Disaster
A quatre mois de son départ, Kofi Annan a donné une conférence presse dans la 226, la salle du Noon briefing. Il n’a pas mâché ses mots.
"Très franchement, la plupart des dirigeants avec lesquels j’ai parlé pensent que l’invasion de l’Irak et ses conséquences ont été un véritable désastre", faisant référence à sa tournée au Moyen-Orient. "Ils estiment que c’est un facteur de déstabilisation pour la région".
Désastre encore. "Si les forces de l’Union africaine quittent le Darfour et si nous ne pouvons pas déployer une force de l’ONU pour la remplacer, nous courons au désastre".
Kofi Annan a aussi estimé qu’on ne pouvait rien faire sans le consentement du Soudan. C’est la raison pour laquelle il a supplié tous les pays qui avaient de l’influence sur Khartoum de faire pression. On pense évidemment aux pays musulmans. On pense aussi à la Chine.
Mais, pour la première fois, il a avoué que si le Soudan donnait son consentement, se poserait le problème des troupes. "Les gouvernements continuent de nous dire qu’ils sont au maximum de leurs capacités. Regardez les difficultés que l’OTAN a pour obtenir les 2 500 hommes supplémentaires en Afghanistan". Il a fait le décompte : 160 000 hommes en Irak et, avec le Liban et le Timor, bientôt 100 000 casques bleus déployés.
A la question de savoir s’il fallait former une coalition de forces pour venir en aide aux populations du Darfour, il a répondu que, de toute façon, il n’y aurait pas de pays pour y participer. Car les Soudanais exploitent le thème de l’invasion américaine en Irak en disant "si vous voulez un autre Irak, venez".