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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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Qui est l’esclave de qui ? - Enoch Djondang

             

Cher compatriote Gangnon Djinta,Je vous félicite pour avoir, en quelques arguments, ébranlé l’édifice de cet odieux de mensonges tissées sciemment pour justifier l’abominable histoire d’oppression qu’on a fait subir à une partie de la population de l’espace appelé Tchad ces trois dernières décennies. En effet, la pratique intensive de l’esclavage laisse des séquelles durables et difficilement effaçables au sein des groupes qui en ont fait les frais. Or il se trouve qu’au Tchad, ni les fameux anciens maîtres du Nord (s’il existait en tant qu’entité homogène ?), ni leurs prétendus esclaves du Sud (où il n’y a pas que les populations dites ‘saras’), ne semblent se souvenir exactement de cet épisode historique qui aurait duré plusieurs siècles pourtant ! Non seulement ces gens ne se connaissent pas, mais aujourd’hui encore les uns et les autres créent des préjugés dignes des délires de cabarets pour justifier les discriminations politiques et l’arbitraire officiel. Un ancien maître n’a pas besoin de s’agiter en présence d’un ancien esclave : le réflexe de soumission est automatique. J’ajoute donc à vos arguments d’autres :

 

1)     Comment cela se fait-il que le Français, en difficulté face à un autre ‘blanc’ l’Allemand, ait volontairement choisi de recruter en masse des combattants « aux normes » dans l’espace Sud et au Centre (Guéra), alors que des « super guerriers » existaient plus au Nord ? Disons en passant que, outre le Sud, nombre d’anciens combattants étaient recrutés au Maghreb, des Arabes et Kabyles. Donc il y a un problème à clarifier à ce niveau pour accréditer la thèse de l’esclavagisme Nord –Sud !

 

2)     En lisant le témoignage du Président Goukouni Weddeï à Laurent Correau de RFI disponible sur le Net, on se rend compte que nulle part celui-ci n’a évoqué l’argument d’une inversion des rôles historiques entre maîtres du Nord et esclaves du Sud, pour justifier l’entrée en rébellion des populations Toubous contre le régime de Tombalbaye. Avec sa franchise habituelle, Goukouni Weddeï a bien situé le problème sous l’angle de la mauvaise gouvernance de l’époque. Il a bien fallu que quelques individus ‘infiltrés’ dans ces rébellions sèment le mensonge pour que la mayonnaise prenne ?

   

3)     Ce qui se passe dans le Darfour et son pendant du côté de l’Est tchadien est le démenti le plus cinglant à cette thèse esclavagiste Nord –Sud qui a fait tant de malheur à notre pays. C’est à ciel ouvert que la vérité historique est en train de se rétablir. Il est temps que toute cette frange d’élites tchadiennes contaminées par le virus du mensonge politico- historique, pour justifier sa hargne, ses haines et préjugés sans fondement, se ressaisisse, au risque de subir le retour du boomerang ! Qui est ‘abid’ de qui aujourd’hui ?

 

4)     Dans le Sud –ouest du Tchad, les royaumes moundang pratiquaient l’esclavage domestique, à l’instar de leurs voisins Foulbés. C’est dire que l’esclavage hier dans les sociétés moyenâgeuses n’était qu’une forme d’exploitation éhontée des faibles et des captifs de guerre, comme il en existe d’autres formes plus élaborées en ce 21e siècles dans le monde. Cela ne peut justifier aucune fierté aux descendants de ceux qui en auraient profité, si cela était vrai, quand nos Etats cherchent à se bâtir sur la base du principe universel d’égalité des êtres humains en droit et en dignité ?

 

5)     Le plus grand esclavage que subissent les tchadiens dans leur ensemble, c’est la pauvreté critique synonyme d’ignorance, d’obscurantisme, de peur permanente de l’autre, d’état de carence et de mendicité collective persistante, etc.

 

Quand un Français débarque au Tchad, accueilli comme un roi, personne ne cherche à savoir s’il est Breton, Corse ou Basque (avec ce que cela peut signifier), ou s’il fait partie des riches ou des pauvres blancs ? L’image et le poids de son pays lui couvriront durant tout son séjour, et il ne retrouvera sa vraie place sociale qu’une fois rentrée chez lui. Quelle fierté avons-nous d’être tchadiens au regard des autres dans le monde ? Comment nous voient-ils, qu’on soit du ‘Nord’ ou du ‘Sud’ ? Nous le savons tous et cela nous fait honte. Alors, libérons-nous des mensonges qui ont enfoncé notre pays dans le club fermé des Etats bananiers ou voyous (dixit Mr Kassiré Coumakoye !) à la traîne perpétuelle du monde. C’est nous, les esclaves des temps modernes !

 

NB : Ajouter à votre bibliographie mon livre intitulé : « Les droits de l’homme : un pari difficile… » in l’Harmattan, Collection Etudes Africaines, qui traite de ce sujet, merci !

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