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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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Reaction de Lassem à l'article:" Cachez ces Sudistes" d'Ahmed Lyadish

La lecture de l’article de M. Lyadish paru le 06 août 2007 sur le site Ialtchad ne peut laisser indifférent aucun tchadien des deux camps.

Cet article a le mérite de lever un coin du voile sur ce qui se dit en coulisse dans chaque camp. A vrai dire, beaucoup de choses se disent des uns sur les autres. Comme le dit M. Lyadish lui-même ses affirmations ne reposent sur aucune étude scientifique. Je dirai que ses statistiques  (3 Nordistes sur 4 pensent que…) ne reposent sur aucune enquête ni sondage avec un échantillon donné. S’il y a une part de vérité dans ces constats, dans certains cas il s’agit davantage de préjugés ou d’idées stéréotypées qui se véhiculent sans réel fondement. Examinons une à une les assertions de M. Lyadish.

 

Le constat de l’omniprésence des Sudistes dans les domaines de l’administration, de la culture, des arts, des sports, des organisations internationales, etc., est indéniable. A contrario, l’on peut raisonnablement s’interroger sur la quasi-absence des Nordistes dans ces secteurs. La première réponse est que les compétences pour accéder à ces postes ou à ces qualités s’acquièrent par une solide formation sur les bancs d’école, de collège, de lycée, d’université, d’institutions et par une discipline de fer. Autrefois, les Nordistes n’avaient pas d’engouement pour l’école française apportée par la colonisation. C’est en effet grâce à l’école qu’ils fréquentaient en masse que les Sudistes se sont retrouvés nombreux dans l’administration au sens large, dans les institutions internationales, dans le sport, dans la culture. Certains rares Nordistes qui ont fait des études sur la période 1940-1979 ont également acquis une solide formation au même titre que leurs collègues Sudistes, mais malheureusement ils sont très peu nombreux et on ne peut donc les retrouver partout comme leurs compatriotes sudistes. Certains d’entre eux ont travaillé avec le régime de Tombalbaye et ont occupé de hautes fonctions dans l’administration malgré leur niveau de formation plus ou moins élevé. Les plus jeunes d’entre eux ont travaillé avec les régimes de Hissène Habré et avec celui de Déby. Ceux-là sont tout aussi compétents intellectuellement que les Sudistes (mais ceux d’aujourd’hui…). La deuxième réponse est que depuis l’avènement au pouvoir des Nordistes, la discipline et la rigueur dans les études ont disparu. Le désordre s’est installé. La réussite par la facilité est devenue la règle. Alors, pour ces Nordistes, à quoi bon s’échiner à étudier, à pratiquer le sport qui demande beaucoup de persévérance et d’effort, à se soumettre à la rigueur des institutions internationales, si l’on peut, grâce au régime, devenir riche en un temps très court. Cette facilité n’est offerte qu’aux Nordistes qui n’hésitent pas à dire aux Sudistes que ce n’est plus votre temps. Abandonnés à leur triste sort et confinés dans des tâches ingrates, les Sudistes n’ont de salut qu’en trimant dur pour réussir ou en collaborant avec les régimes nordistes pour obtenir des strapontins en terme de postes de responsabilité ou des miettes en terme d’avantages. Ceux qui préfèrent conserver leur dignité en ne collaborant pas avec les régimes dont ils désapprouvent la pratique sont condamnés à mourir à petit feu par la misère dans laquelle les régimes nordistes les ont confinés ou à tenter d’autres aventures dans les organisations internationales ou à l’étranger.

 

Comme le dit si bien M. Lyadish, grâce aux décrets de nomination, on peut fabriquer des personnalités.exclusion des Sudistes de la gestion des affaires publiques à travers les nominations est devenue tellement flagrante que la presse nationale, N’Djaména Hebdo en particulier dans son édition N° 1064 du 27 au 30 septembre 2007, s’en est fait l’écho en titrant son éditorial « Où sont passés les Sudistes ? » Aujourd’hui (en 2007 et même depuis bien avant), grâce aux décrets de nomination aux postes de responsabilité, on note une omniprésence de Nordistes aux postes de Directeurs généraux, de Directeurs de service, de Gouverneurs, de Préfets, d’Ambassadeurs, etc. Ils sont pour la plupart des jeunes que les régimes nordistes de Habré et Déby ont formés en masse dans les institutions nationales (ENAM…) et responsabilisés dans l’administration des Finances, en particulier (Trésor, Impôts, Douanes, Domaines), complétés ailleurs par des analphabètes. Conséquemment, les anciens comme les jeunes cadres sudistes sont sur la touche, sacrifiés sur l’autel de l’équilibre Nordistes-Sudistes. Si les Sudistes sont nombreux dans l’administration comme le constate M. Lyadish, leur proportion dans les postes de responsabilité n’a rien à voir avec leur nombre. Ils sont en majorité confinés aux tâches ingrates de gratte-papier pour les chefs nordistes. De même à l’Armée, devenue la chasse gardée des Nordistes (puisque c’est grâce à cette force au service non pas du peuple mais du pouvoir clanique que s’exerce la domination sur les autres ethnies, en particulier sur les Sudistes) par le jeu de nomination aux grades supérieurs, on a fabriqué une pléthore d’officiers nordistes– des colonels et des généraux  – sans formation préalable dans les écoles militaires de France, comme ce fut le cas pour leurs aînés. Cette exclusion des Sudistes de la gestion des affaires publiques à travers les nominations est devenue tellement flagrante que la presse nationale, N’Djaména Hebdo en particulier dans son édition N° 1064 du 27 au 30 septembre 2007, s’en est fait l’écho en titrant son éditorial « Où sont passés les Sudistes ? »

S’agissant de ce que M. Lyadish qualifie de « autre certitude assez négative » et selon laquelle « les Sudistes ont la couardise dans la peau », il faut reconnaître que c’est un préjugé qui s’incruste dans la conscience collective nordiste. Cette perception est à première vue juste, mais à l’analyse, elle s’avère inexacte.  Le Sudiste est de tempérament pacifique. Tuer quelqu’un est une chose hautement répréhensible chez les Sudistes, alors que chez les Nordistes, commettre un homicide est une chose banale, comportement amplifié depuis qu’ils ont le pouvoir. Le Sudiste a une cohabitation plus facile que le Nordiste qui lui est presque naturellement violent, agressif. Le Nordiste serait sans doute le plus faible et le plus couard, s’il n’avait pas toujours sur lui son couteau (et aujourd’hui son pistolet ou sa kalachnikov). A la moindre altercation avec le Sudiste, le Nordiste dégaine son couteau ou son arme à feu. Le rapport de force ne devient t-il pas défavorable au Sudiste qui n’a pas l’habitude de porter sur lui un couteau, encore moins une arme à feu ? Doit-il risquer inutilement sa vie en faisant le brave ou s’enfuir pour sauver sa vie ? A vous de juger. Contre un ennemi armé de couteau, il peut encore résister en se défendant avec un bâton (s’il en a un à sa portée), mais que peut-il contre une arme à feu ? Autre raison de ce qui paraît une couardise, c’est que le Nordiste s’appuie sur un pouvoir nordiste qui lui est favorable. Il n’est jamais puni lorsqu’il a fait du tort à un Sudiste. A supposer que le Nordiste et le Sudiste soient placés dans des conditions égales c’est-à-dire qu’aucune partie n’est détentrice d’arme blanche ou à feu, un pouvoir neutre qui ne favorise aucune partie, le Sudiste avec sa forte constitution écraserait sans nul doute le frêle Nordiste qui tire sa soi-disant bravoure de l’arme blanche ou à feu qu’il porte sur lui et du pouvoir partisan qui lui est favorable. Et puis dans l’Administration, le Sudiste « Laoukoura » qui est conscient du sentiment d’hostilité de son chef nordiste à son égard est très mal placé pour le contrarier. Certains Sudistes qui ont eu le courage de le faire l’ont payé très cher. Le Sudiste qui s’évertuerait à dénoncer les errements du Nordiste - chef ou non - se voit répondre que « ce n’est plus votre temps » tout en affichant à son égard un mépris qui n’a d’égale que la haine tenace qu’il lui porte. Ce jugement négatif qui prévaut dans l’esprit des Nordistes n’a fait son apparition que depuis que les Nordistes ont pris le pouvoir. Pourquoi les Sudistes n’étaient-ils pas des couards lorsqu’ils détenaient le pouvoir de 1960 à 1979 ? Disons-le tout haut, il y a une volonté notoire et affichée du pouvoir nordiste d’assujettir les Sudistes en les acculant dans leur dernier retranchement dans tous les domaines. Oui, au Tchad, ce ne sont pas « ceux qui savent » qui dirigent le pays, mais c’est « ceux qui sont violents, ceux qui savent tuer » qui gouvernent. C’est ça la particularité du Tchad comme le dit si bien M. Lyadish.

 

Enfin, l’affirmation selon laquelle « la même proportion (3 Nordistes sur 4) doute en revanche de la capacité des Sudistes à reprendre la gestion politique et socio-économique de notre pays » ou encore « il n’y aura jamais plus un Sudiste au pouvoir au Tchad » revient à considérer que la prise de pouvoir sera toujours régie par la lutte armée comme c’est le cas depuis 1979. Raisonner ainsi c’est accepter d’avance qu’il n’y aura plus de démocratie au Tchad, que l’alternance ne se fera que par des guerres destructrices. Et comme les Nordistes excellent dans la violence, ils se succéderont toujours à eux-mêmes au pouvoir, marginalisant ainsi les Sudistes qui ne savent pas se battre. Quelle idée rétrograde !!! Avec un tel raisonnement, le Tchad sera éternellement condamné à être à la traîne des autres nations du monde comme il l’a été jusqu’ici, car aucun développement n’est concevable dans un Etat en instabilité chronique comme le suggère l’analyse de M. Lyadish. Comment douter que les Sudistes ne soient pas en mesure de reprendre la gestion politique et socio-économique de notre pays !  Est-ce parce qu’ils en sont incapables intellectuellement, ce qui n’est pas le cas puisqu’ils ont déjà dirigé ce pays de l’indépendance à 1979, ou est-ce parce que le mode de prise de pouvoir par la guerre les en exclut définitivement ? Cette dernière hypothèse ne peut être durablement valable, puisque l’histoire montre des retournements de situation spectaculaires des peuples assujettis, car en confinant les Sudistes dans la misère, le pouvoir nordiste fabrique sans le savoir une bombe qui pourra à terme lui être fatale. Au contraire si les Nordistes grâce en partie aux complicités étrangères sont arrivés au pouvoir, ils se sont montrés incapables de gérer normalement la cité autrement que par la terreur et le pillage des ressources publiques. Sous leurs régimes on a vu apparaître des comportements les plus abjects et un désordre indescriptible dont s’accommodent mal les gens bien éduqués. Pourquoi beaucoup de Tchadiens dont les Nordistes, se réclamant Lamyfortains (de Fort-Lamy), sont si nostalgiques de cette douceur de vivre qui a volé en éclats depuis l’avènement de l’ère des combattants, c’est-à-dire à partir de 1979, date de la prise de pouvoir par les Nordistes ? Je vous laisse le loisir de deviner la réponse si évidente pour tous les Tchadiens sauf ceux à qui ce désordre profite.

 

Avant 1979, le pouvoir était détenu par les Sudistes mais ils n’étaient par pour autant arrogants et agressifs à l’égard des Nordistes avec qui ils cohabitaient à N’Djaména et dans le Sud du pays. Les Nordistes à cette époque n’étaient pas aussi agressifs ni aussi méprisants vis-à-vis des Sudistes qu’ils le sont depuis qu’ils ont le pouvoir.« Achan rial, rialen nas marago sakin ». Pour cinq francs ou dix francs les gens ont dégainé le couteau. Quelle société perverse ! Les exemples de drames de ce genre sont nombreux, très nombreux, hélas ! Nous ne citerons que les plus dramatiques : Maïbogo, Koumra, en mars 2004 ; Bébidjia, octobre 2004. Auparavant, il y avait les événements dramatiques de Pala (2004), de Bongor (1994 puis en 2005), de Doba (1993…), de Manda (2003), de Bodo (1993,  2003…), de Kouh-Mouabé (1993), de Koumra (1993…), de Sarh (1993…), de Moldoum (MK-Est, 2004), de Koloma (Kyabé, 2004), de Moïssala (2004), de Béboro (2004), de Mbaïkoro (2004), de Danamadji (1997), de Kélo (1997), de Léré (1995), de Gounou-Gaya (2003), de Moundou (1993 avec le saccage du Centre Dombao, puis 1997) etc., etc., etc. où les Nordistes utilisent impunément les armes à feu contre les Sudistes et, sans surprise, les forces de l’ordre (dominées par les Nordistes) se rangent toujours du côté des assaillants, donc contre les Sudistes. On n’a jamais connu une telle complicité entre la population civile et les forces de l’ordre contre les Nordistes du temps où le pouvoir était détenu par les Sudistes. C’est dans un tel contexte que les Nordistes qualifient les Sudistes de couards alors que le rapport de force leur est grandement défavorable ? Les Nordistes sont apparemment grisés par le pouvoir dont ils usent et abusent depuis 28 ans ! De grâce, soyez un peu plus cartésiens et plus lucides. Avant 1979, les Nordistes et les Sudistes enterraient leurs morts dans les mêmes cimetières, mais depuis 1979, les Nordistes n’enterrent plus leurs morts dans les cimetières où les Sudistes enterrent les leurs. Avant 1979, les Nordistes et les Sudistes se mariaient entre eux, mais plus de ça depuis 1979. Les Sudistes sont devenus de sales, puants (affin). La preuve de cette arrogance et ce mépris des Nordistes à l’égard des Sudistes se vérifie dans toutes les relations qui lient les deux communautés. Il suffit d’un rien pour que les Nordistes se déchaînent violemment contre les Sudistes. L’histoire récente du Tchad est riche en agressions et expéditions punitives des Nordistes contres les Sudistes dans leur propre terroir du Sud. Le plus récent événement douloureux est celui de la localité de Keuni dans la sous-préfecture de Gagal, Région du Mayo-Kebbi-Ouest, (29 septembre 2007) où pour une banale histoire de dispute sur le prix d’un morceau de savon, le commerçant nordiste allogène poignarde un garçon de 16 ans. Cela a déchenché une bataille rangée entre les autochtones sudistes et les allogènes nordistes. Evidemment, comme presque tous les Nordistes sont armés (armes à feu !), ils s’en sont allègrement servi et ont défait les pauvres Sudistes qui se sont réfugiés dans la brousse environnante. Les Nordistes ont poussé la haine et la méchanceté jusqu’au bout en brûlant les cases, les réserves alimentaires et les biens des autochtones sudistes et en emportant ce qu’ils peuvent emporter. L’Administration complaisante dominée par les Nordistes n’a rien fait pour circonscrire le problème, laissant même libre cours aux commerçants Nordistes de la localité de Beinamar à bord de trois véhicules et fortement armés de prêter main forte à leurs congénères de Keuni. Le défunt Gazonga n’avait-il pas raison lorsqu’il chantait :

 

On est surpris que le Gouvernement ne puisse rien faire pour endiguer cette propension des Nordistes à porter ostentatoirement le couteau et à l’utiliser sans le moindre remords pour poignarder leurs semblables. Vraiment il n’y a qu’au Tchad où il existe une telle pratique si sauvage et si barbare qui n’émeut pas du tout l’esprit du Gouvernement ni de l’Assemblée nationale pour non seulement empêcher le port du couteau mais punir sévèrement ceux qui s’en serviraient pour poignarder leurs semblables. Comment peut-on concevoir que quelqu’un porte une arme aussi dangereuse que le couteau ou l’arme à feu pour tuer son prochain ? Il n’y a qu’au Tchad où les autorités tolèrent ou laissent se perpétuer une telle pratique. De même qu’avec le couteau, l’escalade est allègrement franchie avec l’utilisation des armes à feu. En effet, les compatriotes du Nord si enclins à la violence, sont friands de l’arme à feu. Sans disposer d’une statistique précise, tout porte à croire que quatre Nordistes sur cinq possède une arme de guerre. Cette proportion est certainement plus élevée chez nos compatriotes du BET et de Biltine où chaque personne pourrait détenir au moins une arme de guerre, sinon plusieurs. Car les compatriotes du BET avec leurs alliés de Biltine et des régions limitrophes du Kanem, du Lac, du Batha, du Ouaddaï, du Salamat, du Guéra et d’une partie du Chari-Baguirmi (Nord), engagés depuis des décennies dans la rébellion ont détenu des armes dont le contrôle n’existe pas. Certains diraient qu’il ne s’agit là que d’une affirmation sans preuve. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer le comportement des Nordistes dans une altercation ou un conflit contre les Sudistes : Pour les tenir en respect, ils font sortir les armes de guerre soigneusement cachées dans leurs domiciles, leurs étals dans les marchés ou dans leurs véhicules. Même les enfants sont dotés d’armes à feu par leurs parents nordistes et ils s’en servent impunément dans les écoles. Les agressions provoquées par ces enfants dans les établissements d’enseignement au cours de ces dernières années est largement révélateur de l’état de déliquescence atteint dans notre société pervertie par la faute de ses dirigeants partisans et partiaux. A l’inverse, les Sudistes sont étroitement surveillés. Même s’il arrive par hasard qu’ils détiennent légalement une arme de chasse, on invente toutes sortes de subterfuges pour les en déposséder.

Conscient de ce surarmement des Nordistes qui constitue un danger public et un frein à la cohabitation pacifique des citoyens, les dirigeants du pays, depuis les deux régimes successifs  de Habré et Déby, n’ont rien fait, absolument rien, pour désamorcer cette bombe qui fait tant de dégâts aujourd’hui. Aucun député n’a osé faire une proposition de loi contre le port de couteau ou de l’arme à feu. Ce laxisme volontaire des dirigeants ou, en d’autres termes, cette permissivité sociale et cette politique de deux poids deux mesures, ont encouragé les Nordistes à une arrogance et au mépris à l’égard de leurs compatriotes sudistes. Pour un rien, on profère des menaces et des injures méprisantes du genre, « Kirdi » (mécréant) ou « kélib » (chien) ou encore « hawan da » (vilain), etc. En réalité celui qui profère ces injures n’a aucune valeur sociale et sans doute analphabète de son état. Ce qui le rend si arrogant, c’est son appartenance au clan au pouvoir out tout simplement son statut de Nordiste.

 

La tolérance des actes répréhensibles par les pouvoirs Nordistes a donné naissance à des comportements très très très dé-sa-gré-a-bles pour la vie en société dont les Nordistes eux-mêmes sont victimes et s’en plaignent. Trop tard hélas ! Ces comportements désagréables s’observent par exemple dans la circulation en ville où la discipline du code de la route est foulée au pied par les membres du clan qui poussent l’outrecuidance jusqu’à s’arrêter en plein milieu de la chaussée et de causer sans gêne avec leurs parents ou amis sans se soucier des autres usagers de la circulation qui forment une file d’attente derrière le véhicule du « prince » fièrement arrêté au milieu de la chaussée. Gare à vous si vous avez le culot de manifester votre agacement par des coups de klaxon. Notre prince descendra alors de son véhicule pour vous défier de klaxonner de nouveau si vous êtes un homme. Quand un analphabète a le pouvoir et l’argent, voilà comment il se comporte. Il constitue un danger social. Les gens bien éduqués et civilisés ne se comportent pas ainsi, n’est-ce-pas ?  Voilà le châtiment que les pouvoirs nordistes ont infligé aux Tchadiens en écartant les intellectuels (sudistes pour la plupart) et en confiant des responsabilités aux membres de leurs clans et associés (pour la plupart analphabètes). Nous avons vu, depuis le régime de Hissène Habré et continuons de voir (avec le régime de Déby) des agents de commandement (Préfets, sous-préfets,…) analphabètes, des douaniers analphabètes, des policiers analphabètes, des gendarmes analphabètes, des militaires analphabètes, des agents des eaux et forêts analphabètes,…Ces analphabètes investis de pouvoir et devenus riches, étalent une arrogance déconcertante et croient qu’ils valent mieux que les autres Tchadiens taillables et corvéables à merci . Ils expriment une haine viscérale à l’égard de tout intellectuel (sudiste notamment) qui s’adresserait à eux en français ; il aurait fallu s’exprimer en arabe vernaculaire tchadien. Tous ces comportements sont révélateurs du niveau de haine atteint entre les deux communautés Nordistes et Sudistes : recruter des intellectuels aux services précités (commandement, douanes, police, gendarmes, militaires, services forestiers) reviendrait à favoriser les Sudistes. Puisque les Nordistes, le pouvoir nordiste en particulier, n’aiment pas les Sudistes et comme chez les Nordistes il n’y a pas assez d’intellectuels, on fait avec les analphabètes nordistes et tant pis pour le pays s’il s’en porte mal !!!  Autres écarts de conduite constatés des analphabètes nordistes qui empoisonnent notre existence : la violation des sens interdits, la violation des priorités, le mauvais stationnement (sur la chaussée, aux intersections des rues ou aux angles, devant les portes cochères, etc.), l’usage des feux de route en ville la nuit, éblouissant les usagers d’en face, vitesse excessive en ville, source d’accidents fréquents, l’usage des armes dans les établissements par les enfants, l’absence de politesse dans les relations avec les autres, la violence à fleur de peau, l’intolérance à l’égard des us et coutumes des autres, l’appropriation illégale des biens et domaines publics et privés, l’incivisme, le manque de savoir-vivre, etc., etc., etc. Les auteurs de ces mauvais comportements sont hélas, dans  99% des cas les Nordistes.

 

Qui eut cru que les Nordistes qui s’acharnaient tant contre les Sudistes allaient s’entredéchirer autour du pouvoir ? Ils s’étripent quotidiennement sans que le pouvoir s’en émeuve, ni qu’une voix s’élève au sein des instances publiques pour chercher les voies et moyens de mettre fin à de tels comportements nuisibles pour la société. Depuis 2004, le Biltine et le Ouaddaï sont à feu et à sang à cause de ce comportement violent des Nordistes. Que de villages brûlés, de récoltes détruites, du bétail emporté, des femmes violées…. Quel spectacle désolant !!! Si tant est que cela s’appelle bravoure, la « couardise » dont ils qualifient les Sudistes n’est-elle pas de loin préférable ? Avec toutes les rébellions armées qui s’apparentent à un règlement de compte entre Nordistes, et une recherche effrénée du pouvoir par ceux-ci, les Sudistes assistent impuissants à cette violence qui rejaillit nécessairement négativement sur leur conditions de vie, puisque dépendants de cette entité Tchad qui se porte mal sur tous les plans. Si les deux composantes étaient un couple, le divorce aurait été préférable dans ce cas. Ceux des Sudistes qui réclament une forte décentralisation, la fédération ou la sécession, n’ont pas tort. Car, à juste titre, ils se considèrent comme pris en otage par le comportement peu convivial (euphémisme) des Nordistes, sans tenir compte du fait qu’ils produisent certainement plus que les Nordistes, mais ce sont ces derniers qui accaparent la plus grosse part du revenu national.

 

Lorsqu’on fait l’éloge de « vaillants combattants » et qu’on traite les Sudistes « d’assujettis », on fait l’apologie de la violence. Les Sudistes sont sans doute pacifiques comme beaucoup d’autres peuples civilisés à travers le monde, mais cela ne signifie nullement que les Sudistes ne peuvent pas faire la guerre. Ils l’ont d’ailleurs fait dans l’Armée coloniale française en combattant vaillamment sur les différents champs de guerre de par le monde et pendant tout le règne de Tombalbaye jusqu’à ce que les conditions favorables soient réunies pour que les Nordistes prennent le pouvoir en 1979. En effet, les Nordistes ont bénéficié du soutien permanent et massif des pays arabes pendant la période de rébellion contre les régimes sudistes de Tombalbaye et du Conseil Supérieur Militaire (CSM) de Malloum et de l’appui de la France depuis 1979. Ils ont aussi en leur faveur la topographie, c’est-à-dire le relief du terrain : les montagnes, les grottes et le désert de dunes qu’eux seuls ont la maîtrise, leur servaient d’asile dans leur guérilla contre les régimes sudistes précités. Autrement, ils n’auraient pas pu arriver au pouvoir si tôt. D’ailleurs selon les règles en vigueur dans la technique de la guerre, il y a un maximum de pertes en vies humaines à ne pas dépasser. Or dans les différentes guerres menées par les Nordistes, les pertes en vies humaines encourues sont énormes. Dieu seul sait combien ils sont morts sur les différents champs de batailles de 1963 à 2007. Pourquoi tant de sacrifice que je qualifierai d’inutile et stupide si le seul enjeu est de conserver le pouvoir au profit du clan. Malheureusement on finit par le perdre quand même et avec à la clé la persistance des rancœurs contre son clan. Depuis qu’ils ont pris le pouvoir en 1979, les Nordistes avec leur éternelle contestation et violence n’ont jamais réussi à s’entendre, sauf contre les Sudistes. A preuve, la guerre de 1980-81 entre la coalition autour des FAP de Goukouni contre les FAN d’Hissène Habré ; la guerre du GUNT contre les FAN de 1981 à 1982 ; la guerre des Goranes contre les Zaghawa en 1989 ; la guerre intra Zaghawa entre Déby et Abbas Koty… et aujourd’hui la guerre entre la famille de l’Ennedi. Toutes ces guerres intra-Nordistes en disent long sur le caractère violent et rancunier de ceux-ci. Malgré le temps qui a passé depuis, on a l’impression que les Nordistes n’ont jamais assouvi leur éternelle haine contre les Sudistes. Si en réaction à cette haine qu’ils leur portent les Sudistes en viennent à les haïr, ils accusent ceux-ci d’être haineux à leur égard. Les psychologues vous diront que c’est une réaction légitime de tout être vivant. Même les animaux les plus inoffensifs lorsqu’ils sont effarouchés et traqués finissent par devenir agressifs à leur tour ; à plus forte raison un être humain qui a des sentiments. L’égoïsme ou l’égocentrisme nous poussent à faire du mal aux autres, mais lorsqu’on est soi-même victime du mal que les autres nous infligent, on se met à crier à l’injustice.

 

Ironie du sort, la violence exercée par les régimes nordistes au début, essentiellement orientée contre les Sudistes (cf. l’expression Casser du Sudiste) a fini par embraser les Nordistes eux-mêmes. Est-ce la révolution qui dévore ses enfants ? Soyons honnêtes, les nombreux Tchadiens morts sous les régimes de Habré et Déby ne sont pas seulement des Sudistes mais également des Nordistes. Souvenons-nous des milliers de morts de Bardaï, de Zouar, de Ouadi-Doum, de Faya, de Fada, d’Oumchalouba-Kalaït, d’Arada, de Biltine, d’Iriba, de Tiné, de Bahaï, de Koulbous, de Guéréda, d’Amzoer, de Koukou Angarana, d’Abéché, de Gninguélim, de Farchana, d’Adré, de Tissi, de Goz-Beïda, de Salal, du Batha, du Guéra du Salamat, du Lac, du Kanem, de N’Djaména et de nombreuses localités que l’on ne saurait citer toutes ici. Alors à quoi bon continuer avec cette forme de « bravoure » et de s’en glorifier si celle-ci doit aboutir à la décimation des Tchadiens et des membres de sa propre famille ? Quel plaisir a-t-on de vivre seul et de profiter des délices du pouvoir sans les membres de sa famille  et dans un pays ravagé et appauvri ?  Il existe pourtant dans le milieu nordiste des hommes nobles et de grandeur d’esprit affirmée comme le Sultan Zézerti de Mao ou l’ex-président Goukouni qui aurait certainement changé le cours catastrophique des événements du Tchad, mais qui hélas ! a été éjecté du pouvoir en juin 1982. Avec le recul, l’ex-président Goukouni est devenu plus nationaliste que ses camarades du maquis promus à la magistrature suprême après son bref règne. Par ailleurs,  il est plus humain que ne le sont ses successeurs.

 

Tout est mis en oeuvre pour étouffer les Sudistes. Des manoeuvres de harcèlement des hommes d’affaires sudistes sont exercées par les responsables nordistes au niveau des Marchés publics, de la douane, du fisc, des barrières routières, etc. Les places aux concours et examens sont regardées à la loupe au détriment des Sudistes. Les bourses sont attribuées prioritairement aux jeunes Nordistes et au détriment des jeunes Sudistes. Les nominations aux postes de responsabilités sont fonction de l’appartenance régionale. Les avancements en grade au sein de l’armée sont fonction de l’appartenance ethnique. Il ya des milliers de jeunes Sudistes titulaires de bac, de licence, de maîtrise, etc. qui chôment, mais le pouvoir recrute des analphabètes à la douane, à l’armée, à la gendarmerie, parce que ces diplômés chômeurs sont des Sudistes. Quel gâchis ! Jusques à quand durera cette ségrégation au détriment des Sudistes ? En principe les Nordistes doivent avoir assouvi leur haine contre les Sudistes si tant est que leur hargne procède de la « vengeance ». N’ont t-ils pas assez décimé les Sudistes depuis 1979, n’ont-ils pas assez profité des délices du pouvoir comme ils le reprochaient aux régimes sudistes ? N’ont-ils pas assez exercé d’injustice à l’égard des Sudistes comme ils le leur reprochaient ? Une nation peut-elle se construire sur la base d’une haine entre ses communautés ? Mêmes les Etats Unis et l’Afrique du Sud qui ont exercé la ségrégation à l’égard des Noirs n’ont-ils pas assoupli la discrimination et leur ont accordé des faveurs et des droits qui leur étaient déniés au temps de la ségrégation raciale et de l’apartheid ? Pourquoi les Nordistes (sauf les Arabes blancs) qui appartiennent à la même race noire que les Sudistes ont-ils une haine si tenace à leur égard ? Pourquoi nous détestons-nous les uns les autres ? Ne sommes-nous pas tous des créatures de Dieu ? Ne sommes-nous pas des croyants en ce Dieu qui a horreur du mal et que nous prions tous les jours, et adorons tous les vendredis et tous les dimanches ? Posons-nous toutes ces questions et réfléchissons sur le mobile de nos actions. Il est vrai que des erreurs ont été commises de part et d’autre, mais devrions-nous continuer à les perpétuer aussi longtemps que possible ? Nous avons certainement plus intérêt à cohabiter pacifiquement qu’à nous entredéchirer. Personne, Nordiste comme Sudiste, n’est un saint. Nous sommes tous des humains avec nos défauts et nos qualités. Mais le milieu social et culturel dont nous sommes issus, l’éducation que nous avons reçue dans notre jeunesse, et surtout la politique pratiquée par les dirigeants à la tête du pays (partisane ou neutre) déterminent en grande partie le type d’hommes que nous sommes (pacifiques, violents, travailleurs, paresseux, disciplinés, inciviques, etc.) et le type de pays auquel nous appartenons (stable, instable, riche, pauvre, juste, injuste, organisé, désordonné, inégalitaire, corrompu, etc.). Le Tchad a plutôt la palme des critères négatifs autant au niveau des individus (violents, paresseux, indisciplinés, inciviques…) qu’au niveau de l’Etat (instable, pauvre, désordonné, corrompu, inégalitaire). Quel  est le Messie, le grand homme noble, qui viendra au pouvoir pour délivrer les Tchadiens ? Lassés par la guerre et les souffrances endurées depuis des décennies, je suis sûr que les Tchadiens dans leur ensemble recherchent ardemment un tel homme à la tête du pays.

 

Le rôle de l’Etat est très important dans l’éducation des masses et même dans la moralisation des citoyens. Il doit être neutre, objectif et impartial dans le traitement des citoyens puisqu’il est le seul garant de l’unité du pays. Mais malheureusement l’Etat est incarné par des hommes et des dirigeants qui ne sont pas au-dessus de la mêlée et qui prennent eux-mêmes la tête de la croisade d’une partie du pays contre l’autre partie. Sans défense, les citoyens sont contraints, au niveau des individus, de se défendre eux-mêmes, et au niveau du groupe, d’entrer en rébellion pour rétablir l’équilibre des forces et ainsi se faire respecter. Le conflit Tama-Zagawa avec les FUC en est l’exemple-type. Tant que les Laoukoura ne s’imposeront pas par la rébellion comme les Nordistes, ils ne serviront qu’à « préparer et servir le thé aux vaillants combattants et il n’y aura plus jamais un Sudiste au pouvoir au Tchad ». A bas la démocratie, à bas la paix au Tchad. Voilà le message que suggère l’article de M. Lyadish. Dommage ! Un changement de mentalité est sans doute nécessaire à la survie du Tchad et à son émergence sur la scène internationale. Les artistes ont beau chanter que « djama yé talou taloutalou talouanina koulou sawa »« al inda sakin bakta foga laham » (que celui qui possède un couteau l’utilise pour couper la viande ; sous-entendu non pour en poignarder autrui) ou encore « al inda boundouk banti hakouma » (que celui qui possède une arme de guerre la donne au Gouvernement). Tout cela n’émeut guère l’esprit émoussé de nos compatriotes ni celui de nos dirigeants qui s’enfoncent de plus en plus dans la division et la violence puisqu’aucune sanction ne leur est appliquée. Même si l’on remettait les armes au Gouvernement elles seront placées entre les mains des responsables militaires partisans qui non seulement s’en serviront comme bon leur semble mais, pire, les refileront encore à leurs parents pour sévir contres les autres Tchadiens, servir de coupeurs de route, etc. On est là dans un cercle vicieux dont on en sortira que par la mise en place d’une armée véritablement neutre, au service de la nation et non d’un régime, et d’un gouvernement légitime et soucieux du bien-être de l’ensemble des Tchadiens. (population, venez, venez, nous sommes tous égaux), ou

 

Il y a en Afrique des pays avec des composantes musulmans-chrétiens (Burkina, Mali, Guinée, Sénégal, Côte-d’Ivoire,…) mais dont les rapports ne sont pas aussi exécrables qu’au Tchad. L’on se demande pourquoi cette particularité du Tchad. La paix durable ne se fait pas par le sang, l’asservissement et l’humiliation des autres, là pousse plutôt la haine. Il nous faudra de part et d’autre un peu de hauteur d’esprit et faire nôtre la règle d’or de la vie en société : Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. C’est aux dirigeants et aux cadres d’imprimer un tel comportement au reste de la société.

 Nangtoudji Lassem, le 25 octobre 2007

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T
Lyadish n'a fait que dire tout haut ce que tout nordiste pense tout bas. Je vous invite à lire l'extrait suivant puisé de l'interview récente de Nouri. J'espère qu'après ça, vous continuerez toujours à les singer, à vous habiller comme eux.<br /> Aljazeera: Idriss Déby accable le Soudan, l'Arabie Saoudite, les États du Moyen-Orient de vous soutenir. Quelle est votre réponse à ces accusations?<br /> Mahamat Nouri : Ma réponse est la suivante : le Tchad est un pays africain de culture arabo-musulmane, nous avons des traditions et des relations très anciennes avec le Soudan et les autres États arabes. Ces relations ne datent pas d’aujourd'hui et sont profondément enracinées dans l'histoire. Les accusations de Déby contre nous s’appuient sur ces relations séculaires d’une part et d’autre part sur les prétendues conséquences des effervescences politiques du monde islamo-arabe sur la géopolitique tchadienne voire la sous-région africaine.<br />  <br /> Nous sommes aussi sensibles aux préoccupations des pays arabes voisins de ce qui se passe à leurs frontières. Le Tchad est un pays africain de traditions Arabo-musulmanes. Nous souhaitons que la synergie des efforts diplomatiques de l’Afrique, d’Europe et du monde Arabe puisse permettre de trouver une solution pérenne de paix au Tchad.
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T
En surlignant les parties que vous avez soigneusement choisies, vous laissez apparaître votre véritable sentiment face aux nordistes. Vous n'êtes pas le "nationaliste" qu'on a compris. Vous êtes un petit sectaire qui cherche coûte que coûte à exister en faisant tantôt des déclarations insensées tantôt des remarques propres aux petites gens. Nordistes ou Sudistes, nous sommes obligés de vivre ensemble dans ce pays et nous y vivront ensemble n'en déplaise aux gens comme vous Michelot  ou lyadish qui ne vivent leur appartenance au Tchad ou leur communauté que par internet. Restez dans votre europe et laissez-nous vivre en paix.
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