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Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad. La passion de bâtir, le rêve de construire un Tchad nouveau!

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1229: un traité pour partager Jérusalem - Sylvie Arsever, Le Temps.

Frédéric (à gauche) reçoit Jérusalem d’Al-Kamil. (AFP)

L’idée était dans l’air depuis Saladin. Mais il faut la connivence entre l’empereur excommunié Frédéric II et le sultan lettré Al-Kamil pour régler pacifiquement le sort de la Ville sainte

Jaffa, le 18 février 1229. L’empereur Frédéric II et l’envoyé du sultan d’Egypte Al-Kamil signent le traité par lequel Jérusalem, conquise en 1187 par Saladin, revient sans coup férir en mains chrétiennes. Le camp franc est représenté notamment par deux évêques anglais et le maître de l’ordre des Hospitaliers. Mais le patriarche de Jérusalem, Gerold, boude: l’accord laisse aux musulmans la jouissance de l’esplanade du Temple, où se trouvent leurs lieux saints.

Les historiens ont beaucoup fantasmé sur cette rencontre, vue alternativement comme un assez mauvais deal vite oublié – dès 1244, Jérusalem retombera pour près de sept siècles en mains musulmanes – ou comme un moment de grâce dans les relations entre chrétienté et Islam. Une chose est sûre: elle intrigue, ne serait-ce que par la personnalité exceptionnelle de ses principaux protagonistes.

Frédéric est l’un des princes les plus brillants du Moyen Age. Normand par sa mère Constance de Hauteville, Souabe par son père l’empereur Henri VI, il règne à la fois sur l’empire germanique, qui s’étend alors de la frontière danoise à la Toscane et de l’Autriche à la Bourgogne et sur la Sicile, dont le territoire finit au nord de Naples. Cela en fait un concurrent haï pour le pape, qui se retrouve enclavé et profitera de la Croisade pour tenter de rogner ses terres.

Les libertés qu’il prend avec les règles religieuses n’arrangent rien. Dans le royaume de Sicile, celle de ses possessions qui est la plus chère à son cœur, il a entrepris d’édifier un Etat centralisé, assis sur un corps de fonctionnaires laïcs, où juifs et musulmans pratiquent sans être inquiétés. Soucieux de se ménager le Saint-Siège, il a certes obligé les premiers à porter un vêtement distinctif, mais il continue, dans la tradition de ses prédécesseurs normands, à pratiquer une tolérance fort peu catholique à l’égard des autres religions.

Il est d’ailleurs venu en Terre sainte accompagné d’une garde musulmane recrutée dans la ville de Lucera, qu’il a créée en 1220 pour abriter, aux portes des Etats pontificaux, plusieurs dizaines de milliers d’Arabes déportés de Sicile où ils s’étaient révoltés contre son autorité. Fasciné par la culture orientale, il a accueilli à sa cour plusieurs savants arabes, parle leur langue et aurait même, chuchote-t-on, son harem – une autre tradition normande.

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