Quelques jours plus tard, j’ai appris, toujours par Tchad-Info.net de Mohamed Kebir, l'exclusion de Charfadine pour «haute trahison». Interrogé en sa qualité de représentant de l'UFCD pour la France et l'UE, Mohamed Kebir n'hésite pas à affirmer qu'il n'a pas à exposer les faits qui sont reprochés à Charfadine, mais fait la confidence que celui-ci aurait rencontré à Paris le beau-frère du Président Déby. Surprenante réponse dans la bouche de celui qui ne cesse d'affirmer, à l'instar de Hassaballah, que le dialogue doit être permanent et inclusif. Lorsque je soulève la question des contacts téléphoniques de Hassaballah avec le président Déby, via un certain Abdelrazik Idriss (+88 216 21444488 +235 9920272), réputé proche de Déby, Kebir confirme ces contacts et les justifie par la nécessité, pour l'UFCD, de rallier à sa cause les alliés de Déby. J'en déduis que le beau-frère de Déby n'est pas un allié de Déby, je lance une boutade: « Mais, Kebir, Charfadine, voulait peut-être rallier la femme de Déby à l’UFCD : pourquoi n’en aurait-il pas le droit ? Kebir ne relève pas, ne comprend pas. Je lui fais enfin noter que si Hassaballah à condamné Charfadine, c'est bien lui qui, en publiant la décision, a procédé à son exécution, commettant ainsi une grave atteinte à l’honneur sans en justifier aucunement.
Par communiqué de presse qu’il nous a adressé, Charfadine conteste cette exclusion qui n'aurait pas respecté les statuts de l'UFCD: «Le colonel Adouma Hassaballah m’accuse de haute trahison sans préciser laquelle. Je rappelle que la décision de mon exclusion est totalement arbitraire, contraire à l’article 38 sur les modalités d’adhésion et d’exclusion fixées par le règlement intérieur de l’UFCD; elle viole l’article 44 qui stipule que l’exclusion est prononcée par le congrès sur proposition de l’organe dont relève le membre défaillant.»
En effet, la décision publiée dans Tchad Info.net ne donne aucune précision quant aux faits reprochés à Mahamat Charfadine. Et celui-ci n'aurait pas comparu devant une autorité collégiale ni sommé de s'y expliquer.