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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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La violence est une donnée inscrite dans l'histoire contemporaine du Tchad.

En dehors des agressions extérieures auxquelles le pays a dû faire face, le jeu politique interne a lui-même très souvent dégénéré pour se poursuivre sur le terrain de la lutte armée. En effet, depuis près de 20 ans, l'Est du Tchad est le théâtre permanent de combats entre armée et mouvements rebelles tchadiens venus du Soudan ou de Libye. C'est vrai que la lutte armée peut aussi s'analyser comme « la continuation de la politique par d'autres moyens », mais elle ne fait qu'appauvrir davantage un pays comme le Tchad. En la matière, le Tchad occupe un rang peu honorable, lui qui pointe dans les profondeurs du classement au regard de l'indice de développement humain du PNUD.

Pourtant, le début de l'exploitation des ressources pétrolières a fait naître un grand espoir au sein de la population. Mais le développement que les pétrodollars étaient censés impulser a quelque peu été contrarié par les affrontements réguliers entre le pouvoir de N'Djamena et l'opposition armée. Certes, ces dernières années, ce sont les forces régulières qui ont pris le dessus sur les groupes qui tentent de prendre le pouvoir par la force. Mais cette victoire militaire, aussi brillante soit-elle, ne saurait créer un climat de paix durable, d'autant plus que dans le cas du Tchad précisément, les rebelles, aussitôt défaits, reconstituent leur arsenal comme par enchantement et annoncent de nouvelles offensives. Pour briser ce qui s'apparente à un cercle vicieux, le président Idriss Deby Itno a compris que la vraie solution à ce conflit qui oppose avant tout des Tchadiens, réside dans l'ouverture des pourparlers de paix avec tous les mouvements rebelles, dans le cadre d'un dialogue résolument inclusif.

 Dans cette optique, il convient de saluer l'accord de paix signé samedi dernier à Tripoli (Libye) entre le gouvernement tchadien et le Mouvement national (MN), une coalition de trois rebellions armées lancée fin juin et dirigée par Ahmat Hassaballah Soubiane. Cet accord prévoit la fin des hostilités, le retour des opposants à la voie démocratique, la réinsertion des jeunes dans l'armée et dans l'administration, ainsi que la participation du MN à la gestion de la chose publique. Le médiateur national Abderamane Moussa, mandaté par le gouvernement tchadien pour négocier les accords de paix avec les mouvements rebelles, ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin. Dans la foulée, il devrait prendre langue avec les responsables de l'Union des forces de la résistance (UFR), la coalition des huit plus importantes factions rebelles tchadiennes qui a lancé en mai dernier une énième offensive repoussée à l'issue de violents et mortels combats.

Parallèlement à cette dynamique, l'accord du 13 août 2007 signé par toutes les forces politiques devrait s'appliquer. Si l'on en croit le président Idriss Deby Itno dans sa récente interview à Jeune Afrique, la loi portant création de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a déjà été promulguée. La mouvance présidentielle, poursuit-il, a déjà fourni les noms de ses 15 représentants au sein de cette structure. Ceux de l'opposition sont attendus, d'après la même source. Leur désignation permettra à la Ceni de commencer à fonctionner pour préparer les échéances électorales de 2010 dans une atmosphère apaisée, loin, très loin du crépitement des armes.

Rousseau-Joël Foute

All Africa, 28 Juillet 2009

 

 

 

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