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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 17:36

Pascal-copie-1L’histoire de la pénétration française au Tchad et de sa conquête est mal connue. Il est intéressant d’en brosser quelques points pour piquer la curiosité des plus jeunes et les amener à faire des recherches plus approfondies.

Les explorations françaises et anglaises du 19ème siècle avaient révélé les ressources immenses de l’Afrique Centrale. A partir de 1884, l’Allemagne qui, jusque-là, avait montré peu d’intérêt pour l’Afrique, proclama brusquement sa volonté de s’installer au Cameroun. Les pays occidentaux durent organiser une conférence à Berlin en 1885 pour organiser le partage des territoires explorés et délimiter les nouvelles zones d’influences. Un accord en sortit le 25 février 1886 sous le nom d’Acte de Berlin.

La France avait commencé à établir ses droits sur le Bornou, l’Adamaoua et l’Oubangui lorsque le 14 août 1893, l’Allemagne et l’Angleterre vit voler cette œuvre en éclat. Ces deux puissances fixaient leurs frontières communes à la ligne Benoue-Tchad. Au nord, le Bornou s’agrégeait au Nigéria britannique tandis qu’au sud, l’Adamaoua faisait entrait dans le Cameroun allemand. La protestation française ne se fit pas attendre et c’est ainsi que le 15 mars 1894, un nouvel accord lui donnait la liberté d’agir sur les territoires du Soudan nilotique et du Tchad. Il fallait donc les conquérir.

 

Pour le Tchad, le plan de cette conquête existait bien avant le traité Anglo-britannique. Brazza avait déjà tracé sur une carte d’Afrique un grand trait allant de Brazzaville à Alger par le Tchad en disant : « Voilà le Congo français ». C’était Paul Crampel qui dirigea une reconnaissance au nord du Congo. Il dût repartir en 1890 pour exécuter le plan appelé « Le Plan Crampel ». Il s’agissait de remonter la Bénoué pour atteindre le Tchad en jalonnant sa route de traités avec les chefs locaux.
Cette première tentative fut un échec. La « Mission Crampel » comprenait trois occidentaux (Crampel, Nebout et Biscarrat), une trentaine de miliciens et un médecin arabe (Dr Mahmat Saïd). Cette mission fut d’abord cartographique. En 1890, Crampel s’ingéniait à cartographier le coude de l’Oubangui ; en suivant le fleuve Oubangui-Kwango, elle arriva en 1891 par l’Aouk dans le Dar Kouti. Arrivé à Cha, Crampel rencontra le sultan Mohammed Es Senoussi avant de continuer sa route. Faute de moyen de transport, Crampel laissa en arrière une partie de son escorte commandée par Nebout et Biscarrat. Deux jours après, il fut assassiné en même temps que Biscarrat par des miliciens de l’escorte.

Pendant ce temps, une mission avait été constituée dans le but de renforcer l’expédition Crampel et avait pour nom « la mission Dibowski ». Cette mission prit la route de l’Aouk mais fut stoppée à 200km d’El Kouti à cause de la maladie de son chef. Les nouvelles étaient très mauvaises. A Brazzaville, on avait appris le massacre de Crampel ainsi que les dévastations massives de Rabah. Celui-ci avait fait des raids en pays Kreich, Banda, Mandja et était arrivé jusqu’à Damara à 75 km de Bangui. Il se trouvait donc que la route du Tchad qui était l’objectif primordial du commissaire de Brazza était coupée. Il fut donc décidé la première mission Gentil sur le Chari.

L’administrateur Emile Gentil quitta Brazzaville le 20 octobre 1895 à la tête d’une mission de renseignement dont le but était de préparer la conquête du Tchad. Il explora l’Oubangui et la Kemo pendant un an, à la recherche d’une ouverture vers le Logone. Il entra dans le pays Mandja et fonda à Kaga Bandoro sur le Gribingui le poste de Guibingui (Fort-Crampel) en 1897. Il quitta le 21 août 1897 pour le Tchad à bord d’un vapeur, le « Leon Blot ». Vers la fin du mois, il passait devant Kokaga, le futur Fort-Archambault puis pénétrait en pays Niellim. Il rendit visit au chef Togbao à Pra, rencontra quelques marchands baguirmiens. Le 7 septembre, il parvenait à Bousso. Son passage ne fut pas incognito car trois chefs baguirmiens qui avaient vu son vapeur passer à Balagnéré en avaient averti Gaourang qui se trouvait alors à Massenia. Comme Rabah était loin, Gaourang invita Emile à Massenia. Il vint à sa rencontre à la tête d’une nombreuse escorte de cavaliers. L’entrée à Massenia fut triomphale. Pendant 3 jours se succédèrent des fêtes et des démonstrations hippiques en l’honneur de Gentil. A la fin de cette visite, il en sortit u traité de protectorat et un accord militaire, aux termes duquel il était spécifié qu’une forte escorte serait donnée à Gentil pour poursuivre son voyage vers le Tchad. Douze (12) meilleurs guerriers baguirmiens serait emmenés en France lors du voyage de retour.

 Le 1er novembre 1897, la mission Gentil faisait flotter le drapeau français sur les rives du lac Tchad, puis rentrait en France, emmenant avec elle les 12 guerriers baguirmiens.


par Pascal Djimoguinan
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 13:09

abdel-473x661.jpgAbeldelkerim Yacoub, un opposant ? Un militaire ?

Non, un activiste pour un Tchad democrate non violent. Il est d’ailleurs l’un des rares opposants qui milite sans tenir compte des clivages ethniques et politiques. Il ne milite pas seulement contre le pouvoir actuel, il propose aussi des solutions via des tink tank, des conférences, des manifestations…..

Dans un besoin vital de faire vivre un contre pouvoir jeune et dynamique, Tchadinfos a eu le privilege de l’interviewer

 

 

“Je suis pour ma part un non violent et un pacifiste. Je crois que les solutions politiques proviennent du dialogue et de la concertation inclusive”

Interview Abdelkerim Yacoub Koundougoumi pour TchadInfo


1- BONJOUR c’est quoi être activiste ?

L’activisme politique n’est rien d’autre qu’une modalité parmi d’autres de la participation politique. J’entends par là , la volonté d’être un citoyen engagé. Engagé dans la défense de droits qu’il estime essentiels. Je pense aussi qu’ici on fait référence à des valeurs que je partage, au sommet desquels se trouve la dignité humaine. De là découlent évidemment des conséquences politiques que souhaite l’activiste. Par exemple le droit d’avoir à boire et à manger, d’être instruit, d’être libre de manifester sa pensée et enfin un droit important celui de vivre en pleine sûreté et sécurité dans son pays.


2- Vous l’êtes depuis longtemps ?

J’ai grandi au Tchad, j’ai été dès mon adolescence habité par cet esprit activiste, même si à l’époque ce mot n’était pas spécialement en vogue. En effet, mes activités associatives dans les mouvements de jeunesses pour la défense des droits de l’homme, la protection de l’environnement ou la promotion de la culture tchadienne était déjà une participation politique, et donc de l’activisme politique. Mon engagement politique actuel est une suite logique d’un processus qui date de mes années au collège à Bol puis à Ndjamena.


3- Quelles sont vos actions concrètes depuis votre exil ?

Notre pays est très enclavé, pour ce qui concerne l’information qui circule sur lui dans le monde. Je veux par là , dire que l’avenir du Tchad, demain passera certainement par la manière dont circule l’information sur le pays dans le monde. Je me suis attelé dès mon arrivée en France à faire parler de mon pays , notamment à travers des espaces de discussion sur l’avenir de l’Afrique, et du Tchad en particulier. J’ai créé un think thank déjà en 2003 « Afrik connexion », qui a animé des réflexions sur les questions relatives à l’avenir social et économique de l’Afrique et plus particulièrement du Tchad. Je participe activement à toutes les actions de l’ opposition et de la société civile tchadienne en Exil.

Cet engagement ma permis de prendre conscience de la nécessité de dénoncer ces attentats répétés à la dignité humaine dans mon pays, des abus politiques, et le népotisme du gouvernement. Je pense notamment à la modification de la constitution, qui signifiait surtout que la volonté du sommet du pouvoir était de se maintenir quasiment à vie. Je ne pense pas que le sens de l’histoire du monde aille vers l’autocratie. Nous le voyons la pluralité politique et l’alternance ont des vertus. Elles améliorent les sociétés. Quelles que soient d’ailleurs les formes que prend cette possibilité de pluralité.
4- Quelles sont les raisons de votre exil ?

Je regrette être le ressortissant d’un pays dans lequel l’exil extérieur est la seule manière d’être en sûreté lorsqu’on exprime son opinion sur l’état de la société et de la manière dont on est gouverné.
5- L’exil ne vous éloigne pas des réalités du pays

Le monde aujourd’hui est un village global. Le son et l’image voyagent entre les hommes à la vitesse de la lumière et sont diffusés par le plus extraordinaire appareil de diffusion de l’information inventé par l’homme. Sur ce point, le Tchad est un pays qui je pense ralentit de manière volontaire l’accès de sa population à Internet. C’est un tort. Néanmoins sachez qu’à 6000 kms de N’djamena, je suis probablement plus informé de ce qui se passe que la plupart des gens qui y vivent. Je suis , grâce à ce réseau, en contact permanent avec de nombreux tchadiens et m’informe quotidiennement des réalités dont vous parlez. Ce sont justement ces informations sur cette réalité qui motivent mon engagement politique dont nous parlions plus haut.

6- Qu’est-ce qui vous manque beaucoup depuis votre exil ?

Mon pays me manque, ma famille, mes amis, la vie au Tchad me manquent. Je souhaiterais, mais il s’agit ici d’un monde idéal en raison des garanties de sûreté dont je vous parlais, pouvoir faire au Tchad ce que je fais à l’extérieur. Actuellement, cela n’est pas possible dans les conditions politiques qui hélas, y prévalent.


7- C’est quoi votre combat, comment résumez -vous votre combat ?

Mon combat est celui que mènent et qu’ont mené tous ceux qui se battent pour la dignité des tchadiennes et tchadiens. Je pense que redonner leur dignité d’hommes et de femmes à nos compatriotes est une tâche majeure du XXIème. Je pense que chaque tchadien devrait être concerné par cette tâche. Mon combat est donc celui pour l’amélioration des conditions de vie des tchadiens qui est en dessous de ce qui devrait être. Par exemple, pensez-vous qu’il soit normal que l’eau et l’électricité manquent dans un pays producteur de pétrole ? Que la moindre aiguille médicale soit impossible à trouver pour les nécessiteux ? Que les journalistes qui dénoncent cette situation risquent à tout moment leur profession et leur vie ? Que des opposants politiques soient assassinés impunément pour leurs idées ? Que les citoyens n’ aient pas accès aux services publics sans avoir à subir la corruption ? Que les opérateurs économiques ne puissent pas entreprendre dans un environnement juridique sécurisé ? etc…


8- Vous appartenez à un parti politique ?

Non. J’ai évolué dans la société civile. Je pense qu’une partie essentielle de l’action politique doit d’abord aujourd’hui faire ses preuves au sein de cette société civile. Les partis politique au Tchad vous savez, avec notre jeune Etat dit moderne, ne sont pas des représentations d’idées, mais plus des représentations de sensibilités ethniques et claniques. Pas tous, mais pour l’essentiel c’est malheureusement le cas.

 

9- Admettons que le régime en place ne parte pas d’ici 20 ans, envisagez-vous de rester encore 20 ans en France ?

Je suis déjà en France depuis 13 ans ! Que sont finalement 20 années, si au bout, on obtient par son engagement aux côtés d’autres plus de dignité pour nos compatriotes ?


10- Il y a quand même une bataille d’ego chez les activistes opposants non ?

C’est vous qui le dites. Je n’en sais rien. Le propre de la politique c’est la compétition et l’expression des ambitions personnelles signifie peut être que dans l’opposition, celles-ci sont davantage tolérées. Cette concurrence est une bonne chose pour moi, elle signifie que dans l’opposition on s’affronte autour d’idées.


11- Mais les tchadiens sont un peu perdus par ces luttes fratricides et armées, ne pensez-vous pas qu’on a besoin d’un vrai parti d’opposition qui propose, une sorte d’alternance ?

Je suis pour ma part un non violent et un pacifiste. Je crois que les solutions politiques proviennent du dialogue et de la concertation inclusive. Il y a déjà plusieurs partis qui ont proposé des solutions d’alternance, il y a déjà cette unité dont vous parlez au sein de l’opposition. Ne confondez pas les ambitions des uns et des autres avec ce qui les unit à savoir, un changement social et politique important dans le pays. Je vous disais que le monde avait évolué, les partis ne sont pas les seuls modalités ou possibilités de l’action politique.


12- Même dans l’opposition il n’ y a pas de démocratie, on a les mêmes présidents de parti depuis des lustres, c’est pas un peu l’hôpital qui se fout de la charité ?

Je vous ai dit plus haut qu’il y avait de la pluralité au sein de l’opposition. L’exemple doit être donné au sein des nouveaux partis politiques ou de ceux plus anciens, concernant la nécessité de renouvellement des personnalités et dirigeants politiques.
Et puis je vais vous dire, les partis politiques sont à l’image du système politique dans lequel ils évoluent. Si celui-ci est désorganisé et si les règles de la pluralité n’ y sont pas respectées, alors il y aura des exceptions, mais le système aura tendance à déteindre sur les formations politiques. Je le déplore.
13- Vous faites votre propre critique ?

Tous les jours.

 

14- Envisagez-vous de présenter aux prochaines élections ?

Je vous disais que pour l’instant je suis un citoyen engagé. Je suis au service non pas de la possibilité d’un portefeuille ou d’un fauteuil. Mon service est celui du rétablissement de l’état de Droit au Tchad et de la dignité de mes compatriotes. Je servirai cet objectif à chaque possibilité et occasion quelle qu’elle soit.


15- Etes-vous optimiste pour l’avenir du Tchad ?

Je suis optimiste pour l’avenir du Tchad et de l’Afrique. Le Tchad et l’Afrique auront un visage absolument différent de celui qu’il est aujourd’hui dans 20 ans. J’en suis persuadé. Les tchadiens d’ici là j’en suis certain, se seront mis autour d’une table pour dialoguer de la paix et de l’avenir du pays et de leurs enfants. Avec le potentiel économique du Tchad, ceci n’est pas un rêve.


16- Deby a apporté quelque chose de positif quand même ?

Je cherche, je ne vois pas dans l’immédiat. Il a surtout fait des promesses qui souvent n’ont pas été tenues. Il nous a promis ” ni or, ni argent mais la démocratie”. Nous n’avons eus je crois aucun des trois.


17- Ne pensez-vous pas qu’il faille intégrer le système pour le changer ?

Si il s’agit d’entrer dans le système dans le cadre d’une discussion inclusive sérieuse et vraie sur le changement social et politique qu’appellent tous les tchadiens, pourquoi pas ? Je suis aussi conscient du vampirisme des systèmes autocratiques. Je n’accepterai pas d’intégrer un système qui me broiera, comme il a broyé tant d’autres qui ont cru qu’on pouvait changer les choses en participant dans le cadre actuel d’un système qui est selon de nombreux observateurs, criminel et mafieux.


18- Qu’est ce qui vous motive ?

Œuvrer pour que les générations futures ne subissent et ne vivent pas les mêmes misères et injustices que la nôtre et les précédentes ont subi.


19- Votre modèle politique

Nelson Mandela d’Afrique du Sud et Jerry Rawlings du Ghana. Ils ont su mettre leurs pays sur la voie de la réconciliation pour l’un et pour l’autre, l’ont doté d’institutions stables et d’une armée républicaine et surtout ne se sont pas accrochés au pouvoir.


20- Que pensez-vous pouvoir apporter au Tchad ?

J’ai consacré depuis de nombreuses années l’essentiel de mon temps à l’avancement social et politique du Tchad. Je crois en une société tchadienne et africaine dans laquelle la dignité et la participation de tous au progrès seront les valeurs principales. Ce que j’apporte déjà et compte apporter encore davantage est cette vigueur et cette force pour atteindre cet idéal. Apporter ma contribution à celle des autres pour bâtir une société qui pourra concourir à la réalisation de cet objectif.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 13:38

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Et que devient pendant ce temps-là Julie Gayet? L'actrice de 41 ans n'est pas sortie de son silence depuis les révélations sur sa relation supposée avec le Président. Elle a bien démenti personnellement être enceinte suite à une rumeur lancée sur Twitter, mais c'est tout. Et pourtant, affirme Closer, elle continue à organiser des soirées chez elle. Samedi 18 janvier, elle a ainsi accueilli des amis dans son loft de l'est parisien, où elle vit avec ses deux enfants.

Le magazine revient enfin sur une rencontre entre le président et les parents de la jeune femme, en août dernier. Des présentations officielles? Pas tout à fait, «François Hollande et Brice Gayet se connaissent de longue date. Ce dernier a été conseiller de Bernard Kouchner.»


(Newsnet)

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 09:49

PascalSouvent, lorsque l’on parle du rôle de la femme dans la culture traditionnelle au Tchad, on ne relève que les aspects négatifs. Loin de tout manichéisme, nous voulons relever ici quelques aspects positifs qui sont souvent occultés. Nous prendrons comme point d’appui les cultures traditionnelles du sud du Tchad que nous connaissons mieux. Nous serions heureux si nous recevions les contributions d’autres parties du Tchad.
Dans la culture traditionnelle du groupe sara, toute la formation de la jeune fille se passe auprès de sa maman. Elle est toujours avec elle et tout se fait par un mimétisme propre aux petits enfants. Avec sa mère, la petite fille évolue dans la galaxie féminine, une sorte de gynécée. Cela est d’autant plus favorisé par le fait aussi bien pour les repas que pour les cérémonies, les groupes des hommes et ceux des femmes ne se mélangent jamais. Nos esprits modernes interprètera d’emblée cela comme un désir d’oppression des femmes par les hommes mais en réalité, cela relève beaucoup plus du désir de protection de l’intimité de chaque groupe.
La protection de l’intimité de la femme est très subtile et cela peut facilement entraînée une mauvaise interprétation par toute personne étrangère à la culture. Il n’est pas rare d’entendre dire que chez les sara, les hommes laissent toutes les tâches ménagères aux femmes qui sont exploitées. En réalité, c’est toute une anthropologie qui est ici en jeu. Les ustensiles de cuisine (pots de cuisson, marmites, calebasses, cuvettes…) font partie de l’intimité de la femme. Un homme ne peut pas les toucher en désordre, sans avoir au préalable reçu une autorisation. Entrer dans la cuisine d’une femme et commencer à utiliser les ustensiles est considéré comme toucher à l’intimité de la femme. Cela peut aller jusqu’au divorce. Le fait que les ustensiles fassent partie de l’intimité de la femme se voit dans la cérémonie de mariage où une place spéciale est fait à la cérémonie d’installation de la femme chez son mari (nous y reviendrons ultérieurement).
La liberté d’expression de la femme dans la culture traditionnelle sara est plus grande que celle dont disposent aujourd’hui les femmes. Dans la tradition, la femme a le droit de s’exprimer dans les chansons. Le moindre écart de conduite des hommes est mis en chanson et cela peut passer de village en village sans que l’on puisse l’arrêter. Les hommes vivent dans la hantise de devenir les sujets d’une chanson et cela suffit pour les maintenir dans la bonne conduite. Nous ne nous arrêtons pas sur les confidences et les conseils sur l’oreiller car cela est universel.
Il est vrai que pour le mariage, les parents l’avis des parents est important dans le groupe sara, en général, c’est la jeune fille qui choisit parmi ses différents prétendants celui qu’elle aimerait épouser. Des règles bien précises encadrent la polygamie. Même si un homme peut prendre d’autres femmes plus jeunes, la première femme a un privilège qu’on ne peut lui ôter. Lors de la répartition des fruits de la récolte, c’est la première femme qui procède au partage entre les différentes épouses. Elle dispose également d’un droit de veto lors de certaines décisions importantes.
Pour finir, il faut relever le cas bien à part de femmes à poigne, artistes chanteuses lors des funérailles. Certaines ont un statut à part. En plus de pouvoir par la poésie de leurs paroles toucher les cœurs, elles sont capables de désarmer des hommes lors de ce geste de grands guerriers qui consiste à ce que deux personnes, armées de couteaux de jet, se saluent en frappant les couteaux de jet les uns contre les autres.
Il faut aujourd’hui travailler à ce que les femmes tchadiennes retrouvent cette liberté de parole et d’action dans la vie de tous les jours. A cet effet, il faudrait que l’enseignement cesse d’être l’écoute et le respect serviles de la voix des ancêtres morts mais plutôt l’écoute et le respect de la voix vivante des ancêtres.
Pascal Djimoguinan
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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 10:27

1er mai 2013074En ce qui a trait au sens de notre « Engagement pour le Tchad » sur lequel vous avez été nombreux à nous interroger, voici en substance la ligne politique officielle du Bureau Exécutif du Conseil de la Concordance Nationale du Rdpl. C’est une vision arrêtée par la Convention Nationale des Cadres de notre parti en juillet 2009 au Contrefort du Jura Suisse. Bien que quelques uns d’entre vous aient déjà connaissance individuellement de cette vision, nous croyons qu’il est de bon sens de la rendre publique, ici, par la voix de l’Internet afin que personne n’en soit privé. Vous trouverez donc ci-après l’essentiel de ce qui fait sens et intention de cet « Engagement pour le Tchad », un engagement pour un « Mieux vivre ensemble ».

 

Ce qui est très important à savoir et qui mérite d’être rappelé à chaque instant et perpétuellement retenu est ceci : la justice sociale est  notre but premier! On ne peut comprendre le sens et l’intention de notre  « Engagement pour le Tchad » si on n’a pas en ligne de mire cette cible majeure.

 

Que signifie « la justice sociale est notre but » ? Qu’entendons nous par « Un Engagement pour le Tchad », une vision politique pour une société juste et humaine pour laquelle nous nous battons ? Comprendre le sens et l’intention de cette pensée politique qui nous baigne depuis notre tendre jeunesse est  une donnée nécessaire à la compréhension de nos orientations sociale, politique, économique et culturelle.


Nous sommes issus d’un grand pan de notre société, celui de la précarité sociale, de la ruralité insouciante malgré l’incertitude du lendemain logée au creux de nos reins etc. C’est dans ce contexte socio culturel fortement ancré dans la tradition que nous avons forgé notre pensée politique, souvent sous la houlette d’une mère, dans l’amertume et l’adversité, à la longueur des semaines, des mois et des années que nous malaxions inlassablement cette vision d’une société juste et humaine.


Oui, nous savons ce qu’est la souffrance, l’injustice, l’amertume, la pauvreté. Nous connaissons la rudesse de nos conditions de vie et l’exigence de notre lutte quotidienne pour la survie. Cette souffrance  nous a marqués au fer à cheval. C’est de là, dans la profondeur de cette endurance, que jaillit notre pensée politique. C’est là, dans l’assemblage des rudiments de nos souffrances (individuelles et collectives) qu’émergent les étincelles de cet « Engagement pour le Tchad ». Un engagement pétri dans l’adversité pour la création des valeurs humaines pour notre société : le bonheur, le bien être et le confort ici bas pour nous-mêmes et pour nos rejetons. Le bonheur non comme un point fixe à atteindre, mais comme un devenir, le devenir de notre pays, de notre société.


Or, le bonheur peut-il être sélectif ? Non ! Nous ne voulons pas d’une société à deux vitesses, comme c’est le cas actuellement dans notre pays où  certains citoyens (une infime minorité arrogante) atteignent le bonheur national brut à leur guise et d’autres pas. Car nous ne sommes pas seuls et ne vivons pas seuls dans la société. On peut bien sûr s’abriter un temps derrière de hauts murs protégés par des « gorilles » et mener ainsi une vie insouciante dans le plus somptueux château d’Amdjaress, mais on s’apercevra toujours un jour que l’on est devenu, au final, un être à la conscience étriquée et misérable !


« Un engagement pour le Tchad », pour nous, signifie que nous devons garder constamment à l’esprit qu’un bien être individuel durable implique nécessairement une existence solidaire des autres. La solidarité, une solidarité nationale agissante dans une société à forte précarité comme la nôtre, contribue nécessairement au bien être social.


Notre pensée politique dérive de tous ces rudiments de notre existence. Des rudiments de vie, denses et profonds, qui nous conditionnent, nous déterminent, nous conduisent et finalement aiguisent notre acti­vité politique. Ce sont ces rudiments de vie qui nous amènent, dans la vie publique comme dans nos re­lations personnelles, à adopter une attitude ouverte et critique, mais toujours respectueuse des convic­tions d'autrui. Car au fait, nous voulons réaliser un meilleur équilibre social pour et dans notre pays. Il va de soit que nous nous sommes engagés ainsi pour la constitution et  la consolidation d'un Etat tchadien solidaire et fort, capable de faire régner le droit. Le Tchad en tant qu’Etat doit garantir les droits fondamentaux et pro­téger les minorités ainsi que les membres les plus faibles de notre société. « Un engagement pour le Tchad » signifie aussi pour nous que l’Etat en tant qu’entité de notre communauté de destin, doit s'engager et ou être engagé pour que les règles communes légalement édictées par nos institutions soient effecti­vement respectées par tous.

 

Nous sommes un parti social démocratique, mais un parti comme mouvement. Selon le dictionnaire le Robert, un mouvement politique est une « action collective tendant à produire un changement d’idées, d’opinions ou d’organisation sociale ». Cette définition est plus que vrai pour le Rdpl. Car les membres du Rdpl sont unis par une vision commune de la société tchadienne qu’ils veulent pour eux mêmes et pour leurs descendants. Nous nous distinguons ainsi donc des autres par cet engagement supérieur à la moyenne. Nous ac­ceptons les décisions de nature politique issues de processus corrects et transparents, notamment lors de nos Conventions Nationales des Cadres. Autant nous sommes pour la solidarité nationale, autant nous sommes attachés aux libertés individuelles. Nous accordons néan­moins la primauté à l'intérêt général et respectons la propriété privée des biens que nous trouvons légitimes.

 

Notre pays est bilingue. C’est pourquoi nous tenons, ici, par notre « Engagement pour le Tchad », à assu­mer activement notre rôle de charnière entre les deux langues officielles de notre pays (le français et l’arabe), tout en promouvant utilement les autres langues nationales de manière à favoriser ainsi la cohésion nationale. Il est hors de question pour nous de boycotter l’arabe comme l’avaient fait, semble-t-il, une partie de nos concitoyens par le passé avec le français. Notre démocratie est une démocratie qui parle français et arabe. Il s’agit bien du français et de l’arabe et non « du français ou l’arabe » et vis versa.


« Un engagement pour le Tchad » signifie aussi pour nous que nous respectons l'être humain en tant qu'indi­vidu. Nous respectons sa foi, ses croyances, sa religion, ses goûts pour autant qu’ils s’inscrivent dans la trajectoire de la solidarité nationale. Nous récusons la confusion des genres et de nature. Nous faisons une distinction claire entre individualisme et égoïsme. Nous nous sommes résolument et constamment engagés en faveur du bien public et condamnons ce qui est pur intérêt personnel.


Nous voulons donner un nouvel élan à notre pays, une nouvelle espérance à notre jeunesse et un nouveau projet à la démocratie menacée, ces dernières années, par des doctrines inconscientes et obscurantistes.


Le respect des droits de l’homme, la liberté, la justice et la solidarité nationale est pour nous des principes qui doivent guider la politique de l'Etat tel que nous l’imaginons, même et surtout dans un monde qui se globalise.


Notre engagement pour un Tchad juste et humain c’est aussi un engagement pour la durabilité. Il se conforme aux exigences du développement durable. Notre éthique dans ce domaine s'efforcera à réali­ser un équilibre satisfaisant entre les objectifs sociaux, écologiques et économiques en pré­sence, sans négliger les intérêts internationaux du Tchad.


Pour nous, la durabilité se manifeste de diverses façons: elle préserve notamment les liens entre les générations, entre les populations des différentes régions de notre pays, entre les populations des divers pays de notre continent, entre celles de divers continents et entre les humains considérés in­dividuellement, sans aucune discrimination. C’est une vision que nous partageons avec de nombreux partis de part le monde.


L’éthique de notre engagement  impliquer donc une solidarité englobant les personnes qui n'ont pas encore voix au chapitre (c’est-à-dire les générations futures), mais qui seront concernées un jour par nos choix politiques d’aujourd’hui. La nature, l'environnement, les attentes prévisibles des générations à venir sont des paramètres qui doivent inspirer nos décisions. Les tchadiennes et les tchadiens d’aujourd’hui doivent pleinement satisfaire leurs besoins, mais « sans com­promettre l'existence et la liberté de choix des générations futures ».

L'égalité des chances et des possi­bilités matérielles est aussi une cible dynamique à atteindre pour le Rdpl. C’est elle qui sous-tend toutes les actions de notre « engagement pour le Tchad ». C’est elle qui donnera une base à l'expression des vocations individuelles de nos concitoyennes et concitoyens. C’est elle qui est le moteur du progrès social. Chaque citoyen tchadien doit pouvoir disposer des moyens de se développer selon ses aptitudes et ses goûts, indépendamment de sa religion, de son appartenance politique, de son sexe et de sa situation matérielle. Nous pensons ainsi favoriser l'éclosion des talents, notamment chez nos jeunes, laquelle éclosion conditionnera l'épanouissement per­sonnel de nos concitoyens et affermira les liens sociaux dans une chaîne de solidarité nationale dont tous les maillons doivent être mis à contribution.


Finalement nous composons notre projet de société en grappes de thèmes. Chaque grappe contient des perles qui décrivent nos intentions principales et indiquent le sens et l’intention de notre engagement. Ces grappes ne sont pas simplement des faisceaux de pensées juxtaposés. Elles se superposent et s’entremêlent en un tout cohérent.

La structure de ce programme s'organise autour des axes suivants: Culture et so­ciété - économie – Développement durable. Même si l'ordre adopté n'a pas valeur de priorité, nous pensons que l’élément « Culture et Société » occupe une place de choix dans la mesure où c’est elle qui imprègne notre être et nous façonne en individus socialisés capables de penser de manière indépendante. Priorité donc à la culture, à notre culture. Car c’est elle qui peut ouvrir notre esprit au changement et stimuler notre prise de décision auto­nome. Elle comme le ciment de la vie en société. Sa valeur transcende donc toutes les autres valeurs matérielles.


Kingabé de Tapol

Rdpl, Mieux vivre ensemble                                                                                                       Un engagement pour le Tchad


 

 


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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 09:18

En cette période de grande confusion politique, où tous les repères d’une bonne lecture de la situation nationale sont effacés, l’écrit du député Béral Mbaïkoubou semble n’émouvoir personne. Il dénonçait “ l’érection de nos petites personnes en démiurges politiques tout aussi incontournables qu’indispensables” ainsi que “les artisans de l’émiettement (politique), ceux qui veulent monopoliser le titre d’opposant, se posent incontestablement en alliés objectifs et privilégiés du régime actuel”. Il n’y a pas que ces deux affirmations fortes dans cet écrit qui est passé comme une lettre à la poste. Comme disait le pamphlétaire Bendjo, à ses heures de gloire, “les gens de Moursal aiment à boire de la Gala sur de bonnes idées”!

Opposition-tchadienne.png

Parler de l’opposition politique dans notre pays exige un vocabulaire que beaucoup trouvent désuet mais que malheureusement la pensée politique n’a pu actualiser ni moderniser. En effet, l’attitude de celui qui s’engage en politique ou sur tout autre sujet social est souvent caractérisée de révolutionnaire, réformiste, conservateur ou réactionnaire. Nous nous engageons pour que la société connaisse un progrès dans son évolution. Par rapport à la situation, au moment où l’on s’engage, on voudrait que tout change ou qu’elle s’améliore seulement petit à petit ou qu’elle reste comme telle à défaut de reculer. Toutes ces attitudes sont forgées par notre environnement social, notre éducation, notre culture ou tout autre facteur qui contribue à la formation de notre conscience sociale. Bref, ces idées qui nous gouvernent et nous poussent à choisir sont des idéologies. Celles-ci peuvent donc être révolutionnaires, réformistes, conservatrices ou réactionnaires. Alors, si nous devons nous placer par rapport à ces idéologies, qui sommes-nous pour être taxés d’opposants? Sans tomber dans le simplisme et la vulgarité, nous pouvons affirmer que ne sont pas opposants ceux dont les choix et les actes sont contre le progrès de notre pays. Ce sont des conservateurs ou des réactionnaires. Et les autres? Sous d’autres cieux, ils appartiendraient à la gauche révolutionnaire ou réformiste. Mais la droite ne renferme pas que des réactionnaires ou des conservateurs de mauvais poils! Elle a ses libéraux qui militent pour de petits changements! Si chacun devait choisir son camp dans ce champ idéologique, il ne serait plus question d’âge, de sexe, de région ou d’ethnie. Nous serions simplement des progressistes ou des réactionnaires. Mais même cette conception de classe ou de catégorie sociale est actuellement très critiquée. Surtout à cette période où certains penseurs déclament “la fin des idéologies”.

Une culture rachitique

Nous devons donc naviguer dans des espaces sans frontières et sans lisibilité. Un monde virtuel où vieux, jeunes, femmes, ethnies ou religions doivent être des catégories opératoires! Faut- il rappeler que cette confusion de mots et de concepts conduit à des confusions d’idées, elles-mêmes sont le reflet de notre culture politique rachitique du moment. Cette culture, tout autant pauvre que notre statut social est un carcan contraignant pour la production des idées novatrices. Comment des gens toujours pauvres, des indigents, qui manquent de minimum peuvent-ils avoir le temps de réfléchir à de grands problèmes de société, concevoir de grandes réformes et éduquer des masses qui crient constamment “faim” et ne pensent qu’au “ventre” ? Si nous revenons aux choses terre à terre, à notre pays, nous pouvons encore affirmer que le propre des hommes de terrain, des hommes d’action, des femmes et des hommes engagés, c’est de travailler cette société réelle. Ils doivent faire des choix difficiles et mobiliser des forces endormies, expliquer à ceux dont la conscience milite contre leurs intérêts objectifs que le changement est à l’ordre du jour. Ah! Le changement, le mot est lâché! Combien d’entre nous militent pour que le changement tant attendu par nos populations ait lieu? Et pourtant nous sommes plus de 140 partis politiques qui se sont créé en dehors du parti au pouvoir. Pouvons- nous dire que ce sont des partis d’opposition? Sans compter des centaines d’associations que nous pouvons inscrire sur la liste virtuelle des agents du changement!

Pour faire la manche

Ces partis sont tous nés des partis-mères et n’ont aucune idéologie, sauf aller à la mangeoire comme on dit! Souvent ils naissent à l’instigation du pouvoir ou à l’occasion du partage “inéquitable” de la subvention accordée aux partis. Ils naissent aussi pour affaiblir un leader qui n’est pas dans le jeu du pouvoir. Ou comme c’est souvent le cas, les “contestataires” qui créent un autre parti voudrait faire du cadre abandonné “un bureau de placement des militants”, c’est-à-dire que leur chef doit, chaque jour que Dieu fait, faire la manche auprès des autorités pour leur trouver des postes de responsabilité ou du travail dans l’administration Mps. Comme les pauvres ne s’aiment pas entre eux, ils commencent par trouver des défauts à leurs compagnons qu’ils qualifient de tous les noms d’oiseaux. Souvent, le pauvre chef de parti est pire que le président du parti au pouvoir. Alors, comme le Mps a déjà ses caciques et ses mécanismes de distribution des privilèges, il est préférable de créer un nouveau parti et de se déclarer “parti allié” pour les broutilles, L’épithète “parti de l’opposition démocratique” n’est qu’un label trompe l’œil. Les militants de ces partis nourrissent une grande aversion pour une politique de réelle opposition. C’est pourquoi, dans notre pays, les partis se combattent plus qu’ils luttent contre le pouvoir en place. On fait de l’opposition contre l’opposition. Et cette pratique qui est très bien appréciée par le régime est reprise par beaucoup de militants de certaines associations de la société civile qui en font leur crédo. Puisque le pouvoir a tous les moyens pour combattre ses vrais adversaires, il est aisé de comprendre le nombre de judas dans nos rangs. Les vrais partis en lutte sont déstabilisés par la corruption, les intimidations, les enlèvements, les disparitions forcées, etc. La peur et le ventre justifiant tout, n’est pas opposant qui veut au Tchad.

Le bon exemple

Dans notre pays, les vieux et les jeunes ne donnent pas le bon exemple. Autant les jeunes veulent Rav4, villas, argent facile et dames de soirée, les vieux affichent une attitude politique qui frise la grossièreté, le manque d’éducation, l’absence de dignité, le goût effréné tardif d’une accumulation de richesse. Comment toutes ces attitudes, tous âges confondus, toutes régions et ethnies mélangées, ne produisent- elles pas “un commerce de la politique” et non des militants pour des causes politiques? Quand on sait que le pouvoir actuel nous gouverne par la propagande, la pensée unique, la distribution des faveurs et donc la négation du mérite, comment ne doit-on pas faire attention aux idées qui circulent? Ce pouvoir qui a créé ses partis alliés, ses syndicats alliés, sa société civile affiliée tout cela grâce à l’argent de notre pétrole, pourquoi devons-nous concentrer toutes nos énergies à détruire notre opposition et non pas nous unir par une stratégie frontale pour le contenir dans ses manœuvres? Et voilà que dans “ce large front de lutte”, il y a des gens dans la société civile qui clament leur indépendance et tirent à boulets rouges non sur ce pouvoir qui nous divise, nous humilie, nous tue mais sur l’opposition. Certes elle est maladroite, mais elle reste à construire. En la matière, nous n’avons pas une opposition idéale. Celle qui a des principes, qui est constante dans ses prises de position et consistante dans le contenu de ses choix. Mais on ne construit pas une opposition par l’opprobre, le dénigrement et tous les quolibets d’usage. Ce serait comme on dit “jeter le bébé avec l’eau du bain”. La construction d’une vraie opposition, un instrument solide de lutte, exige tolérance, discernement, exigence des critères et fermeté dans le maintien du consensus.

S’unir

Ceux qui veulent un vrai changement dans notre pays doivent œuvrer à la mise sur pied de cette opposition. Les acteurs de cette œuvre salvatrice doivent s’impliquer eux-mêmes. Ils ne doivent pas laisser faire les autres. La lutte ne se délègue pas. Si dans nos rangs, il y à des brebis galeuses, ceux qui rendent la vie impossible sont ceux qui nous gouvernent. Dire qu’il faut éliminer tous les faux opposants avant de lutter, c’est faire le jeu du pouvoir. Si des opposants vont maintenant voir le Président, c’est d’abord la volonté de celui-ci. Barricadé comme il est, s’il ne veut recevoir personne, nul ne pourra forcer sa porte. Recevoir ou ne pas recevoir un citoyen procède de ses manœuvres. Et ceux qui tombent sous les charmes de ses propositions ne doivent pas oublier ce proverbe “qui veut manger avec un diable doit avoir une longue cuillère”. Comme disait un sage: “notre pays a toujours marché sur la tête. Il est temps qu’il marche sur ses pieds”. Cessons de discourir sur ce que l’opposition peut ou ne peut pas faire. Mettons-nous ensemble. Choisissons ceux qui peuvent nous représenter et marchons droit vers la liberté. C’est un rêve qui est à notre portée et qui nécessite juste de dire non aux choses présentes que nous condamnons.

Gali Ngothé Gatta Député

Source: tchadinfos.com



Lire aussi cet article sur tchadinfos.com : Portail d'information sur l'actualité tchadienne et internationale 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 09:36

tunismakLa plume combattante

 

 

Makaila Nguebla est d’origine tchadienne. Voilà maintenant six ans depuis qu’il est établi au Sénégal. Son pays d’accueil. Pays d’exil. Musulman pratiquant, il a été chassé de la Tunisie juste après avoir obtenu sa Licence en Information en Administration commerciale à l’Institut Gamarthe de Tunis. Son engagement politique et citoyen et son amour pour le Tchad sont passés par là.


Après ses études secondaires au Tchad, Makaila, comme l’appellent les proches, jette son dévolu sur la Tunisie. C’était en 1999. Il entame des études supérieures. Quelques années plus tard, Makaila obtient sa Licence en Information en Administration commerciale. L’obtention de son diplôme supérieur coïncide avec la publication de ses premiers textes engagés pour dénoncer la situation politique tchadienne. Un texte publié dans la rubrique Vous & Nous de l’hebdomadaire international Jeune Afrique sonna le glas au séjour tunisois et tunisien de Makaila. « Le gouvernement de Ndjamena a fait des pressions sur les autorités tunisiennes pour que je quitte la Tunisie », raconte-t-il.

De la Tunisie au Sénégal …

Cette expulsion marque le début d’un engagement politique et citoyen sans faille du jeune Makaila. Avec armes et bagages, il fait un détour à l’ambassade du Sénégal à Tunis. Coup du destin : un visa lui est accordé. Il dépose son balluchon au pays de la Teranga. Avec son statut d’exilé politique, il milite à la Rencontre Africaine de Défense des Droits de l’Homme (Raddho), noue des contacts et explique le sens de son combat et les raisons qui l’ont mené au Sénégal. La Raddho l’a beaucoup aidé à parfaire et réussir son intégration au sein de la société sénégalaise. « L’hospitalité sénégalaise à mon égard, c’est touchant. Mon combat est partagé par tous les Sénégalais », explique Makaila.

Makaila est issu d’un mariage entre un père d’ethnie Mbaye et d’une mère Hadjarai. Il s’habille d’une manière soft et très simple et détendu. En ce second mercredi du mois d’avril, la température est clémente dans le quartier où il est logé, non loin de l’avenue Bourguiba de Dakar. Assis sur une chaise blanche en plastique, il a les yeux rivés sur le moniteur de son ordinateur portable, l’air pensif et les doigts sur le clavier, tournant le dos à son balcon qui offre une magnifique vue panoramique sur une partie de Dakar. Il alimente quotidiennement son blog, rédige quelques textes, corrige des articles et lit le fil des commentaires de son blog (makaila.over-blog.com).

La force d’un blog

Ce blog est très suivi et traite principalement de l’actualité politique tchadienne. « C’est un moyen d’expression parce qu’au Tchad, les médias sont étouffés, la société civile réduite au silence et l’opposition est presqu’inexistante. Il n’y a pas d’alternatives au Tchad. Les Tchadiens sont bâillonnés face à un pouvoir qui refuse l’ouverture médiatique et démocratique. Seule une médiatisation peut dénoncer la situation qui prévaut au Tchad. Ce blog c’est l’interface entre les Tchadiens et l’international », souligne-t-il. Ce blog c’est son «arme ». Au moment où ses autres frères s’engagent dans l’opposition armée tchadienne, pour combattre le pouvoir d’Idriss Deby Itno, lui, à travers sa « plume combattante », lance des roquettes sur la « gestion opaque des ressources du Tchad », mitraille la « démarche autocratique des autorités tchadiennes » et pilonne « l’absence de démocratie et d’ouverture médiatique » dans son pays d’origine. « Ce blog est alimenté par mes textes, les contributions d’amis tchadiens et africains », dit-il.

Les bâtons dans les roues de la liberté d’expression

Ce blog, avec un fort taux de pénétration quotidien et la qualité des textes publiés, a fait l’objet d’un reportage de la part d’Africa 24. Une équipe de cette chaîne africaine, basée à Paris, a fait un aller-retour Paris-Dakar-Paris pour voir en chair et os l’homme, le blogueur qui « empêche au pouvoir de Ndjamena de dormir sur ses deux oreilles ». A l’instar des régimes tyranniques qui essaiment dans le continent africain, ce succès est mal digéré par Ndjamena. Il reçoit souvent des menaces à travers les commentaires de son blog : « Les menaces ne peuvent pas me dissuader de continuer le combat. Je mène cette lutte pour le bien-être des Tchadiens, pour une justice sociale équitable, une liberté politique et l’égalité entre tous les Tchadiens.» Pourquoi une révolution tchadienne à partir du net ? Une option qui serait souhaitable parce de rien, le président tchadien, Idriss Deby Itno, est au pouvoir depuis 1990. Vingt ans de règne sans alternance !

Outre les menaces, le renouvellement de son passeport est bloqué sans aucune explication valable : « Les autorités tchadiennes ont refusé de me confectionner un autre titre de voyage. La date de mon passeport est expirée mais jusqu’à présent pas de renouvellement ». Les démarches faites par sa famille établie au Tchad sont vaines. Elle est toujours renvoyée aux calendes grecques. Ce refus empêche à Makaila de voyager et de porter, dans d’autres contrées, les revendications du peuple tchadien et de bien mener son combat. Il tente d’expliquer ce comportement des autorités étatiques de son pays : « Au Tchad, tu ne peux pas s’afficher politiquement en toute liberté. Si tu ne fais un acte d’allégeance au pouvoir tu es condamné à vivre éternellement dans l’opposition avec tous les risques qui peuvent en découler.»

Homme politique, cyber activiste, altermondialiste – participation au Forum social mondial de Dakar 2011 et co-rédacteur de la Charte mondiale des Migrants – et militant des Droits de l’Homme, Makaila assiste les réfugiés politiques guinéens, mauritaniens, ivoiriens, etc. Dynamique et de commerce facile, il développe un sens élevé du partage. Des discussions et débat sur la politique africaine le passionnent. Des appels par-ci et des mails par-là, Mak – son nom autre surnom – informe la presse sénégalaise et étrangère de ses prochaines activités. Des activités qui tournent essentiellement au tour de conférences de presse (sur la situation politique tchadienne), d’exposés et de présentations des figures politiques tchadiennes. Avec un carnet d’adresse bien fourni, Makaila passe souvent sur Radio France International (Rfi), Bbc Afrique, Africa N°1 et sur des chaines de télévisions sénégalaises pour dénoncer l’attitude du gouvernement de Deby. « Je dis non à la confiscation du pouvoir par un clan, non à la gestion calamiteuse des ressources du pays et non à l’absence d’alternative politique », clame Makaila. Il s’offusque également du fait que « le peuple tchadien n’est pas consulté quand il s’agit de prendre les grandes décisions sur l’avenir du pays. Ce constat triste est à dénoncer.», lance Makaila. Il appelle la France et la communauté internationale pour qu’elles soient plus vigilantes sur la situation au Tchad. Son seul souhait est : « Que la démocratie soit effective au Tchad.»

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 19:30

MakailaPT-1-.jpgDes rumeurs persistantes font état de l’arrestation du bloggeur Makaila Nguebla par la police sénégalaise. Il aurait été incarcéré depuis ce matin après s’être présenté à une convocation de la PJ.

Le site internet Tchadanthropus observe  que cette interpellation intervient après l’arrivée à Dakar du Ministre de la Justice Jean-Bernard Padaré, souvent critiqué par les écrits de « Vourboudé » publiés sur le blog de Makaila.

Si cette interpellation est confirmée, Jean-Bernard Padaré mériterait d’être traité de menteur puisque dans l’interview qu’il a accordée ce matin à RFI, il s’est défendu d’avoir fait arrêter Eric Topona, journaliste envers qui il garde une dent acérée quoi qu’il cherche à faire admettre le contraire.

Jean-Bernard Padaré serait-il un « ministre liberticide » ou un "petit despote" en mal de pouvoir ? La question mérite d’être posée, car jamais de mémoire de Tchadien un ministre de la Justice nouvellement nommé n’a sévi contre la presse avec une telle précipitation. C’est à croire qu’il a quémandé le poste de garde des Sceaux dans le seul et unique but de régler des comptes avec les activistes politiques.

Tchadoscopie espère que Makaila Nguebla sera rapidement remis en liberté et qu'il ne doit subir aucune forme d'intimidation. Il en va de la crédibilité de Maître Jean-Bernard Padaré et des autorités sénégalaises.

Affaire à suivre

Tchadoscopie

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 23:15

Pour la Vérité, le Pardon, la Réconciliation, l’Unité et le Changement

Un Impératif Patriotique, Une Exigence Ethique, Un Objectif Cardinal ;

Allons Ensemble vers un Rassemblement National Républicain pour le Tchad :

Le Rassemblement National Républicain pour le Tchad

R.N.R

Coordination Nationale (C.N),

Secrétariat Permanent (S.P)

OK

Près d’un quart de siècle après l’instauration d’un processus dit de démocratisation de la vie politique, institutionnelle et sociale et près de vingt, jour pour jour, après la tenue d’une Conférence Nationale dite Souveraine, notre pays, la République du Tchad est étranglé par un pouvoir devenu bien plus qu’autocratique basé sur une Constitution indubitablement frelatée ; et les tchadiennes et les tchadiens sont durement conscients de cette réalité que rien ne peut cacher.

Le R.N.R - dont des membres et sympathisants ont par le passé lutté pour mettre fin à la dictature précédente, pour la tenue d’une conférence nationale véritablement souveraine, puis pour des élections substantiellement transparentes - continue à lutter, par ses modestes moyens, pour que notre pays, la République du Tchad, soit délivré, en même temps du pouvoir de l’arbitraire et de la répression ainsi que des pièges répétés d’un certain aventurisme politique.

Aujourd’hui comme hier, il ne fait aucun doute dans notre esprit que nos compatriotes engagés dans cette même perspective sauront - à l’instar de certains peuples de notre continent, l’Afrique - relever ce défi. Le R.N.R, fidèle à sa ligne de conduite, poursuivra son action pour une compréhension des conditions générales d’existence dans notre pays, la République du Tchad, afin de susciter un élan de solidarité réel, actif et utile en Afrique, en France et dans le monde.      

Quoi qu’il advienne, le combat pour la liberté, pour le respect des Droits de l’Homme et la considération de l’autre ne cessera que le jour où il sera gagné pour tous dans la République du Tchad.

Vive la Résistance Nationale Républicaine Tchadienne

Fait en Ile-De-France, le 5 décembre 2013

Le Coordinateur National (C.N) du Rassemblement National Républicain (R.N.R)

Le Professeur Balaam Faustin Facho.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 22:46

293949_1934583921356_8088989_n.jpgFévrier 1992 - février 2013
La nuit du 16 février 1992, deux individus encagoulés circulant à moto abattait Maître Joseph Béhidi non loin de son domicile. Les tueurs ne sont jamais inquiétés jusqu'à ce jour. Mais nous, comment comprendre la mort de Béhidi? Comment comprendre et accepter sa mort et la notre?

 Essayons simplement de les comprendre (sa mort et la nôtre) en analysant celle de Jésus. Comment Jésus était-il face à sa mort ?


Nous sommes ici, face à la mort de Béhidi, devant un double concept du terme « vie ». Il y a une double compréhension de la « vie » et de la « mort ».


Premièrement la vie est perçue comme une réalité physique et biologique.
Deuxièmement la vraie vie est le « vivre avec Dieu ».

Toute la vie, notre vie spirituelle, est donc ainsi en jeu. À quels « moments » commence ou s'arrête la vie ? Où est la mort ?     Béhidi est-il mort, vraiment?
La mort peut-être « spirituelle ». Ainsi on peut vivre sans être véritablement mort et sans mourir véritablement ! Rappelons-nous le poème de Birago Diop : « Les morts ne sont pas morts » ! Ce Béhidi qui git ici, sous vos yeux, n’est pas mort. Il s’est débarrassé de la prison (le corps, la masse physique) qu’il s’était enfermé dès sa conception. Mourra-t-il un jour ou était-il déjà mort? C'est à ses assassins de répondre à cette question

Cependant, je crois qu'au Tchad, assassins et victimes sont tous des humains. Et l'humain est –toujours ainsi - mis devant ses détresses, ses menaces et la mort est une déchirure pour lui. Oui la mort de Béhidi est une déchirure permanente pour toi, Idriss Deby. Tu es à jamais le prisonnier dans une prison dont tu as toi même les clés de la serrure!

Il n'y a pas de neutralité face à la mort. La mort n'est pas une puissance en soi. Mohammad Merah n’avait-il pas dit à ses tueurs : « j’aime la mort comme vous, vous aimez la vie » ? «

Maître Joseph Béhidi, Paix à ton âme!

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Young-black« Nous voulons être délivrés. Celui qui donne un coup de pioche veut connaitre un sens à son coup de pioche. Et le coup de pioche du bagnard, qui humilie le bagnard, n’est point le même que le coup de pioche du prospecteur, qui grandit le prospecteur. Le bagne ne réside point là où les coups de pioche sont donnés… » ANTOINE de Saint-Exupéry, in TERRE DES HOMMES.

 

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