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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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No comment, wait and see!

Tchad:Peut-on faire partir Deby par les urnes ?
 Par Gangnon DJINTA NGARDAM

Cette question ne mérite peut-être même pas qu’on se la pose tant la réponse semble évidente. Non ! Déby est indéboulonnable par les urnes : pour preuve, les simulacres d’élections déjà organisées au Tchad avec leurs cortèges de fraudes et autres falsifications des résultats sont là pour nous faire désillusionner du contraire. Chapitre clos ! Une réponse typiquement tchadienne et largement satisfaisante pour nos pauvres esprits. Circulez monsieur, il n’y a rien à voir.

Cependant,à rebrousse poil de cette évidence, nous doutons du contraire. Nous voudrions servir à l’appréciation du lecteur quelques arguments glanés ça et là qui font que d’aucuns pensent que Deby est indéboulonnable par les urnes avant de vous proposer les raisons qui nous font croire qu’on peut bel et bien faire partir Deby par les urnes.

Pourquoi Deby est-il indéboulonnable par les urnes ?

En règle générale,la majorité des tchadiens aspirent au changement néanmoins quand on leur demande ce qu’ils veulent changer et comment le faire, on se rend compte en fait que beaucoup ne prennent réellement pas conscience de ce que recèle ce mot de changement. Nous croyons naïvement que le changement à la tête du pays sera la réponse à nos maux or nous avions connu plusieurs alternances au sommet de l’Etat sans pour autant que le cancer tchadien ne trouve de remède adéquat.

Les maux qui nous minent et qui profitent à Deby sont nombreux. Mis à part, l’argument de fraude massive,nous avons pointé entre autres :                               


      -  Le concept de l’homme indispensable                  
      -  L’image négative attachée à la politique et au politique      
      -  La malédiction des Yo ou le concept du sacrifice des autres pour le bien
         de soi.


Qui sont les handicaps majeurs pour venir à bout de Deby par les urnes. En effet, l’homme indispensable est un  homme qui croit et le fait croire aux autres que sans lui rien ne peut marcher. Et pour notre grand malheur, cet homme est omniprésent à tous les échelons de la société tchadienne.Il est le seul intellectuel et riche de la famille ou ressortissant de son village qui supporte toutes les charges, il est le collègue qui est le seul à maîtriser telle ou telle machine, il est l’enseignant qui jalouse la réussite de ses enseignés car ne voulant pas avoir un concurrent dans son domaine,il est le chef de parti politique dont l’absence paralyse toutes les activités du parti, il est le président de la république qui croit que sans lui le pays  sera dans le chaos.

L’homme indispensable se croit une sorte de bonhomme providence, oint par Dieu pour commander aux autres. Mais quel rapport avec notre sujet ? Nous y sommes : l’homme indispensable ne croit pas à la relève par conséquent avec lui il n’y aura pas d’alternance.Il est comme Dieu personnifié.Pas de partage du pouvoir.

Une petite remarque:faites un tour chez nos partis politiques dits d’opposition ou chez la société civile ou pire à l’Est, une même constance va vous frapper ; l’absence quasi totale d’alternance.Toutes ces entités sont dirigées pour la plupart par des hommes indispensables qui refusent de faire la place aux autres. Ces élus de Dieu oublient que ce n’est qu’une flammèche qui provoque de grands feux, ils attendent de devenir président de la république avant d’être démocrates, il n’est que normal que la somme de ces petits hommes providentiels accouchent demain des despotes éclairés tels les Deby,Bongo,Biya, Obiang, Nguesso…et j’en passe.

La deuxième plaie très présente dans le subconscient tchadien est la négativité subjective attachée à la chose politique. Pour la plupart des tchadiens, politique rime avec malhonnêteté, trahison, crime, enrichissement illicite…bref on ne peut faire la politique sans avoir les mains sales. Peut-être, à juste titre.Cependant, cette appréhension de la politique le vide de son sens noble qui est l’art de  gérer la cité. Par conséquent, au lieu de faire figure de personne de référence, le politique tchadien est assimilé au mal incarné.Cela a comme corollaire l’absence d’engagement de la plupart des jeunes tchadiens dans l’action politique si bien que ce champ est occupé par les mêmes dinosaures semble-t-il qui ont échoué sur tous les plans sauf celui de convaincre la jeunesse comme quoi faire la politique est une des pires choses qui puissent exister.Faites un tour dans Moursal, vous allez rencontrer des jeunes libres penseurs aux panses remplis d’alcool capables de vous sortir des théories politiques dignes de grands penseurs de l’histoire de l’humanité mais vous serez déçu si vous leur demandez dans quel parti ou avec quel groupe ils militent pour défendre leurs idéaux.

La jeunesse tchadienne est aux antipodes du militantisme politique car la société l’a convaincue que faire la politique est sale. Par conséquent, cette jeunesse fait figure de spectateur passif aux événements qui rythment pourtant sa vie quotidienne. Apte à critiquer mais incapable d’agir, cette jeunesse est loin de pouvoir se mobiliser à l’ivoirienne pour ne serait-ce qu’avoir son mot à dire dans les prises des décisions importantes. Cette absence permanente fait que ce sont les éléments les plus médiocres qui sont coptés par la vieille garde et qui pour la plupart  n’arrivent pas à proposer des solutions nouvelles pour sortir notre pays de l’impasse. Cela nous fait dire combien cette assertion de Edmund Burke trouve son champ d’application au Tchad :« quand les hommes de bien croisent les bras, le mal triomphe » Eh ! Oui, la jeunesse tchadienne croise les bras, et hélas, le mal, symbolisé par Deby et consorts, a de beaux jours devant lui.
La troisième plaie est la malédiction des Yo (Yo comme Yokabdjim, Yoadoumnadji) ou le sacrifice des autres pour le bien-être de soi.

En fait, il s’agit d’un billet paru dans un des journaux de la place cité il y a peu par Belemgoto Macaoura que je salue en passant qui prenait la défense des Yo par rapport au sacrifice ultime qu’on attendait d’eux pour le changement par les urnes alors qu’ils avaient pour sauver leur peau proclamé les résultats qu’ils savaient faux.


En fait, ce billet met en exergue ce on ne sait quoi inhérent à notre nature et qui veuille que ce soit toujours les autres qui paient le prix fort pour le changement que nous souhaitons pour notre bien-être. Or, nous savons tous que toute lutte pour un changement a son prix mais le tchadien en général veut le changement sans payer l’addition. La route du changement pullule d’hécatombes l’a si bien exprimé Yeleen, mais nous au Tchad, on veut que ce soit toujours les autres qui paient pour notre bien à nous tous.C’est ça le paradoxe que le billet précité avait révélé mais que Macaoura n’a pas bien compris dans sa sortie contre Yogombaye-l’avocat cyber-défenseur de Habré.

La route du changement au Tchad pullule donc d’hécatombes et cela va continuer encore longtemps si nous n’exorcisons  cette malédiction des Yo. Quand il y a une mobilisation autour d’une cause commune,c’est tout le monde qui doit sortir pour exposer sa poitrine au plomb.Deby peut en tuer quelques uns mais pas tout le monde. Aucune force au monde ne peut venir à bout de la volonté d’un peuple. Yokabdjim avait en son temps lancé un SOS de mobilisation de la part des tchadiens afin de lui permettre d’annoncer les vrais résultats des élections présidentielles de 2001. Nous ne l’avions pas compris ou nous l’avions laissé gérer seul le fardeau Deby et maintenant nous l’accusons de ne pas s’être sacrifié pour nous.Brahim SELGUET emporté par la chaleur de plomb pour notre bien à nous tous. Commémorons-nous son assassinat? Avons-nous demandé à traduire en justice ses assassins connus de tous ? Et l’honorable Ibn Oumar Mahamat Saleh assassiné parce qu’il défendait un idéal pour notre bien à nous tous, allons-nous sortir massivement le 06 Février prochain demander à Deby sa dépouille, allons-nous exiger que son nom soit gravé dans le panthéon des martyres tombés pour la démocratie  tchadienne?

Nous devinons aisément les réponses à ces questions. Sommes-nous si malins ? Non, bien sûr, nous sommes tous atteints de la malédiction des Yo.


Pour clore, trouver un contre poison à ces handicaps, c’est ouvrir la voie à la mobilisation générale qui fera partir Deby aux prochaines élections tant législatives que présidentielles. Qui dit mieux ?


Pourquoi peut-on faire partir Deby par les urnes ?

A suivre…

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