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Non satisfaits de souiller les cimentières des carrés musulmans, les français brûlent les Mosquées: c'est le début des nuits de cristal?La colère domine samedi soir dans la communauté musulmane lyonnaise, après le début d'incendie d'origine criminelle qui a endommagé la mosquée de Saint-Priest, dans la banlieue sud-est de Lyon. Une manifestation est prévue dimanche à 15h, pour dénoncer une "montée du racisme et de l'islamophobie". Le feu s'est déclaré sur la porte d'entrée de la mosquée, et "ne s'est pas propagé". Les seuls dégâts à l'intérieur ont du coup été "causés par les fumées". Toutefois, un photographe de l'AFP a pu constater qu'une bibliothèque était contiguë à la porte incendiée et a vu une brouette pleine de livres religieux brûlés...
Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, accompagné de la maire de Saint-Priest, Martine David (PS), s'est rendu sur place. Interrogé par l'AFP, il a violemment dénoncé la montée du racisme et de l'islamophobie. "Après les tombes musulmanes profanées près d'Arras, après la mosquée de Meyzieu, jusqu'où ira-t-on?", a-t-il ajouté, évoquant la profanation début décembre de 500 tombes du carré musulman du cimetière Notre-Dame-de-Lorette, près d'Arras (Pas-de-Calais) et celle de la salle de prière de la mosquée de Meyzieu (Rhône) en août dernier.
Partis politiques et associations ont été nombreux à réagir. Le président du Conseil français du Culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a condamné cet incendie "avec la plus grande vigueur" et "appelé les autorités à tout mettre en oeuvre pour arrêter les auteurs de cet acte criminel".
De son côté, la Grande Mosquée de Paris a condamné "avec force cet acte criminel qui provoque une fois de plus une profonde émotion dans la communauté musulmane nationale et un sentiment croissant d'islamophobie qui ne fait que s'aggraver, profanation après profanation des lieux symboliques et sacrées de l'Islam de France".
"Cet acte, qui prolonge d'inquiétants et répétés passages à l'acte, confirme l'enracinement de cette forme de racisme qu'est l'islamophobie, et dont l'impunité des auteurs concourt à sa banalisation", a déploré dans un communiqué le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). "Si l'acte criminel est bien confirmé, c'est, une nouvelle fois, après les profanations du cimetière de Notre-Dame de Lorette, un acte ignoble de racisme et de refus de l'autre", a affirmé quant à elle la première secrétaire du PS, Martine Aubry, dans un communiqué.
"Ce nouvel acte inqualifiable doit être solennellement dénoncé et ses auteurs démasqués et sévèrement condamnés. De tels agissements portent atteinte de manière intolérable a nos principes démocratiques et républicains fondés sur la tolérance et la liberté de croyance et de culte", a réagi pour sa part Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP.
Une association musulmane lyonnaise, la coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI), a quant à elle souligné que les profanateurs du cimetière de Notre-Dame de Lorette "(couraient) toujours, comme la plupart de ceux qui ont commis des actes islamophobes ces dernières années". Enfin, le ministère de l'Intérieur a confirmé le caractère "criminel" du sinistre. "Tous les moyens nécessaires, notamment de police technique et scientifique, sont mis en oeuvre pour retrouver au plus vite les auteurs de cet acte lâche et intolérable", a assuré le ministère dans un communiqué. La police lyonnaise a annoncé pour sa part avoir trouvé "un certain nombre d'éléments" sur place, à même de faire avancer l'enquête sur cet incendie criminel.