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Dans son ensemble, le gouvernement choisi par Obama est à l'imageObama, fin de l'acte I. Un mois et demi après son élection, le futur président américain a achevé vendredi la première phase de la transition. Avec l'annonce des deux dernières nominations à son gouvernement, il a respecté son engagement d'aller vite, réussissant à boucler ce processus en un temps record, depuis trente-deux ans. Et sans fausse note, si l'on excepte le scandale du gouverneur de l'Illinois.
Bien que Rod Blagojevich ait cherché à «vendre» le siège d'Obama au Sénat, la Cour suprême de Springfield ne lui a pas enlevé ses prérogatives. Selon l'historien de l'université de Princeton Julian Zelizer, c'est « l'une des transitions les mieux organisées et les mieux préparées que nous ayons vues ».
Aujourd'hui, la famille Obama doit quitter Chicago englouti sous la neige et s'envoler vers Hawaï pour les vacances. Apparu les traits tirés lors de ses dernières conférences de presse cette semaine, le président élu pourra décompresser après un mois et demi de transition menée tambour battant et près de deux ans de campagne éreintante. Il doit rester une dizaine de jours dans l'archipel du Pacifique où il est né et a grandi. Un séjour entièrement privé qui comprendra un hommage à sa grand-mère décédée la veille de son élection.
À leur retour sur le continent début janvier, les Obama devraient mettre le cap sur Washington. Les petites Malia et Sacha y effectueront leur rentrée des classes. La famille résidera probablement à l'hôtel avant la cérémonie d'investiture du 20 janvier. Depuis son élection, le 4 novembre, Obama travaillait avec son équipe dans un hôtel de Chicago, son fief électoral.
C'est là qu'il devait tenir vendredi après-midi sa dernière conférence de presse, annonçant la nomination de la représentante californienne, Hilda Solis, comme secrétaire au Travail, du maire de Dallas, Ron Kirk, comme représentant américain au Commerce et du républicain de l'Illinois Ray LaHood au secrétariat aux Transports.
Ainsi, la Latino Hilda Solis est très appréciée des syndicats, à l'opposé de Ron Kirk, fervent défenseur de l'accord de libre-échange nord-américain, qu'ils critiquent. Ray LaHood est pour sa part le deuxième républicain de l'équipe, avec Robert Gates, secrétaire à la Défense de Bush maintenu à son poste. Les écologistes y trouveront aussi leur compte, avec plusieurs noms favorables à leur cause.
En choisissant une équipe éclectique de rassemblement, Obama a voulu rassurer et donner une tonalité modérée à son gouvernement, à l'image de son héros, le président Abraham Lincoln. Au risque de décevoir ses partisans les plus à gauche. Après une campagne centrée sur l'idée de changement, d'aucuns regrettent que près de la moitié des postes reviennent à d'anciens ou actuels responsables gouvernementaux. Pour le blogueur David Sirota, c'est un « cabinet d'establishment ». Même Bush a complimenté les choix de son successeur.
Le plus spectaculaire aura bien sûr été celui de sa rivale démocrate Hillary Clinton aux Affaires étrangères. Celle-ci s'est rendue jeudi en visite dans son futur ministère - où elle doit encore être confirmée par un vote du Congrès en janvier. Des doutes se sont élevés sur le risque de conflits d'intérêts avec les activités de son mari Bill. Sa fondation, qui lutte contre la maladie, la pauvreté et le changement climatique, a révélé jeudi la liste de ses 200 000 donateurs, parmi lesquels figurent des États dont l'Arabie saoudite, Oman, le Qatar, le Koweït ou Bruneï.
Plusieurs autres clintoniens font partie de la nouvelle équipe, comme Larry Summers, premier conseiller économique de la Maison-Blanche. Sur le plan économique, les nominations ne sont pas de nature à effaroucher Wall Street, à l'image de Timothy Geithner, actuel président de la Fed (Réserve fédérale) de New York au Trésor, l'un des responsables de la décision de laisser faire faillite la banque Lehman Brothers en septembre. Dans son ensemble, le gouvernement est à l'image du pays, avec quatre Noirs, trois Hispaniques et deux Américains d'origine asiatique.