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COREE DU NORD: La communauté internationale condamne le lancement de la fusée nord-coréenne, (nouvelobs.com)
Une fusée longue portée a été lancée dimanche 5 avril par la Corée du Nord. Le tir, très controversé, a immédiatement suscité la réaction des voisins japonais et sud-coréen, qui ont immédiatement dénoncé un acte "regrettable" et "irresponsable".
Le président américain Barack Obama a également immédiatement réagi, qualifiant le lancement de la fusée de "provocation". D'après lui, il s'agit d'un missile longue portée Taepodong-2. Il a également appelé à une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.
Violation d'une résolution de l'ONU
Le président américain a dénoncé cette "provocation" de la Corée du Nord dans un communiqué publié dimanche peu avant le discours, jugé important, qu'il doit prononcer à Prague sur le thème de la prolifération nucléaire.
"Le lancement aujourd'hui d'un missile Taepodong-2 était une claire violation de la résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui interdit expressément à la Corée du Nord de conduire des activités liées à des missiles balistiques de quelque sorte que ce soit", a indiqué Barack Obama dans ce communiqué daté de Prague.
"Large soutien étranger"
D'après le porte-parole de la présidence, Kim Eun-hye, "le tir a eu lieu à 11h30 locales (02h30 GMT)". Un communiqué serait publié ultérieurement.
Le programme spatial nord-coréen visant à placer un satellite en orbite a reçu un large soutien étranger, a assuré de son côté dimanche l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, sans mentionner le tir d'une fusée intervenu dimanche. "Des partis politiques et des groupes de nombreux pays étrangers ont exprimé leur soutien au programme spatial (nord-coréen) à des fins pacifiques", a indiqué KCNA, une heure après le lancement de la fusée longue portée.
Un satellite embarqué
Le lancement a été confirmé par les autorités américaine, russe et japonaise. Selon un responsable gouvernemental cité par l'agence sud-coréenne Yonhap, l'engin transportait bien un satellite.
"Nous pensons que la Corée du Nord a procédé au lancement d'une fusée transportant un satellite", a indiqué cette source, citée par Yonhap.
La Corée du Nord avait prévenu il y a plus d'un mois qu'elle allait mettre en orbite, entre le 4 et le 8 avril, un "satellite de télécommunications" devant survoler le nord de l'archipel japonais.
Les Etats-Unis et leurs alliés asiatiques soupçonnaient que ce lancement ne masque un tir expérimental de missile longue portée Taepodong-2.
Réactions du Japon et de la Corée
La présidence sud-coréenne a toutefois indiqué qu'il était prématuré de se prononcer sur la réussite du tir qui a provoqué le courroux de Séoul et Tokyo.
"Le gouvernement ne peut qu'exprimer sa déception et ses regrets après le lancement irresponsable d'une fusée longue portée, qui constitue une sérieuse menace à la sécurité dans la péninsule et dans le monde", a déclaré Lee Dong-kwan, porte-parole de la présidence sud-coréenne.
De son côté, le Japon, sur les dents à chaque regain de tensions avec Pyongyang, a jugé "extrêmement regrettable" le tir de cette fusée qui a survolé son territoire et promis de porter l'affaire devant les Nations unies.
"Nous allons protester énergiquement contre la Corée du Nord", a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais, Takeo Kawamura.
Le premier étage de la fusée nord-coréenne "semble" être tombé en Mer du Japon et le deuxième dans l'océan Pacifique, a annoncé ensuite le gouvernement japonais.
Selon le Centre de crise installé dans les bureaux du Premier ministre, la fusée "semble" être passée au-dessus de la partie nord de l'île principale Honshu vers 11h37 (02h37 GMT).
La Corée du Nord avait provoqué deux crises internationales en 1998 puis en 2006 en procédant à des tirs de missiles longue portée. Le tir de 2006 avait été unanimement condamné à l'ONU avec une résolution assortie de mesures contraignantes.
Tout en affichant une certaine retenue à l'égard de l'imprévisible régime communiste, le président américain Barack Obama avait appelé vendredi le Nord à stopper les préparatifs du lancement.
"Nous avons fait savoir clairement aux Coréens du Nord que leur lancement de missile est provocateur", avait-il déclaré à Strasbourg (France) où s'est tenu un sommet de l'Otan.
Pyongyang a rétorqué qu'il assimilerait toute interception de sa fusée à un "acte de guerre" et que de nouvelles sanctions de l'ONU seraient perçues comme "un acte hostile" entraînant la rupture des négociations sur sa dénucléarisation.
La Corée du Nord est engagée depuis six ans dans de laborieuses négociations à six pays (deux Corée, Etats-Unis, Japon, Chine et Russie) en vue d'un démantèlement de ses installations atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité.
Puissance nucléaire depuis le 9 octobre 2006, la Corée du Nord avait proclamé son droit à développer un programme spatial "à des fins pacifiques", au même titre que l'Iran qui a placé en orbite début février son premier satellite. Le lancement d'un satellite de télécommunications Kwangmyongsong-2, s'inscrit dans ce programme, selon Pyongyang.