Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!
"Qu’on ne me raconte pas d’histoires. Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri... Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre ! Vous croyez que le corps français peut absorber 10 millions de musulmans qui, demain, seront 20 millions, et après demain 40 millions ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-églises, mais Colombey-les-deux-mosquées." Général de Gaulle
« Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. [...] on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Elysée tous les jours. Vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres ici. [...]. Et puis, cela n’a aucune espèce d’intérêt. Foutez-moi la paix avec vos nègres. Je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Elysée. Et puis, je vous assure que c’est sans intérêt. » Général de Gaulle
Maintenant voyons comment ce même "machin" de de Gaulle, 20 ans plutôt, fuyant les nazis, versait des larmes de crocodile en direction de l'Afrique et des africains.
« L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non ! Rien n’est perdu pour la France […] car la France n’est pas seule ! Elle a un vaste empire derrière elle. La guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis…Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».
Dès septembre 1940, le général de Gaulle sauta dans l'avion pour venir se jeter en larmes dans les bras de Félix Eboué, gouverneur général de l'Afrique Equatoriale Française (AEF) . Ici, à l'aérodrome de Brazzaville, septembre 1940. éditions ELF, 1946. Il n’y a donc aucun doute que Félix Eboué est appelé à devenir la pièce maîtresse de la résistance gaulliste en Afrique noire. Dès le 26 août 1940, le Tchad, sous l’autorité de Félix Eboué, crée le premier ralliement à de Gaulle. Le 27 août, c’est au tour du Cameroun de soutenir de Gaulle. Ces deux territoires seront immédiatement suivis du Congo et de l’Oubangui-Chari. Voilà comment de Gaulle va obtenir une véritable assise territoriale pour organiser physiquement la résistance. C’est aussi dans ces territoires, que la France Libre va bénéficier d’importantes ressources économiques pour continuer le combat et nourrir son armée. Le Cameroun va ainsi fournir de l’or et du caoutchouc à travers les mines de Bétaré-Oya et les plantations de l’hévéa de Disangué. Le même Cameroun fournira des produits vivriers destinés à l’exportation et à l’alimentation des soldats. En quelques mois, ce pays va devenir le poumon économique de la France Libre.
Des femmes et de nombreux adultes seront réquisitionnés dans les plantations de café ou de banane pour le compte de la France Libre. Certains colons profiteront d’ailleurs de cette mobilisation pour imposer un rythme de travail infernal aux populations. Le colonel Raymond Dronne, administrateur en poste au Cameroun et commandant d’une compagnie de police dans le territoire durant l’été 1940 admet que: « Le Cameroun était le moins pauvre des pays de l’Afrique Française Libre. C’est celui qui a fourni le maximum d’efforts en matière de production et en matière économique ». En vérité, en dehors du Cameroun, presque tous les pays d’Afrique Centrale (Tchad, Congo, Oubangui-Chari) ont contribué à l’effort de guerre. Brazzaville, l’actuelle capitale du Congo, sera la capitale officielle de la France Libre.
La personnalité la moins évoquée dans ce formidable mouvement de résistance française en Afrique est incontestablement Félix Eboué. C’est pourtant lui qui a été la véritable cheville ouvrière du prestige de la France Libre.
À l’époque, les recrutements des Africains se faisaient de façon méthodique. Tous ceux qui ont été recrutés dans les rangs de la France Libre l’ont été sur la base de critères précis. Par exemple, parmi les Sénégalais, l’armée française préférait recruter les Wolofs et les Lebous pour leurs qualités guerrières. Chez les Guinéens, les Soussous étaient les plus sollicités. Pour les Ivoiriens, les Français choisissaient les Baoulés, les Bétés et les Sénéfos. Ils considéraient ces derniers comme de très bons marcheurs. Malgré ces préférences, l’armée française, dans son ensemble, a bénéficié de l’engagement et de la mobilisation de l’Afrique, des Antilles, de Madagascar et de l’Indochine pour vaincre l’occupation nazie. Seulement, depuis 60 ans, les livres d’histoire peinent à le dire, à l’expliquer, à le démontrer.
Il s’agit pourtant d’une page incontestable de l’histoire de secondaire guerre mondiale qui mériterait d’être enseignée à tous les enfants de France et d’Afrique. Une histoire qui gêne encore la République française autant que les Etats africains alors qu’en définitive, elle honore l’humanité toute entière face au racisme et à la barbarie nazie.