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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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Asie : ces deux Corées qui jouent à tendre les nerfs du monde!

Kim Jong-il, ici, en visite à l’Université navale de Kim Jong-suk, prétend vouloir enterrer la hache de guerre avec la Corée du Sud. (Keystone)

 

Kim Jong-il suscite la surprise en proposant la reprise des voyages touristiques du Sud vers le Nord. De nouvelles routes touristiques devraient être ouvertes et la coopération industrielle relancée entre les deux pays

L’heure de la détente a sonné selon Kim Jong-il. Après avoir fait, il y a deux semaines, un appel du pied à Washington en offrant à Bill Clinton la libération des journalistes américaines emprisonnées, le dictateur prétend vouloir enterrer la hache de guerre avec la Corée du Sud. Il a proposé la reprise des voyages des touristes sud-coréens sur son territoire, entrouvrant la porte du dialogue avec Séoul, fermée à double tour depuis plus d’un an.

Zone démilitarisée

Pour la première fois depuis l’arrivée aux affaires du président conservateur Lee Myung-bak, surnommé «le traître» par la propagande, la Corée du Nord fait un geste de conciliation en direction de sa rivale. Déjà, jeudi, elle avait libéré un ouvrier du sud emprisonné depuis le printemps sur le parc industriel conjoint de Kaesong. Dimanche, c’est Kim Jong-il, en personne, qui a abattu sa nouvelle carte devant Hyun Jeong-eun, la présidente du groupe sud-coréen Hyundai. Il lui a proposé de reprendre les voyages touristiques vers le nord organisés par son entreprise et suspendus depuis l’année dernière.

Une offre aux allures de symbole car ces voyages organisés sont le seul moyen pour les citoyens sud-coréens de franchir la DMZ (zone démilitarisée), l’hermétique frontière qui coupe en deux la péninsule le long du 38e parallèle. Et souvent de rencontrer leurs familles qui vivent de l’autre côté du «rideau de fer» depuis la fin des hostilités de la guerre de Corée (1950-1953). Sur le mont Kumgang, à l’est de la péninsule, des milliers de retrouvailles souvent déchirantes se sont déroulées depuis que le tour fut lancé en 1998, alors que les deux Corées opéraient un rapprochement spectaculaire.

Une décennie plus tard, l’atmosphère a radicalement changé: au lendemain de l’arrivée au pouvoir du pro-américain Lee Myung-bak, partisan d’une ligne dure, Pyongyang se raidit. En juillet 2008, une touriste du Sud est abattue par un soldat nord-coréen dans des conditions mystérieuses et le tour est suspendu. Bientôt, les visites de la capitale historique de la Corée, Kaesong, s’arrêtent également tandis que le complexe industriel du même nom, qui symbolisait le rapprochement économique nord-sud, végète.

Après avoir provoqué la planète entière en testant un missile balistique en avril et effectué un essai nucléaire en mai, Kim Jong-il affirme vouloir remettre les compteurs à zéro et donner un nouveau souffle aux relations intercoréennes. Avec l’accord de Hyundai, il propose une relance de la coopération industrielle à Kaesong, l’ouverture de nouvelles routes touristiques ainsi que des retrouvailles familiales dès l’automne. Comme si de rien n’était. Fidèle à une stratégie qui a fait ses preuves par le passé, notamment vis-à-vis de l’administration de George Bush, la Corée du Nord aime jouer l’escalade pour pouvoir revenir à la table des négociations en position de force. C’est ce scénario qui inquiète diplomates et experts à Séoul, qui craignent que la dictature ne rafle encore une fois la mise en obtenant une aide économique dont elle a tant besoin, alors que les nouvelles sanctions de l’ONU commencent à se faire sentir. Le gouvernement sud-coréen a réagi prudemment à l’accord décroché par Hyundai et veut examiner en détail les éventuelles contreparties exigées par le Nord, avant de l’appuyer.

 

Sébastien Falletti Séoul

 

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