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Pas d'extradition pour Florence Cassez. C'est le président mexicain Felipe Calderon qui l'a annoncé en personne lundi soir dans une allocution spéciale radio-télévisée. Condamnée à 60 ans de prison pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle a toujours niés, la Française devra donc purger sa peine au Mexique. Face à ce rejet «unilatéral» de Mexico, le ministère français des Affaires étrangères a exprimé «sa profonde déception» dans un communiqué.
Passer soixante ans en prison au Mexique «pour moi, c'est la mort», a réagi Florence Cassez, jointe au téléphone depuis le bureau de son avocat à Lille. «Je suis anéantie, il (le président Calderon) annonce clairement une peine de mort. «On a fait confiance au président Calderon qui avait dit le 8 mars qu'il était d'accord avec un rapatriement. Je me sens trahie», a-t-elle déclaré. «J'avais aussi toute confiance dans le président Sarkozy, mais aujourd'hui, on me condamne à mort, on me coupe tout espoir», a-t-elle ajouté, avant de dire: «je n'aurai pas la force pour 'l'amparo'», l'équivalent du pourvoi en cassation au Mexique. «Je suis innocente, c'est plus qu'une injustice, c'est inadmissible, dégueulasse, je n'en peux plus», a-t-elle conclu, avant de raccrocher brutalement le téléphone.
Début mars, Nicolas Sarkozy avait personnellement évoqué le cas de Florence Cassez dans un entretien officiel avec Felipe Calderon. A l'époque, l'Elysée avait laissé entendre que les démarches en vue d'obtenir un «bon de sortie» prenaient un tour favorable. «Si on veut trouver une solution, il faut d'abord respecter les décisions de la justice mexicaine», avait déclaré le président français dans une allocution à Mexico. Mais depuis, plusieurs informations parues dans la presse mexicaine affirmaient que l'extradition serait refusée.
A quelques jours des élections législatives du 5 juillet, le président Calderon - dont le Parti d'action nationale (PAN) pourrait perdre une majorité de sièges - a donc décidé de traiter avec intransigeance le dossier de Florence Cassez. L'extradition de la Française, jugée coupable par la justice mexicaine, aurait été mal comprise par une opinion publique meurtrie par le problème du kidnapping, qui fait plus de 8.000 victimes chaque année au Mexique. De plus, plusieurs témoignages accablants pour la Française avaient été diffusés récemment dans la presse mexicaine. Un membre présumé du gang de kidnappeurs auquel elle aurait appartenu la désignait notamment comme co-dirigeante.
Surtout, en dépit de la Convention de Strasbourg prévoyant le transfèrement des détenus dans leur pays d'origine et ratifiée par le Mexique, Felipe Calderon ne souhaitait pas que la peine initiale de Florence Cassez - 60 ans de prison - soit réduite à son arrivée en France, où la peine maximale est de 30 ans. Une réduction jugée «inacceptable» par Felipe Calderon. Le gouvernement mexicain «est arrivé à la constatation que les conditions ne sont pas réunies qui lui permettraient de donner son consentement au transfert de Florence Cassez en France», a déclaré lundi soir le président Calderon.
Le figaro