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Infiltration et distraction des fonds, le clan Itno instrumentalise le programme américain de sécurité basé au Tchad. Le Département d’Etat américain attend des explications.
Des révélations filtrent. Au sein du cercle présidentiel, c’est plus la grande sérénité : Le Pan Sahel Initiative (PSI), programme américain de sécurité dans la région sahélienne, a été détourné de ses missions. Loin de lutter contre le terrorisme des extrémistes du groupe salafiste, les troupes du PSI sont mises à contribution pour la garde rapprochée de Deby. Des éléments de ce bataillon d’élite formé par l’armée américaine ont été détachés pour combattre les troupes de l’Alliance Nationale. Révélations d’un élément qui a déserté le PSI et rejoint l’Alliance Nationale.
Cl Djomo Abakar Yousouf, élément du 1er bataillon 10ème groupe de forces spéciales aéroportées, et une trentaine d’hommes à bord de deux véhicules estampillés PSI ont rejoint les rangs de l’Alliance Nationale (AN). Ils dénoncent la distraction du budget versé par le Département d’Etat américain par le clan Deby
Lancé en novembre 2002, le Pan Sahel Initiative a été initié pour aider le Mali, le Niger, la Sierra Leone, le Tchad, la Mauritanie et l’Algérie dans la détection et neutralisation circulations suspectes de personnes et des marchandises au sein de leurs frontières par la formation, l'équipement et la coopération. Il a pour objectifs l'appui de deux US intérêts de sécurité nationale en Afrique: mener la guerre contre le terrorisme et le renforcement de la paix régionale et la sécurité.
Le département d’Etat a versé depuis 2002 près de 100 millions de Dollars. Une manne détournée par Deby en nommant Abdraman Youssouf Meri le nouveau coordonnateur tchadien, proche du clan Itno. Attiré par le volume du financement américain, Idriss Deby a limogé l’ancien coordonnateur Le Commandant Abdel Wahab afin de contrôler les fonds destinés aux hommes du PSI.
Dans les rangs, c’est la grogne. Les émoluments et les indemnités ne sont pas versés à la hauteur de l’enveloppe destinée au contingent tchadien du Pan Sahel Initiative’s Global War on Terrorism. Des hauts gradés de cette unité avaient déjà claqué la porte en février 2008.
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La dissidence conduite par Djomo Abakar Youssouf et la démission d’Abdallah Issa Djorou et du Cdt Abakar trouvent leur essence la nouvelle configuration des missions du PSI. L’atterrissage forcé d’un Itno aux commandes traduit le dessein inavoué de Deby de transformer les troupes formées par des militaires américains en milice personnelle.
« Des ordres du président nous ont été clairement transmises. Nous étions sommés d’assurer désormais la garde rapproché d’Idriss Deby. Des menaces ont été brandies contre certains comme moi qui refusaient d’exécuter les directives données par la présidence ». Djomo Abakar Youssouf évoque ainsi l’instrumentalisation d’un programme chargé de mettre hors d’état de nuire les réseaux terroristes qui prospèrent dans le Sahara.
A l’ambassade américaine à N’djamena, les diplomates et les militaires américains en charge du Pan Sahel Initiative sont loin de s’imaginer les combines et les manœuvres orchestrées par Idriss Deby. Informé, un diplomate sous le couvert de l’anonymat a déclaré laconiquement « Nous allons mener nos investigations et établir les responsabilités ».
Idriss Deby a depuis lors perdu le sommeil. Le dictateur tchadien pensait avoir une autre corde sécuritaire à son arc. L’opération Epervier, l’Eufor ; la coupe aurait pu être pleine avec les éléments du Pan Sahel Initiative.
Et dire que Deby doit à présent rendre des comptes au Département d’Etat américain. Dans le cercle militaire présidentiel, l’humeur est lourde. Des promotions – sanctions sortiront des tiroirs du Pentagone. Les Itno sont dans le viseur de Washington. Que peut faire Hervé Morin pour sauver le soldat-Deby ?
La Rédaction de tchadvision