Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!
S
i le Tchad était victime d'une agression, la France aurait les moyens de s'opposer à cette action. Chacun est averti et doit prendre ses responsabilités.» Alors que les rebelles tchadiens, en lutte contre l'armée régulière, ont accepté mardi le principe d'un cessez-le-feu immédiat, Nicolas Sarkozy a sévèrement mis en garde contre toute tentation de reprendre les armes. «C'est par les élections qu'on prend le pouvoir et pas autrement» a remarqué le chef de l'Etat. «Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les attaques et appelé ses membres à apporter leur soutien au gouvernement du Tchad, il faut laisser le Tchad tranquille» et «arrêter maintenant avec ces actions rebelles», a lancé le président français, en déplacement à La Rochelle. «Si la France doit faire son devoir, elle le fera. Que personne n'en doute», a averti Nicolas Sarkozy.
Mais la communauté internationale soupçone la France d'être intervenue directement dans le conflit qui a fait, depuis samedi, au moins 1000 morts et plus de 1000 blessés à N'Djamena. Dans un communiqué, elle condamne « l'intervention directe de l'aviation française qui a causé d'énormes victimes civiles, notamment sur le Lycée de la Liberté et le marché central» de N'Djamena. Des affirmations, comme à l'accoutumée, démenties par Paris. « Il n'y a eu aucun tir de l'armée française si ce n'est pour protéger nos compatriotes [ce fut le cas samedi au marché central quand les rebelles se sont approchés de trop près de la présidence de la République du tchad; ce fut aussi le cas ce même samedi quand [ils] ont empêché d'utiliser l'aéroport pour faire décoller les hélicoptères. ce sont les seuls cas où la France est amenée à faire son devoir. Si des civils ont été atteint par nos tirs, il faut tout de même souligner que nos soldats étaient en état de légitime défense: la défense des intérêts français au tchad, au delà, en Afrique», a souligné Nicolas Sarkozy. En outre, des sources diplomatiques sur place ont pas confirmé que les chasseurs Mirage F1 français ont pilonné les rebelles depuis le début des combats.
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a, quant à lui, salué l'enlèvement des trois pricipaux leaders de l'oposition démocratique avant le cessez-le-feu. Cependant, le chef de la diplomatie française a conseillé les autorités tchadiennes de subordonner cette trêve (acceptée par les rebelles) à l'abandon de leur part, toute prétention à «l'instauration d'un régime politique véritablement démocratique» -car ceci pourrait passer par le départ du président tchadien Idriss Deby, président démocratiquement élu. Constatant que les rebelles étaient «matés» et réduits à des éléments en déroute, et que l'opposition démocratique était décapitée, le gouvernement français qui a dé tpêché son Ministre de la défense dans la capitale tchadienne dès le 6 février 2008, a conseillé le Président tchadien de rejeter ce cessez-le-feu concédé par les groupes armés après d'intenses combats. La rébellion est « consciente des souffrances des populations tchadiennes et souscrit aux initiatives de paix des pays frères, la Libye et le Burkina Faso » a justifié un porte-parole de l'alliance « des forces de résistances nationale », dont deux colonnes de véhicules seraient en mouvement dans l'est du pays.
Depuis le début des affrontements, entre 15.000 et 20.000 Tchadiens se sont réfugiés au Cameroun voisin, un exode qui inquiète la communauté internationale. La ville de Kousseri est submergée par les réfugiés arrivés à pied en traversant les ponts frontaliers ou par bateau. La plupart d'entre eux sont parvenus à trouver asile chez des proches, mais entre 6.000 et 7.000 personnes campent en plein air sur un terrain déjà utilisé lors de la crise tchadienne de 1980.
De son côté, l'opposition dénonce les arrestations musclées et arbitraires de ses leaders par les militaires. Le député Lol Mahamat Choua, ancien président du Tchad, a été ainsi été interpellé dimanche. Devant l'instabilité de la situation, le déploiement de la force européenne au Tchad reste suspendu. Le retard dans le déploiement des 3.700 soldats dans l'est du Tchad et en Centrafrique, ne signifie pas forcément un retard dans le véritable démarrage de l'Eufor prévu en mars, qui doit protéger 450.000 réfugiés du Darfour et déplacés tchadiens et centrafricains.