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C'est la débandade à l'Est du Tchad. Ici, des miliciens du dictateur Idriss Deby et leurs alliés français
fuyant la zone de combats au tour d'Am-Dam, viennent d'arriver à Goz-Beïda, essoufflés.
La veille, la première confrontation a eu lieu non loin d'Am Dam, à une centaine de kilomètres au sud d'Abéché, la grande ville de l'Est tchadien. D'après une source rebelle jointe par téléphone satellite, lors d'une communication très brève pour "éviter les interceptions", elle a été "dure et violente". En trois vagues successives, 7000 à 8000 soldats loyalistes de l'armée nationale tchadienne (ANT) se sont lancés à l'attaque d'une colonne rebelle forte d'environ 4000 hommes. L'ANT avait reçu d'importants renforts matériels dans la perspective de cette opération.
Depuis la garnison de Mongo, verrou installé dans le centre du pays, l'ANT a fait route avec des orgues de Staline, des blindés et de l'artillerie de campagne. Avant l'attaque au sol, des hélicoptères d'attaque Mi-24 loyalistes, pilotés par des équipages étrangers, avaient bombardé les forces de l'UFR, très visibles dans cette région semi-aride malgré le mauvais temps.
Au bout de plusieurs heures, les combats ont cessé, mais leur violence est indéniable. "Les attaques ont été repoussées avec pas mal de casse. Mais ce n'est pas fini. Les combats ont repris depuis ce matin à 7heures", expliquait au téléphone, vendredi matin, Acheikh Ibn Oumar, représentant de l'UFR en Europe. Il ajoute que les attaques des soldats loyalistes, la veille, se sont brisées sur les positions rebelles et qu'ils se seraient en partie "repliés en désordre vers Abéché, Am Timan et Mongo", alors que "trois chars ont été pris, des centaines de véhicules Toyota détruits".
Les troupes gouvernementales ayant reçu des renforts, le second choc implique plus d'une dizaine de milliers d'hommes, fonçant à l'assaut à bord de pick-ups en cherchant la confrontation directe et ouvrant le feu au lance-roquettes sur des véhicules bourrés de munitions et d'essence. "Par rapport à nos traditions, ce n'est pas disproportionné", commente M.Ibn Oumar, ancien combattant des guerres tchadiennes.
L'issue de la bataille, encore incertaine, devrait déterminer si l'aventure rebelle est stoppée net ou se poursuit. "Ça passe ou ça casse", affirme une source proche de la rébellion. Selon un communiqué de l'ANT, l'UFR aurait perdu 125 hommes plus 152 prisonniers.
La France, soutien traditionnel du président tchadien Idriss Déby, a condamné l'attaque rebelle. Les Etats-Unis ont appelé le Soudan à "désarmer et démobiliser tous les rebelles tchadiens présents sur son territoire"
Jean-Philippe Rémy