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Le discours d'investiture de Barack Obama, Denver, Colorado 28 août 2008

Il y a quatre ans, je me tenais devant vous et je vous racontait mon histoire, celle d’une union brève entre un jeune homme du Kenya et une jeune femme du Kansas qui n’était ni fortunés, ni connus, mais qui partageaient la conviction qu’en Amérique, leur fils pourrait faire ce qu’il aurait en tête, quoi que ce soit.

Cela, c’est la promesse qui distingue ce pays des autres, le fait qu’avec du labeur et du sacrifice, chacun d’entre nous peut poursuivre son rêve individuel, tout en faisant partie d’une grande famille américaine qui assure à la génération suivante la possibilité de poursuivre, elle aussi, ses rêves.

C’est la raison pour laquelle je suis là ce soir. Parce que depuis 232 ans, chaque fois que cette promesse était en danger, des hommes et des femmes ordinaires, étudiants et soldats, fermiers et professeurs, infirmières et hommes à tout faire, ont trouvé le courage de la maintenir vivante.

"Nous valons mieux que ces huit années passées"

Nous nous rencontrons à un de ces moments clé, une époque où la nation est en guerre, notre économie est en difficulté, et la promesse américaine a été de nouveau menacée.

Ce soir, davantage d’Américains sont sans emploi, et davantage d’Américains travaillent plus dur pour gagner moins. Beaucoup, parmi vous, ont perdu leur logement, davantage encore ont vu la valeur de leur logement chuter. Beaucoup, parmi vous, ont des voitures qu’ils n’ont plus les moyens de conduire, des cartes de crédit, des factures qu’ils ne peuvent plus honorer, et des frais scolaires hors de portée de leur bourse.

A ces défis, la réponse n’est pas seulement du côté du gouvernement. Mais le fait que personne n’y réponde est le résultat d’un échec des politiques en panne de Washington, et des mauvaisses politiques de George W. Bush.

Amérique, nous valons mieux que ces huit années passées. Nous sommes un meilleur pays que cela ! Ce pays vaut mieux qu’un pays dans lequel une femme dans l’Ohio, au bord de la retraite, après une vie de dur labeur, risque le désastre à la moindre maladie.

Nous sommes un pays qui vaut mieux que celui où, un homme dans l’Indiana doit emballer les machines sur lesquelles il travaillait depuis 20 ans, et les voir partir en bâteau vers la Chine, et avoir la gorge serrée en expliquant combien il se sent en échec quand il revient chez lui raconter la nouvelle à sa famille.

"Ce soir, je dis au peuple américain : cela suffit !"

Nous avons plus de générosité qu’un gouvernement qui laisse ses vétérans dormir dans la rue et des familles s’enfoncer dans la pauvreté, qui ne lève pas le petit doigt, qui ne lève pas le petit doigt lorsqu’une des plus grandes villes américaine se noie sous nos yeux.

Ce soir, ce soir, je dis au peuple américain, aux Démocrates et aux Républicains, à travers ce pays : cela suffit ! Ce moment…Ce moment, ce moment, cette élection est notre chance pour garder vivante, au XXI° siècle, la promesse américaine.

Parce que la semaine prochaine, dans le Minnesota, le même parti qui vous a donné deux mandats de George Bush et Dick Cheney va vous demander un troisième mandat.

Et nous sommes ici, nous sommes ici parce que nous aimons trop ce pays pour laisser les quatre prochaines années ressembler aux huit précédentes. Le 4 novembre, le 4 novembre, nous devons nous lever et dire : huit, ça suffit.

"Le bilan est clair : McCain a voté dans 90% des cas avec George W. Bush"

Maintenant, qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Le candidat républicain, John McCain, a porté l’uniforme de ce pays avec courage et distinction, et nous lui devons pour cela gratitude et respect.

Et la semaine prochaine, nous entendrons parler de ces épisodes où il a pris ses distances avec son parti, présentés comme des preuve qu’il peut apporter le changement dont nous avons besoin.

Mais le bilan est clair : John McCain a voté dans 90% des cas avec George W. Bush. Le sénateur McCain aime parler de « jugement » mais, vraiment, qu’est-ce qu’un tel jugement quand vous estimez que George W. Bush a eu raison dans 90% des cas ?

Je ne sais pas si c’est votre cas, mais je ne suis pas prêt à parier sur le changement avec 10% de chances de gagner. La vérité, c’est que sur tous les problèmes qui pourraient avoir un impact sur nos vies, santé, éducation, économie, le sénateur McCain a été tout sauf indépendant.

"Une « nation de pleurnichards »"

Il a déclaré que l’économie avait fait de grands progrès sous ce président. Il a dit que les fondamentaux de l’économie étaient solides. Et quand un de ses principaux conseillers, l’homme qui a rédigé son programme économique, a déclaré à propos des les angoisses ressentis par les Américains, que ces derniers souffraient juste d’une récession mentale et que nous étions devenus, je le cite, une « nation de pleurnichards »

Une nation de pleurnichards ? Allez dire cela aux fiers ouvriers d’une usine automobile du Michigan qui continuaient à venir chaque jour et à travailler plus dur que jamais après l’annonce de la fermeture de l’usine, parce qu’ils savaient que d’autres gens comptaient sur les freins qu’ils fabriquaient.

Allez dire cela aux familles de militaires qui portent leur fardeau en silence, lorsqu’ils voient leurs êtres aimés partir pour leur troisième, quatrième, cinquième, mission. Ce ne sont pas des pleurnichards. Ils travaillent dur, ils tiennent leurs engagements, et ils continuent sans se plaindre. Ce sont les Américains que je connais.

"McCain n’est pas au courant"

Cela dit, je ne crois pas que le sénateur McCain soit indifférent à ce qui se passe dans la vie des américains. Je pense simplement qu’il n’est pas au courant.

Pourquoi, sinon, définirait-il une personne de la classe moyenne comme quelqu’un qui gagne moins de 5 millions de dollars par an ? Pourquoi proposerait-il aux grandes entreprises et autres compagnies pétrolières des centaines de milliards de dollars de cadeaux fiscaux, mais pas un penny de baisse d’impôts pour plus de 100 millions d’américains ?

Pourquoi, sinon, proposerait-il un plan santé qui en réalité va grever les prestations des gens ou un plan-éducation qui ne prévoit pas du tout d’aider les familles à payer les dépenses d’université, ou encore un plan qui privatiserait le système retraite et jouerait notre retraite à la loterie ?

Le problème n’est pas que John McCain s’en fiche ; c’est qu’il ne pige pas.

Pendant deux décennies il a souscrit à cette vieille philosophie républicaine complètement discréditée : donnez de plus en plus à ceux qui possèdent le plus, et priez pour que la prospérité s’ensuive et redescende vers tous les autres.

A Washington, ils appellent cela la « société de propriétaires », mais ce que cela signifie, c’est que vous devez vous débrouiller tout seul. Au chômage ? pas de chance, c’est dûr, débrouillez vous. Pas de couverture maladie ? Le marché s’en occupera, débrouillez vous. Né dans la pauvreté ? Prenez votre sort en main, débrouillez-vous.

"Comment nous voyons les choses"

Bon, il est temps qu’ils deviennent « propriétaires » de leurs propres échecs. Il est temps pour nous de changer l’Amérique. Et c’est la raison pour laquelle je me présente à l’élection du président des Etats-Unis.

Vous voyez, nous, les démocrates nous mesurons de façon très différente ce qui constitue le progrès dans ce pays. Nous le mesurons en regardant combien de personnes peuvent trouver un boulot pour rembourser leurs prêts immobiliers, en regardant si vous pouvez épargner un peu d’argent chaque mois afin que vous puissiez un jour assister à la remise d’un diplôme universitaire à votre enfant.

Nous mesurons le progrès en constatant les 23 millions d’emplois créés lorsque Bill Clinton était président. Une époque pendant laquelle une famille moyenne américaine avait vu son revenu grimper de 7500 dollars, alors qu’il a baissé de 2000 dollars sous George W. Bush.

Nous mesurons la force de l’économie non pas en comptant les milliardaires ou les profits du classement de Fortune, mais en regardant si quelqu’un, avec une bonne idée, peut prendre un risque et lancer une nouvelle entreprise, ou si une serveuse qui vit de pourboires peut prendre une journée pour s’occuper de son enfant malade sans perdre son emploi ; une économie qui honore la dignité du travail.

Les « fondamentaux » que nous utilisons pour mesurer la solidité de l’économie, c’est de déterminer si nous pouvons faire vivre cette promesse fondamentale qui a fait des Etats-Unis un grand pays, cette promesse pour laquelle je suis ici ce soir.

Parce que, sur les visages de ces jeunes vétérans qui reviennent d’Irak ou d’Afghanistan, je vois mon grand-père, qui s’était enrôlé après Pearl Harbour, avait marché dans l’armée de Patton, et avait été récompensé par une nation pleine de gratitude qui lui avait donné la chance d’étudier à l’université, grâce au financement de la loi sur les GI.

Sur le visage de ce jeune étudiant, qui dort trois petite heures avant son travail de nuit, je pense à ma mère, qui a élevé, seule, ma soeur et moi, alors qu’elle travaillait et étudiait pour avoir un diplôme, qui a dû à une occasion revenir aux bons alimentaires, mais qui a quand même réussi à nous envoyer dans les meilleures écoles du pays grâce à l’aide des prêts scolaires et des bourses.

Quand j’écoute un autre travailleur qui me dit que son usine a fermé, je me souviens de tous ces hommes et ces femmes dans le sud de Chicago, que j’ai soutenu et pour lesquels je me suis battu il y a 20 ans après la fermeture de l’aciérie locale.

Et, lorsque j’entends une femme me parler de ses difficultés à démarrer sa propre affaire, ou à trouver sa voie dans le monde, je pense à ma propre grand-mère qui s’est hissée toute seule du rang de secrétaire à celui de cadre moyen, malgré le handicap d’avoir été une femme qui lui a fait rater plusieurs fois le train des promotions.

C’est elle qui m’a enseigné le fait de travailler dur. C’est elle qui a reporté l’achat d’une nouvelle voiture ou d’une nouvelle robe pour elle afin de me permettre d’avoir une vie meilleure. Elle a misé tout ce qu’elle avait sur moi. Et, bien qu’elle ne soit plus en mesure de voyager, je sais qu’elle regarde ce soir, et cette nuit est aussi la sienne.

Je ne sais pas quel type de vie John McCain imagine que les célébrités mènent, mais c’est cette vie que j’ai connue.

Ce sont mes héros et ce sont leurs histoires qui ont façonné ma vie. Et c’est en leur nom que j’ai l’intention de gagner cette élection et de garder notre promesse vivante en tant que président des Etats-Unis.

"La promesse que nous devons conserver intacte"

Quelle est cette promesse de l’Amérique ? C’est une promesse qui dit que chacun d’entre nous a la liberté de choisir la vie qu’il veut mener, mais que nous avons aussi l’obligation de traiter les autres avec dignité et respect.

C’est une promesse qui dit que le marché doit récompenser l’effort et l’innovation et produire de la croissance, mais que les affaires doivent respecter leurs responsabilités, qui sont de créer du travail pour les Américains, de prendre soin des travailleurs américains, et de respecter le code de la route.

C’est une promesse qui dit que le gouvernement ne peut pas résoudre tous nos problèmes, mais qu’il doit faire ce que nous ne pouvons pas assurer nous-mêmes : nous protéger du mal et fournir à chaque enfant une éducation décente ; conserver une eau propre et nos jouets en sécurité ; investir dans de nouvelles écoles, de nouvelles routes, la science et la technologie.

Notre gouvernement devrait travailler pour nous, pas contre nous. Il devrait nous aider, pas nous faire du mal. Il devrait garantir que les opportunités n’existent pas seulement pour ceux qui disposent de l’argent et de l’influence, mais pour tout Américain disposé à travailler.

C’est ça la promesse de l’Amérique, l’idée que nous sommes responsables de nous-mêmes, mais aussi que nous progressons ou nous reculons comme une nation unie, la croyance fondamentale dans le fait que je suis le protecteur de mon frère, le protecteur de ma soeur.

C’est cela la promesse que nous devons conserver intacte. Voilà le changement qu’il faut introduire immédiatement.

"Ce que je vais faire si je deviens président"

Alors laissez moi vous expliquer ce que signifierait ce changement si je devenais Président.

Le changement, ça signifie que le code des impôts ne récompense pas les lobbyistes qui l’ont rédigé, mais les travailleurs américains et les petites entreprises qui le méritent. Vous savez, contrairement à John McCain, je vais cesser d’accorder des exonérations fiscales aux entreprises qui délocalisent les emplois à l’étranger, et je vais commencer à les accorder à celles qui créent des emplois ici, en Amérique.

J’éliminerai l’impôt sur les plus-values pour les petites entreprises et les start-ups qui créent les employés qualifiés et bien payés de demain. Ecoutez bien : je vais réduire les impôts –oui, réduire les impôts- pour 95% des familles laborieuses parce que, dans une économie comme celle-ci, la dernière chose à faire est d’augmenter les impôts pour la classe moyenne.

"Aujourd’hui, nous importons trois fois plus de pétrole que lorsque le sénateur McCain a été élu la première fois"

Et, pour le bien de notre économie, de notre sécurité, et l’avenir de notre planète, je me donnerai un objectif clair en tant que Président : en dix ans, je mettrai fin à notre dépendance vis-à-vis du pétrole du Moyen Orient.

Nous ferons tout cela. Washington parle depuis 30 ans de notre dépendance vis-à-vis du pétrole. Et, à ce propos, John McCain a fait partie de 26 de ces années-là. Et, pendant cette période, il a dit non à des voitures moins gourmandes en énergie, non aux investissements dans les énergies renouvelables, no aux carburants renouvelables. Aujourd’hui, nous importons trois fois plus de pétrole que lorsque le Sénateur McCain a été élu la première fois.

Il est temps de mettre fin à cette dépendance et de considérer que l’exploration [pétrolière] n’est qu’une mesure transitoire, pas une solution à long terme, pas même l’ébauche d’une solution.

En tant que Président, je puiserai dans nos réserves de gaz naturel, j’investirai dans les technologies de charbon propre, et je trouverai les moyens de contrôler en toute sécurité l’énergie nucléaire. J’aiderai notre industrie automobile à se rééquiper, de telle manière que des voitures économes en énergie puissent être construites ici, en Amérique.

Et j’investirai 150 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie dans les sources d’énergie renouvelables accessibles – l’éolien, le solaire, la prochaine génération de biocarburants, un investissement qui créera de nouvelles industries et 5 millions d’emplois bien payés et qui ne pourront pas être délocalisés.

"L’heure n’est plus aux plans modestes"

A l’Amérique, je dis que l’heure n’est pas aux plans modestes. Il est temps de tenir notre obligation morale de garantir à chaque enfant une éducation de niveau mondial, car c’est ce qu’il faut pour faire partie de la compétition de l’économie globale.

Vous savez, Michelle et moi sommes ici ce soir car nous avons eu la chance d’avoir reçu cette éducation. Et je ne permettrai pas de compromis sur ce point, qui priverait certains enfants de cette chance-là.

J’investirai dans l’éducation au plus jeune age. Je recruterai une armée de nouveaux enseignants et leur fournirai des salaires élevés et leur accorderai plus de soutien. En échange, j’attendrai d’eux des niveaux élevés et qu’ils aient plus de comptes à rendre.

Et nous tiendrons notre promesse envers chaque jeune Américain : si vous vous engagez à servir votre communauté ou votre pays, nous ferons en sorte que vous puissiez vous permettre l’accès à l’université.

C’est aujourd’hui l’heure de tenir notre promesse d’offrir une couverture médicale accessible et bon marché pour tout Américain.

J’ai vu ma mère se débattre avec les compagnies d’assurance alors qu’elle était alitée en train de mourir d’un cancer. Je ferai en sorte que ces sociétés cessent d’imposer des discriminations à ceux qui sont souffrants et ont le plus besoin de soins.

C’est aujourd’hui qu’il faut aider les familles en introduisant des journées de congé maladie, et de meilleurs congés familiaux, car personne, en Amérique, ne devrait avoir à choisir entre garder son emploi et s’occuper d’un enfant malade ou d’un parent souffrant.

C’est aussi aujourd’hui qu’il nous fait changer les lois sur la faillitte, afin de protéger les retraites des bonus des PDG, et qu’il faut protéger la Sécurité sociale des générations futures.

C’est aujourd’hui qu’il faut tenir la promesse d’un travail égal pour une journée de travail équivalente, car je veux que mes filles aient les mêmes opportunités que vos fils.

 

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