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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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Le roi est nu!

Le roman d’espionnage qui éclabousse Sarkozy

Sylvain Besson, LeTemps.ch

Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy

quant celui-ci était le porte-parole de celui-là, candidat à l’élection présidentielle

La livraison de sous-marins français au Pakistan a donné lieu au versement de commissions occultes, approuvées par l’actuel président. La piste des intermédiaires mène en Suisse

Un silence de plomb, des rires nerveux, des bribes d’explications. Telles sont les réactions de Nicolas Sarkozy et son entourage aux allégations rocambolesques qui agitent les médias français depuis deux semaines. Elles concernent un contrat maudit, la vente de trois sous-marins Agosta au Pakistan, en 1994, pour l’équivalent de 826 millions d’euros (environ 1,24 milliards de francs).

L’intérêt pour cette transaction vient de ressurgir, avec l’exhumation par la presse d’un scénario effarant. Le blocage des commissions promises à des militaires pakistanais – plus de 30 millions d’euros – aurait provoqué une terrible vengeance: l’attentat-suicide du 8mai 2002 à Karachi. Il a coûté la vie à 11ingénieurs français venus assembler les submersibles. Cette théorie est avancée par Claude Thévenet, ancien agent secret devenu spécialiste de «l’intelligence économique» et auteur de romans d’espionnage. Le fabricant des sous-marins, la Direction des constructions navales, l’avait mandaté en 2002 pour explorer d’autres pistes que celle, évidente, de l’attentat islamiste.

Attentat «crapuleux»

A l’époque, l’attaque avait été attribuée à Al-Qaida. Sans la revendiquer explicitement, Oussama ben Laden l’avait même mentionnée dans un message. Mais sept ans après, les suspects initiaux ont été acquittés et l’enquête piétine. D’où l’hypothèse d’un attentat «crapuleux», instrumentalisé par des militaires pakistanais pour punir la France du non-versement des pots-de-vins.

En 1994, la corruption de fonctionnaires étrangers était légale, et les entreprises d’armement déduisaient les commissions de leurs impôts. Le ministre du Budget, co-décideur dans ce genre d’opération, était Nicolas Sarkozy. Son mentor Edouard Balladur dirigeait le gouvernement. Lorsque leur ennemi Jacques Chirac a remporté l’élection présidentielle de 1995, il a interrompu le versement des commissions.

Ce geste, motivé autant par la morale que par le souci d’assécher les réseaux financiers de son rival, a-t-il pu causer l’attentat de Karachi? Rien ne le prouve, et les experts du terrorisme sont très sceptiques. Mais le versement des commissions ne fait aucun doute. Edouard Balladur l’a confirmé dimanche sur RTL: tout en démentant le financement de sa campagne présidentielle grâce à ce contrat, il a admis la «rémunération, légitime d’ailleurs dans une certaine mesure, de ceux qui avaient joué un rôle dans ces tractations commerciales».

LeTemps.ch

 

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