mais à quand finira cette guerre qui n’a que trop perduré ? Je vieillis, quel serait mon avenir ? Dieu merci j’ai un parrain, l’UNHCR qui me protège mais cette protection est insuffisante puisque je vis l’insécurité au camp de Langui.

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Published by Rdpl, mieux vivre-ensemble - dans Politique
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