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| Ici, pour se nourrir, des enfants africains passent leur journée à ramasser des grains de maïs devant les entrepôts de PAM (Programme Alimentaire mondiale) | Là, des producteurs français avaient déversé des pêches devant l'entrée du marché international Saint-Charles à Perpignan, le 31 juillet dernier. |
Confrontés à la crise de leur filière liée à la baisse des prix, ils dénoncent les tarifs pratiqués par la grande distribution ou encore l'importation «massive» par celle-ci de produits étrangers. Ils se sont mobilisés à Perpignan, dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse.
Face à la crise qui touche la filière du fait de la baisse des prix, ils avaient annoncé jeudi une série de mobilisations sur le terrain pour «crier leur désespoir». Les producteurs de fruits sont passés à l’action. Une centaine d’entre eux, des Pyrénées-Orientales, ont déversé samedi matin plusieurs tonnes de pêches aux entrées d'une enseigne de la grande distribution de Perpignan, bloquant totalement son accès aux clients.
«Notre but est de faire comprendre que, quand on perd de l'argent, ça fout les boules. On connaît les périodes où ils font du chiffre d'affaires et on sera là, même s'il ne nous reste que des cailloux à jeter», a dénoncé, auprès de l'AFP, le responsable de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) des Pyrénées-Orientales, Gérard Majoral.
Déversées aux trois entrées principales par plusieurs camions, les pêches des arboriculteurs roussillonnais interdisaient l'accès au parking de l'enseigne Carrefour, les portes du magasin restant toutefois ouvertes. Les manifestants ont également incendié des pneus, tandis que la police et les pompiers étaient présents sur les lieux.
«On veut faire prendre conscience à l'Etat que la crise des producteurs de fruits met en péril la ruralité », a ajouté Gérard Majoral, également administrateur de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), la branche spécialisée de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), principal syndicat agricole. Selon ses chiffres, la filière représentant, dans les Pyrénées-Orientales, quelque 10.000 emplois directs et 52 millions d'euros de volume financier.
«Le mouvement vis-à-vis de la grande distribution va continuer, a-t-il encore averti. Notre but est d'être très pénibles avec eux pour leur faire comprendre qu'il faut de l'équité dans le commerce, il faut le moraliser, sinon les territoires ruraux tombent en lambeaux.»
Par ailleurs, plusieurs dizaines d'agriculteurs bloquaient, samedi matin, un supermarché à Saint-Victoret (Bouches-du-Rhône), cette fois pour protester contre «l'importation massive de produits étrangers par la grande distribution». Brandissant des pancartes comme «Achetez local c'est bon pour le moral» ou «Devant les étals, ayez le réflexe provençal», les manifestants entendent bloquer l'accès au Géant Casino avec des pneus jusqu'à midi.
Peu avant dans la matinée, ils ont déversé des fruits et légumes puis, à l'ouverture, jeté à terre des légumes importés, en vente dans le magasin (asperges du Pérou, poivrons et courgettes d'Espagne, carottes d'Italie, etc.).
Le président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône, Claude Rossignol veut ainsi «alerter les pouvoirs publics sur le marasme» qui touche la profession, tout en appelant les consommateurs à «avoir le même combat». Manuela Stoffel, présidente des jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône accuse, elle, la grande distribution de «ne pas jouer le jeu» alors que «les agriculteurs vont mettre la clé sous le paillasson».
Auparavant, une autre action avait également été menée dans le Vaucluse, devant l'Intermarché de Le Thor (à l'Est d'Avignon) où des agriculteurs ont déversé un camion de pommes devant les portes de l'enseigne.
Libération.fr