La conférence internationale sur le Darfour - où l’on a oublié d’inviter les protagonistes - masque mal les rivalités des grandes puissances impérialistes dont sont victimes les populations africaines. Après avoir tenté d’imposer des corridors militaires contre l’avis des ONG intervenant au Darfour, le gouvernement français s’est rabattu sur une opération dite « humanitaire » au Tchad.
Depuis le 17 juin, un pont aérien a été mis en place à destination du camp de Goz Beïda. Si l’aide aux réfugiés tchadiens et soudanais est une nécessité, cela ne saurait faire oublier que, derrière le paravent humanitaire, l’action de la France aggrave la crise. Sur les 1 000 hommes de l’opération Épervier au Tchad, 50 sont mis à disposition pour l’opération humanitaire... mais les 950 autres continuent d’assurer la protection de la dictature tchadienne. Tant que l’armée française protégera le régime sanglant d’Idriss Déby - qu’elle a installé au pouvoir -, celui-ci pourra continuer de détourner la rente pétrolière à son profit, tandis que les Tchadiens mourront dans les camps de réfugiés.
Il pourra aussi continuer de refuser toute solution politique et toute démocratisation au Tchad. Et continuer à aggraver la crise au Darfour : le Tchad soutient les mouvements rebelles opposés au régime soudanais, qui lui rend la pareille, alimentant sans fin les exactions dont sont victimes les populations civiles du Darfour et du Tchad. La politique de la France en Afrique, c’est vraiment celle d’un pompier pyromane !