[...].Les « commandants » de la révolution n’étant plus là, la porte fut ainsi grande ouverte aux révisionnistes et autres opportunistes de tout acabit d’ « anathématiser » les idéaux pour lesquels des milliers d’hommes et des femmes ont perdu la vie. Le paroxysme de ce revirement réactionnaire fut atteint avec le rétablissement de la traite négrière. La résistance tchadienne, quant à elle, est sujette à diverse interprétation selon qu’on est côté cour ou côté jardin, si toute fois jardin ou cour, nous en avons.
Après la mort d’Ibrahim Abatcha, le fondateur du FROLINAT, des individus, de tout bord, s’introduisirent au sein de la jeune révolution que les fondateurs voudraient progressiste et sociale. Et ce n’est pas le croissant frappé à son emblème, exploité sciemment par une catégorie des tchadiens pour déprécier le mouvement, qui démentirait les intentions communisantes de son jeune chef. A propos, l’aspect de l’emblème du FROLINAT, à l’époque d’Abatcha, n’a pas été arrêté définitivement, et de toutes les manières, cela n’a pas empêché que le jeune révolutionnaire soit accueilli dans les capitales des pays progressistes en homme d’Etat.
Sa première déclaration fut annoncée, et soutenue par Nkrumah à Acra, capitale du Ghana. La Corée du nord lui déroulait le tapis rouge. Nasser de l’Egypte l’admirait sans parler de ses solides relations avec les révolutionnaires africains et non africains.
Après sa mort, c’est la déconfiture. Les opportunistes et autres illettrés ont fait de ce mouvement populaire ce que l’on sait : Institutionnalisation de la haine et la discorde entre les fils de notre patrie, répartition du mouvement en clan et sous clan.
Jusqu’à nos jours, bien qu’il y a encore une bonne brochette des révolutionnaires « frolinatistes » sincères, des individus se proclamant du FROLINAT et dont on connaît les délits, continuent toujours à parasiter (infecter) les mouvements réformateurs, les noyautant par leur scélératesse. Pire, c’est autour de ces crapuleux hypocrites que la plupart des innombrables coalitions des opposants se font et se défont. En fait d’opposants, ils sont plutôt des mécontents qui ont perdu leurs places à la « mangeoire nationale ». Parmi ces messieurs, il y a ceux qui se sont introduit avec une réelle volonté de congestionner les initiatives révolutionnaires qui ne sont pas à leur goût. D’autres encore, maintiennent une position idéologique sciemment superflue, préparant ainsi le terrain pour un éventuel ralliement au pouvoir. Une troisième catégorie, celle des jeunes prétentieux, fascinés par le gain facile de leurs aînés à travers la politique, s’improvisent opposants toujours dans le but de se faire remarquer pour « on ne sait jamais ».
De Tombalbaye à Deby, en passant par Malloum et Habré, la république n’a cessé de nous servir de tels individus, causes des échecs successifs des mouvements d’opposition sans qu’on n’en tire les conséquences.
Bien entendu, il n’y a aucune révolution, même la plus sérieuse, qui n’a pas connu une période de refroidissement voire d’échec avant de repartir sur des nouvelles bases. Et, les causes des échecs partiels ou totaux étaient souvent dues aux félons et autres agents secrets qui s’introduisaient au sein du groupe des patriotes. Il faut dire qu’il n’est pas souvent aisé de distinguer ceux qui se rallient à l’opposition par conviction et ceux qui sont ou se sont introduits à des fins bien précises, ayant une mission spéciale.[...].