Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!
On peut comprendre qu’excédée de ne pouvoir jouir des marques de sa souveraineté, d’être gênée à ses frontières par des provinces indépendantistes soutenues par la Russie et de ne pouvoir librement nouer les amitiés qu’elle veut avec l’Occident, la Géorgie ait un peu sinon pété les plombs, poussé une gueulante. Pourquoi une telle situation qu'on n'accepterait pas pour la France le Honduras, le Vietnam ou l’Australie, on l’accepterait pour la Géorgie ? Et la scène qui se joue actuellement dans cette partie de l’Europe entre la Russie et la Géorgie via l’Ossétie et maintenant l’Abkhazie ressemble quelque peu à celle qui se sont déjà jouées dans d’autres parties du monde et particulièrement en Afrique : une puissance régionale, pour une question de prestige, pour un besoin de protection de ses zones d’influence ou tout bonnement mû par la soif de prédation des richesses d’un autre pays, trouve un prétexte pour déclencher une guerre contre cet autre pays, quoi de plus banal !
Mais l’Afrique est loin de l’Europe, de cette partie du monde où les valeurs universelles de droits de l’homme, de démocratie, sont parties et où les peuples qui y vivent ont la conviction d’avoir des droits inaliénables et que la communauté universelle se doit de protéger.
Si l’on peut admettre que la Russie, quoique grande puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de Sécurité, puisse de façon aussi cavalière, faire la guerre à la Géorgie sous le prétexte fallacieux de génocide contre les populations russophones d’Ossétie du Sud ou sous l’argument clamé que ce pays veut nouer des relations avec l’Occident, ce serait un gros coup apporté, aux yeux des peuples d’Europe, à la justice internationale, aux droits des peuples, au droit tout court. Et alors qu’en Europe et dans le monde dit civilisé, on se verrait violé dans ses principes les plus sacrés, la preuve de l’impuissance des puissants de ce monde à garantir la sécurité, la paix, serait donnée de façon éclatante à tous.
La Russie, en réussissant à retourner en sa faveur le principe de l’équilibre par la menace de la terreur, pourra tout entreprendre en Géorgie et même s’enhardir à reconstituer son empire perdu.
Qu’on n’en rie pas car on voit difficilement quel pays pourrait s’opposer, en employant les arguments décisifs, à ce qu’entreprend le pouvoir russe en Géorgie : il n’a même pas cure de ce haut moment symbolisant la paix, la concorde, que sont les Jeux Olympiques, ni d’indisposer les Chinois qui ont choisi comme thème de ces jeux «Un monde, un rêve », invitant ainsi le monde entier à se joindre à l'esprit olympique et à construire un avenir meilleur pour l'humanité. Le pouvoir russe va jouer des muscles en Géorgie comme s’il voulait surfer sur ce moment fort et montrer que personne ne peut la faire à la Russie, même si elle n’est plus l’URSS !
Nous ne sommes plus à l’époque de Khrouchtchev ou de Kennedy où, à cause de Cuba, on a frisé une troisième guerre mondiale fatale ! Aujourd’hui, de même qu’il est entendu qu’on ne peut pas déranger la grande Chine dans ses excès au Tibet et ailleurs, on ne peut vraiment faire peur ou gêner la Russie au point de briser sa volonté de se comporter dans cette région de l’Europe, comme un seigneur sur ses terres. Ce n’est pas pour rien que la Tchétchénie a été bien vite oubliée au profit de la « real politik » et ce n’est pas parce que le Conseil de Sécurité s’est saisi de l’affaire, et que le président de l’Union européenne a proposé un règlement amiable en y dépêchant Bernard Kouchner, que les Russes seront pour autant intimidés.
Personne au Conseil de Sécurité, aux USA, en Europe et encore moins en Chine, ne pense à opposer l’argument de la force à la Russie qui use pourtant de la force. Alors, on a pitié des Georgiens car maintenant qu’ils tentent jusqu’à présent en vain de mettre l’Europe devant ses devoirs de solidarité, ils risquent de faire l’amère expérience de bien d’autres peuples en Afrique en butte à des guerres injustes qu’on a laissé se débrouiller avec seulement des tentatives de médiation et des exhortes du genre « La guerre n’est pas une solution à un conflit ». On finira même peut-être par se donner bonne conscience de ne rien faire en accusant l’impétueux et imprudent Mikhaïl Sakachvili (président de Géorgie) d’avoir bêtement cherché des noises au duo infernal Poutine/Medvedev !