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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 09:16

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Un nouveau round débute à l'orée de 1980. Le 22 mars 1980, les factions Weddeye et Habré s'écharpent. Le GUNT vole en éclat. De mars à décembre 1980, plus de 7 000 Tchadiens sont tués dans les combats urbains à N'Djaména entre d'une part, les FAN de Habré et d'autre part, les FAP de Weddeye renforcés d'éléments des FAT. Le 4 mai, la France met un terme à l'opération Tacaud, laissant le champ libre aux Libyens. Ils ne se font pas prier pour répondre à Weddeye qui les sollicite, au nom d'un traité de défense qui est signé le 15 juin 1980 à Tripoli. Un pont aérien est tout d'abord organisé, avec une base que construisent les FAP à Am Sinéné. Ironie de l'Histoire, nous retrouverons cette base, quelques années plus tard...

L'opération française Manta de 1983 et le jeu des frictions nord-sud
Seconde bataille de N'Djaména et guérilla


Au mois d'octobre, aviation et artillerie libyenne pèsent de tout leur poids dans la seconde bataille de N'Djaména (la première ayant eu lieu en 1979) : 3 500 réguliers libyens, 1 500 combattants de la Légion islamique... Ainsi, au 08 décembre 1980, la Libye aligne environ 5 000 hommes dans la capitale tchadienne, avec 50 chars T-55, de nombreux blindés et une artillerie (dont des lance-roquettes multiples BM-21), auxquels s'ajoutent aussi 150 conseillers techniques est-allemands et quelques Cubains. Dans l'ensemble du Tchad sont déployés environ 10 000 Libyens. Les FAN ne peuvent rien.

Le 15 décembre, s'en est fini de la résistance d'Habré. Le vaincu s'enfuit au Cameroun. Il séjourne aussi au Soudan. Là-bas, début 1981, tandis qu'un accord "de principe" annonce la fusion entre le Tchad et la Libye, Habré rencontre le chef de station de la CIA à Khartoum. Nouvellement élu Président des Etats-Unis, Ronald Reagan veut la "peau" de Kadhafi (qui le lui rend bien). La Maison Blanche décide d'aider Hissène Habré pour qu'il reprenne la main au Tchad. Washington financera (10 millions de dollars entre 1981 et 1982, soit 26, 2 millions de dollars 2014), fournira des équipements via le Soudan ou d'autres pays. Le SDECE (Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage) français (qui deviendra bientôt la DGSE), les services irakiens ainsi que – évidemment - les Soudanais, ne sont pas en reste. Dorénavant, Habré n'est plus seul face à Weddeye et à Kadhafi... En ce qui concerne les Irakiens, ils placent leurs "billes" car l'Iran, avec qui ils sont en guerre depuis 1980 a décidé de soutenir Kadhafi...


A cette date, les forces en présence s'établissent à environ 5 000 hommes pour les FAP, environ 3 000 du Conseil Démocratique Révolutionnaire (CDR ; dont nous reparlerons ultérieurement) au sein du GUNT pro-libyen, de 3 000 à 5 000 combattants pour les FAT désormais organisation armée régionale sudiste, quant à Hissène Habré, il dispose d'environ 4 000 partisans qui s'implantent à l'est du Tchad et au Soudan.

Le Tchad, zone de guerre internationale

La conjoncture régionale joue en la faveur d'Hissène Habré : 12 pays d'Afrique rejettent l'idée d'une union Libye-Tchad que Kadhafi tente de l'imposer à Weddeye le 06 janvier 1981. Ils affirment leur d'opposition en signant la résolution de Lomé, le 14 janvier 1981. Soulagé de s'affranchir à bon compte d'un encombrant allié, Weddeye souscrit à ce rejet. Il reçoit la "bénédiction" de l'OUA le 28 juin de la même année. Kadhafi est mécontent, mais il n'a pas le choix, à moins d'apparaître comme un "colonialiste". Début novembre 1981, les forces libyennes quittent donc N'Djaména sans concertation avec le GUNT. Elles remontent vers le nord du Tchad. Toutefois, elles gardent la bande d'Aouzou. A la place des Libyens, l'OUA missionne une force d'interposition avec 2 000 Nigérians, 2 000 Zaïrois et 800 Sénégalais...

Hissène Habré, lui, se frotte les mains : les Libyens ont reculé, Weddeye est en position de faiblesse. D'autant que plusieurs pays de l'OUA qui devaient participer à la force d'interposition ne le font finalement pas. Ses troupes à lui s'entraînent au Darfour. Leurs instructeurs sont Egyptiens, mais aussi Français, recrutés via Bob Denard. La préparation paie lorsqu'il attaque enfin. D'entrée, en décembre 1981, son offensive est un succès. Faya Largeau est prise en janvier 1982. La surprise est totale aussi bien à N'Djaména qu'à Tripoli. L'aviation libyenne (dont certains de ses pilotes, durant les années 1980, sont... Syriens) intervient. Mais elle ne démontre que son inefficacité : ses bombes tombent au mieux sur des troupeaux ou au pire dans le désert. Quand ses appareils ne sont pas descendus par des FAN qui possèdent des SATCP SA-7 !


Le 05 juin, les troupes du GUNT sont mises en pièces par les éléments motorisés des FAN. A l'issue d'une épique chevauchée motorisée, en roulant "à tout birzingue", Habré et ses Goranes s'emparent de N'Djaména le 07 juin 1982. Weddeye se réfugie en Algérie où le Président Bendjedid l'encourage à renouer avec la Libye. Bendjedid ayant lui-même été incité à ces encouragements par Kadhafi. Au Tchad, Idriss Déby est nommé commandant en chef ; en 1985 il sera envoyé étudier à l'Ecole de Guerre à Paris.

A chacun son tour

C'est au tour du GUNT d'entrer en guérilla. Il se reconstitue militairement au Nigeria et dans le nord Cameroun, mais aussi au Bénin, recrutant environ 4 000 hommes qu'arme Kadhafi. Les combattants de la Légion islamique et les réguliers Libyens de Kadhafi (environ 3 000 hommes) constituent le rouleau compresseur. Avec la puissance de feu des blindés, de l'artillerie et de l'aviation, ils mettent en pièces les troupes gouvernementales tchadiennes. Les rebelles des GUNT, plus légèrement armés, manoeuvrent, effectuent les reconnaissances, nettoient le terrain. Tâches qui incombent pour l'essentiel aux combattants d'une coalition au sein du GUNT, l'Armée Nationale de Libération (ANL). L'ANL sert aussi de "branche armée" au GUNT. Un "sudiste" parmi les "nordistes", le général Djogo, la commande.


Devant la violence de la poussée, les Forces armées nationales tchadiennes (FANT, issues de l'amalgame des FAN et des FAT en septembre-octobre 1982) doivent se replier avec de lourdes pertes. L'ennemi capture Faya Largeau le 24 juin 1983. Dès lors, la localité n'est plus uniquement la capitale du BET, elle devient de facto celle du GUNT. C'est aussi un point stratégique : qui tient la localité peut prendre N'Djaména. Mais c'est également un point de convergence entre le massif du Tibesti, au nord ouest et le plateau de l'Ennedi, à l'est.

Mercenaires et Zaïrois

Toujours en juin, avec le concours de la DGSE, une trentaine d'hommes sont recrutés en France (en deux équipes, à quelques jours d'intervalle). Acheminée par C-130, la première équipe encadre les éléments des FANT chargés de reconquérir Largeau sous le commandement d'Hissène Habré. Parmi ces Français, il y a notamment des spécialistes Milan. Faute d'avoir suffisamment de temps pour former les Tchadiens à leur utilisation, ils les serviront eux-mêmes.

Il y a urgence : le 8 juillet, Arada est tombée. Le 9, c'est Abéché qui est perdue. Vite reprise, toutefois, le 12 ; Kadhafi n'est pas enthousiaste à l'idée d'un conflit ouvert, même limité, avec la France. Il réduit donc considérablement son soutien aux forces de l'ANL les plus avancées au sud, bien au-delà du 16e parallèle. Privées de carburant, les éléments de Djogo ne peuvent tenir la localité.


Début juillet, Habré reçoit le renfort de Zaïrois expédiés par Mobutu : 3 chasseurs-bombardiers Mirage 5, 3 avions d'attaque MB326 et 2 000 parachutistes de la Brigade Spéciale Présidentielle (BSP). Leur utilité est considérée comme négligeable par les officiers de renseignement américains et français. D'ailleurs, les avions sont rapidement signalés comme non-opérationnels.

Les batailles de Faya Largeau

A la fin du mois de juillet 1983, les FANT sont enfin prêtes. L'affaire s'annonce bien. Nerveuse et brutale, leur contre-attaque dans le secteur de Faya Largeau bouscule les GUNT et leurs appuis libyens. Les Milan pulvérisent les EE-9 Cascavel de la Légion islamique et de l'ANL. La "capitale du GUNT" tombe sans combat le 30 juillet.


Au sujet des "contractuels" français, les risques d'être pris "la main dans le sac" sont trop grands et Mitterrand ne veut pas être mis en défaut par Kadhafi. Les "conseillers militaires" sont donc exfiltrés. Décision d'autant plus judicieuses que les FANT se livrent à des exactions (notamment 200 exécutions sommaires) de membres du GUNT (ou suspectés d'appartenir au GUNT) restés dans le secteur. Pour ceux qui sont faits prisonniers, leur sort n'est pas plus enviable : d'effroyables conditions de détention les attendent...

 

Article de Laurent Touchard. Source: Jeune Afrique.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 12:11
3_5IXfA.jpgLe dimanche 13 avril 1975, aux premières heures du matin, les bruits d’armes automatiques et lourdes crépitèrent à N’Djamena. C’était le début d’une longue histoire tumultueuse que connaîtra le Tchad. L’armée prenait le pouvoir et 39 ans après, les civils ont du mal à revenir au pouvoir. Quel gain le Tchad a pu tirer de ce coup de force ?Dès que l’armée a pris le pouvoir ce dimanche 13 avril, la population est descendue dans les rues de N’Djamena pour l’acclamer. Le pouvoir du père de l’indépendance du Tchad venait de tomber. L’euphorie qui accompagna cette prise de pouvoir fit long feu. Très vite la réalité rattrapera vite l’armée. La gestion de la chose publique sera médiocre. La revue « Jeune Afrique » publiera un nouveau très fameux : « Tchad Etat néant »

 L’armée ne saura pas gérer la paix civile. Une réconciliation signée avec un amateurisme à faire pâlir le plus petit des politiciens donnera naissance à la « Charte fondamentale » entre l’armée et les Forces armées du Nord. Cela conduira à la guerre civile qui commença le 12 février 1979 avec la destruction totale de l’administration tchadienne et le déplacement des millions de tchadiens tant à travers le territoire national qu’à l’extérieur, dans les pays limitrophes.

 

Trente-neuf ans plus tard, après réflexion, on se demande le bien-fondé de ce putsch militaire. Cela n’a donné lieu qu’à la suspension de la constitution et de la mise entre parenthèses de ce qui restait encore des libertés individuelles.

La conclusion que nous pouvons tirer aujourd’hui est que la place de l’armée est dans les casernes. Elle doit s’occuper de la défense du territoire et laisser les civils s’occuper de la politique. Partout où l’armée est sortie des casernes, on a vu les portes de l’enfer s’ouvrir. C’est la leçon que les tchadiens doivent retenir de ce 13 avril 1979.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 12:56

1888673 702022186527573 519204115 nAu commencement, la terre était vide de toute créature. La terre était couverte de mil. Sur le mil, il y avait un œuf. L’œuf éclot et il en sortit deux jumeaux : Loubeu et Sou. Loubeu sortit avec des sémences de haricots et de melon d’eau dans son poing fermé. Sou sortit les mains vides. Alors que Loubeu était fiable dans tout ce qu’il faisait, Sou était un espiègle qui ne pensait qu’à s’amuser.

 

Loubeu prit le mil, le pila et en fit de la farine. Il pétrit la farine et lui donna une forme allongée. Il le mit ensuite dans une coquille d’œuf qu’il conserva dans un coin. Il eut bien du mal à le conserver de l’appétit de Sou qui voulait absolument en faire un œuf.
L’œuf finit par éclore. Il en sortit une petite fille. Loubeu la prit et souffla dans sa bouche pour lui insuffler la vie. C’est ce souffle que tout être vivant perd au moment de sa mort.
L’enfant grandit rapidement et devint une très belle fille. Sou finit par la séduire et elle fut enceinte. Elle n’arrivait pas à enfanter et criait de douleur. Elle se plaignait car elle pensait mourir en couches. Prise de désespoir, elle se rendit en brousse pour mourir.
Un singe survint et lui dit : « Tu ne mourras pas. Quand tu sentiras les douleurs de l’enfantement, tu viendras m’attendre sous cet arbre ».

 Quand le moment arriva, la femme se rendit au pied de l’arbre. Le singe vint la voir avec les lianes du goum. Il la fit asseoir dessus, puis lui massa le ventre pour faire sortir l’enfant. Il coupa le cordon ombilical et le suspendit à une branche de tamarinier. Il fit un trou pour enterrer le placenta.

 

Ce fut le singe qui permit à la jeune mère d’enfanter ; sans lui, elle serait morte. C’est ainsi que le singe mange le mil des hommes. C’est grâce à lui que les hommes ont pu se multiplier sur la terre.
Pascal Djimoguinan
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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 09:57

 PascalPour comprendre les histoires d’un peuple, il ne faut pas négliger ses contes, légendes et sagas. Dans cet océan, se cachent souvent des pépites qu’il faut trouver. L’histoire de l’actuelle ville de Sarh passe par ce qu’en disent les peuples qui l’ont habitée. Comment le modeste village de Kokaga est devenu la ville de Sarh et comment il a été l’objet de litige entre diverses populations ?
 A l’origine, Kokaga était un village Kaba Démé. Cela a été le cas jusqu’aux environs de 1880 lorsque les Niellim se sont attaqué tour à tour aux Tounia de Ngarkola et aux Démé de Kokaga. Ce sont lors de ces hostilités que les Kaba Démé vont perdre Kokaga. Il faut revenir aux différentes péripéties de cette histoire qui ne manque pas de sel.

Tout a commencé par un conflit entre les Niellim et les Tounia. Les Niellim de Pra qui dépendaient du Baguirmi guerroyaient contre leurs voisins Boua de Korbol. Ces derniers, grâce à leur chef (Certains parlent de Baboul alors que d’autres disentt que c’était son père Ouagaya), réussirent à donner une raclée mémorable aux Niellim et à les repousser vers le Sud. Conduits par le chef de Pra, Kadi, les Niellim s’installèrent au Nord de Fort-Archambault et pour se venger, ravagèrent le pays Démé et Tounia. Cela va amener le chef Tounia, Nassar Gadje à quitter le village de Ngarkola pour Banda où il demandera asile aux Démé dont le chef Djoko l’accueillit en allié. Jusqu’à sa mort, ce chef Tounia restera au village de Doyaba.
Très vite le realpolitik va jouer et les alliances vont changer. A la mort de Nassar Gadja, les Niellim feront la paix avec les Tounia, sanctionnée par une alliance de famille où le nouveau chef Tounia, Ngawara, frère de Nassar, épousera la sœur du chef Niellim Kadi. Le torchon ne tardera pas à brûler entre les Niellim et les Démé. Une Zizanie va naître entre les Kaba Démé de l’est (Bohobé, Marabé, Klabada, Marakoua, Tarangara) et ceux de l’ouest (groupe Banda Mahimara). Sans doute sous les intrigues de Ngawara, les Démé de l’est attaquèrent ceux de l’Ouest et Djoko dût prendre la fuite vers Manda où l’affrontement eut lieu. A la suite de ce combat, Djoko abandonna Archambault pour se replier vers Kemdéré où il construisit le nouveau Banda.Comme dans toutes les histoires traditionnelles, tout ne finit pas ainsi. Il faut y ajouter un grain de mysticisme pour l’agrémenter.
Lorsque Djoko fut défait, furieux mais impuissant, il eut recours aux « armes mystiques ». Il maudit Ngawara en jetant des sorts sur sa personne et sur ses terres. Les récoltes des Tounia devinrent moins abondantes et les pêches ne rapportèrent plus rien. La peur au ventre, le chef Tounia viendra offrir ses excuses à Djoko. Un accord sanctionnera les pourparlers : Ngawara restait à Kokaga mais devait remettre à Djoko, en gage de soumission une pièce de Gabak (Les Niellim disent que le cadeau fut plus important : un cheval blanc, trois esclaves, dix boubous). Toujours est-il que Djoko fut satisfait de l’accord et bénit la terre de Kokaga qui recommença à produire beaucoup de fruits.
Il est intéressant de noter la version des Tounia qui diffère de celle des Kaba Démé. Selon eux, Lorsque Djoko fut chassé de Banda, il aurait laissé sa femme et trois de ses enfants prisonniers entre les mains de Kadi. Djoko dût demander l’intercession de Ngawara. Le prix de cette médiation serait le village de Kokaga. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est qu’à la suite de l’incursion des Niellim, le chef de terre d’Archambault ne fut plus Démé, mais Tounia.
Certains chercheraient sans doute à situer kokaga aujourd’hui. Il faut dire que Kokaga n’existe plus car il a été recouvert par le quartier administratif de Sarh et absorbé de l’autre côté par le quartier Kassaï. Kokaga allait de l’école du centre jusqu’à la concession de Tiran. Ce village subsista jusqu’à1906 et Ngawara y fut encore enterré. L’actuel village de Kokaga qui se trouve entre les Rôniers et Helibongo, n’a de commun avec l’ancien que le nom.

La disparition de l’ancien Kokaga est provoquée par la fondation de Fort-Archambault. Le premier occidental qui ait séjourné à Kokaga fut Bretonnet car Gentil ne s’y était pas arrêté lors de son premier passage. Bretonnet a établi, en mars 1899, un campement à l’emplacement de l’actuel cimetière européen, juste à l’entrée de Kokaga. C’était l’époque où Gaourang était à Kouno, dans la crainte d’être attaqué par Rabah. C’est en montant vers Kouno que Bretonnet fut tué au massacre de Togbao.

Le 15 août 1899, Emile Gentil arrive à Kokaga. Apprenant la mort de Bretonnet, il redouta une autre attaque de Rabah ; c’est ainsi qu’il fit construire un camp fortifié à quelques centaines de mètres en aval de Kokaga, à l’endroit où se trouve aujourd’hui le terrain des Travaux Publics. C’est au mois d’octobre, alors que Gentil était allé chercher du renfort à Fort-Crampel, que le Capitaine Jullien fortifia le nouveau poste auquel il donna le nom de son camarade Archambault, mort dans l’Oubangui quelque temps auparavant de la fièvre.

 Les premiers mois d’existence du poste de Fort-Archambault furent marqués par un incident sanglant. Situé entre le village Kokaga appartenant aux Tounia et Gaye appartenant aux Niellim. Il y avait toujours des escarmouches entre ces deux populations avant l’arrivée des occidentaux. Un peu avant la bataille de Kouno, il s’en produisit une autre escarmouche. Le capitaine Jullien intervint avec vigueur et occupa le village Niellim. Gaye prit la fuite et rejoignit l’armée de Rabah, avec lequel il correspondait secrètement.

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 00:45

rdpl-copy-copie-1Le Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad  (RDPL) CONDAMNE La destruction du patrimoine culturel du logone EtS EXACTIONS COMISES A Moundou

 

Le Rassemblement Démocratique pour la Paix et les Libertés au Tchad (RDPL) est profondément troublé et indigné par le saccage des bâtiments de l’Hôtel de ville de Moundou, la destruction du patrimoine culturel du Logone ainsi que le caillassage du domicile du Maire de Moundou par des individus dont on ignore encore les véritables intentions ; mais qui bénéficient, en cela, protection et impunité auprès du commandement militaire de la région.

 

La destruction des monuments et autres biens culturels du Logone est une attaque tendancieuse inadmissible à l’identité culturelle des populations du Logone en particulier et du Tchad en général. C’est une atteinte à notre dignité humaine, à notre identité ; une insulte à l’histoire, à notre humanité ainsi qu’aux mémoires des tchadiennes et tchadiens dans leur ensemble.

 

Ces destructions constituent une violation intolérable des droits culturels des peuples ; et un sabotage à l’effort de la tolérance religieuse, de la réconciliation et de l’unité nationales. D’autant plus vrai que les militaires dépêchés sur les lieux pour garantir la sécurité des biens et des personnes ont pris la partie des délinquants et s’en sont pris violemment aux populations identifiées clairement comme étant des autochtones qu’ils terrorisent, en leur infligeant des exactions et traitements physiques dégradants, le tout sous le silence complice et complaisant du commandement militaire et autorités civiles de la région. C’est ainsi que depuis le début de cette affaire plusieurs cas de viols, de châtiments corporels humiliants et des exécutions sommaires ont été commis sur les citoyens tchadiens du Logone par des militaires sensés protéger les populations et maintenir l’ordre et la sécurité publique.

 

Outre, les atteintes graves à l’intégrité physique des populations autochtones du Logone, le patrimoine culturel de la région est ainsi systématiquement saccagé, d’après un plan diabolique prémédité,  par ceux-là qui, depuis plus de 20 ans maintenant, sont au dessus de toutes lois de la république, et ne respectent  ni le Tchad, ni les citoyens tchadiens. 

 

La profanation de l’héritage culturel et historique du Logone est un acte de défiance politique, sociale et morale, à la fois, pour le Logone et pour le Tchad tout entier. Or, face à ces actes odieux et gravissimes, nous constatons avec frayeur et étonnements médusés le silence et le manque de réactions officielles des services compétents du Ministère de la culture, garant de la protection et de la conservation du patrimoine culturel.

 

Le RDPL condamne de la manière la plus énergique ces comportement odieux dignes d’un autre âge ; met en garde tous ceux se croient au dessus des lois de la république et s’hasarde à déterrer la hache. Nous demandons aux autorités de tout mettre en œuvre pour identifier et appréhender les auteurs de ces méfaits afin de les traduire devant la justice de la république. Nous en appelons à toutes les populations du Tchad de lever unanimement la voix pour condamner sans équivoque ces actes  odieux et indignes. Par ailleurs nous appelons les populations du Logone géographique à se lever comme un seul homme, une seule femme, debout, pour défendre sa culture, sa mémoire et son patrimoine. Ils ont déterré la hache. Refusons d’être débarqués de nos cercueils.

 

Fait le 23 mars 2013 pour le RDPL

Le Bureau exécutif.

Michelot Yogogombaye

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 20:35

 

imagesb.jpgSelon nos informations, depuis deux semaines, l’aéroport de Ndjaména est sous contrôle des éléments de la nébuleuse Boko Haram.

Avec la complicité des agents de renseignements tchadiens, ils auraient aussi  profité de la porosité de la frontière entre le Tchad et le Nigéria pour infiltrer les lieux stratégiques.

Nos sources nous informent que, seuls les voyageurs ont accès à l’aéroport de Ndjaména.

 

Certaines personnes pensent  que la présence au Tchad des ces soldats de Boko Haram, résulte de la stratégie  d’Idriss Deby d’instaurer le chaos qui consiste à terroriser les expatriés  et les troupes françaises pour contraindre la France à lui lâcher le basket.


A suivre …………

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 20:55

I Sans titreC’est dans le silence que se montent les plus grands projets….c’est dans la discrétion et dans l’humilité que se réalisent les plus beaux rêves.

Notre plus rêve  est de rendre le peuple tchadien heureux dans la solidarité entre tous

Notre silence se caractérise par action de dénoncer les injustices et la tyrannie dans lesquelles vit le peuple tchadien.

Il faut certes avoir du courage pour se lever et parler et surtout avoir le même courage pour s’asseoir et écouter.

Crest dans cette dynamique que le RDPL   veut se lever et  s’ouvrir  a tous ceux qui sont épris de paix et de justice et a même temps s’assoir et discuter de manière sincère et honnête avec tous ceux qui sont méfiants et distant afin de trouver une entente pour libérer le peuple tchadien du joug infernal dans lequel le régime de Deby l’a plongé.

Ahmat idriss

Représentant du RDPL en Allemagne.

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 20:55

 

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La colère épistolaire du ministre tchadien de la Justice

C’est une longue lettre à en-tête de la Présidence de la République, de la Primature et du ministère de la Justice du Tchad. Datée du 10 février et signée par le Garde des Sceaux, Abdoulaye Sabre Fadoul, cette missive de trois pages est adressée via l’ambassade tchadienne à Paris aux sénateurs socialistes Gaëtan Gorce (Nièvre) et Jean-Pierre Sueur (Loiret), lequel préside en outre la Commission des lois de la Haute Assemblée. Voilà près de quatre ans que les deux élus français plaident inlassablement pour que la vérité éclate quant aux circonstances de la disparition de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, selon toute vraisemblance enlevé et « liquidé », accidentellement ou pas, par les forces loyales à Idriss Déby Itno, chef d’Etat alors en butte à l’offensive de colonnes rebelles parvenues en février 2008 jusqu’au cœur de N’Djamena.

A l’évidence, le rédacteur de ce courrier supporte mal l’activisme du tandem sénatorial et le soutien qu’il apporte à la famille du disparu. Il l’accuse de « dénier à nos institutions leur droit absolu, exclusif et inaliénable à traiter une affaire intérieure » et de proférer des « affirmations péremptoires graves totalement inexactes », invoquant au passage les « incommensurables efforts » -pour le moins stériles à ce stade- déployés par son gouvernement afin de « faire toute la lumière » sur cet épisode. Il est question ensuite « d’instrumentalisation indécente », ou de « conclusions abracadabrantes », émises par ceux qui tendent à « s’ériger en justiciers ». En conclusion, le Dr Abdoulaye Sabre Fadoul exige « que cessent les interférences intempestives et certaines manœuvres d’intimidation » -qu’au demeurant il ne détaille nullement- et que soit respectées « la souveraineté et les institutions » du Tchad.

Un assaut épistolaire en appelant un autre, les deux parlementaires ont à leur tour pris la plume pour alerter, voilà deux jours, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Le duo Gorce-Sueur attire l’attention du patron du Quai d’Orsay sur une « procédure inédite » consistant « pour un membre éminent d’un gouvernement étranger, à interpeller directement des parlementaires d’un autre Etat au sujet de la manière dont ils exercent leur mandat et à les inviter à mettre un terme à leur action ». Il rappelle aussi que le sort d’Ibni Oumar Mahamat Saleh a fait l’objet d’une résolution de l’Assemblée Nationale, adoptée à l’unanimité en mars 2010 ; que N’Djamena a promis de mettre en œuvre les recommandations formulées par une Commission d’enquête internationale ; et que Nicolas Sarkozy s’est engagé par courrier, à plusieurs reprises, à œuvrer contre la primauté de la loi du silence et de l’oubli.

Le Forum Mondial de l’Eau, qui se tient à compter de lundi à Marseille, offrira au locataire de l’Elysée une excellente occasion d’administrer à son ami Idriss une courtoise piqûre de rappel. Et l’on voit mal dès lors comment l’hôte tchadien, qui séjourne paraît-il dans l’Hexagone depuis le 4 mars, pourrait cette fois noyer le poisson dans les eaux du Vieux-Port.

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 08:08

rageJournée internationale des droits de l’enfant : ce ne sont pas les gadgets, comme la « maison des familles » qui feront illusion sur le bilan catastrophique du gouvernement

La Journée internationale des droits de l’enfant, dimanche 20 novembre, est une nouvelle fois l’occasion de tirer un triste bilan des attaques de la droite contre la politique familiale en France. 
Déjà fragilisées par des années de coupes budgétaires et de détournement d’une partie de la CSG qui alimente la branche « famille » au profit de la CADES, les familles sont en effet particulièrement mises en danger par le plan de rigueur du gouvernement.  La baisse de 4,1% du budget du programme "actions en faveur des familles vulnérables " et en particulier des crédits destinés à l'accompagnement des familles dans leur rôle de parent contenue dans le PLF 2012 s’additionne ainsi à la limitation de l’augmentation annuelle des allocations familiales à 1% et à son report de plusieurs mois.
Sans oublier les augmentations de TVA et de taxes qui frappent les familles les plus modestes.
Rappelons que depuis 2007, rien n’a été tenté pour lutter contre la pauvreté qui touche 2 millions d’enfant, ni pour donner une existence concrète au « droit opposable à la garde d’enfants » alors que deux tiers des moins de trois ans doivent toujours être gardés par un proche parent, faute de solution de garde. 

Le fait que le Défenseur des droits consacre son premier rapport aux droits des enfants ne compense pas la suppression du Défenseur des enfants, fondu dans la nouvelle institution mais sans conserver le droit d’interpellation directe dont bénéficiaient auparavant les enfants. 
Dans ce contexte, l’annonce de « Maisons des familles » par Madame Claude Greff apparaît au mieux comme un gadget, au pire comme une volonté du gouvernement de faire un tri dans les associations.
L’inquiétude des parents et leur besoin de soutien ne font pas de doute, mais il est  anormal qu’en raison du désengagement financier de l’État, la responsabilité de la politique familiale soit renvoyée vers les collectivités territoriales et les entreprises. 
Le Parti socialiste réaffirme son attachement à une politique familiale ambitieuse qui respecte les choix de chacun, et à une protection renforcée des enfants. Paris le 18 novembre 2011 Jean-Patrick GilleSecrétaire national du PS à la Famille

L'Humanité

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:48


0ed21d68-d478-11dc-b774-e8b19ccf1749-1-.jpgVous convenez que pour le Tchad, la liste peut être allongée à l’infini car les maux qui minent le pays des SAO ces 20 dernières années sont effarants et tout citoyen Tchadien capable d’un petit discernement doit s’inquiéter du lègue désastreux que ce régime MPS et ses complices projettent pour notre pays.


Aussi nous n’avons pas l’intention de développer tout ce qui est annoncé dans notre introduction. Cependant, nous estimons que la seule crise énergétique suffit de tout résumer. L’énergie est sans conteste le moteur du développement. Elle touche tous les secteurs économiques aussi bien de la production que des services et des ménages. Une véritable équation à plusieurs inconnues que tout Etat soucieux de son développement doit retrousser les manches, mobiliser toutes ses ressources et compétences afin de trouver une solution durable. Point de place donc aux stratégies provisoires. Car la croissance de nos villes, la démographie galopante, entraine inconditionnellement une demande encore plus accrue en assainissement et fourniture d’électricité.


Sur ce chapitre particulièrement brulant, le gouvernement d’Abdoulaye Wade ne sait à quel saint se vouer. Le changement continuel à la tête du ministère de l’Energie n’a pas permis de règler le problème. Le fils Wade étiqueté à juste titre par ces compatriotes comme étant le Ministre du ciel et de la terre (il gère 4 ministères dont celui du Transport aérien, des Infrastructures, de l’Energie et de la Coopération internationale) n’a pu apporter le changement tant attendu. On peut dire que la situation s’est même empirée car les explications, les plans de sortie de crise et les promesses se sont multipliés sans que la moindre amélioration n’ait été constatée et ce malgré les milliards engagés.

Les populations, à bout du souffle, descendent presque chaque nuit dans les rues pour exprimer leur désarroi. Plus question de porter ou d’agiter le brassard rouge comme leur recommandait Me Abdoulaye Wade. La révolte menée par les jeunes et soutenue par leurs parents est toute aussi originale : elle ne consiste plus à saccager les édifices publics, les transports en commun ou les biens des pauvres citoyens innocents, les jeunes allument des pneus déjà aspergés d'essence au milieu de la chaussée et disparaissent en moins d’une minute. La brigade anti-émeute qui sillonne les rues à bord des Toyota Land-cruiser (l’image renvoie un peu à la GR de Deby) ne peut que constater impuissante les dégâts. Bonjour les embouteillages.


Dire qu’au Tchad la même situation perdure depuis 20 ans déjà, c’est tout simplement incroyable. Que personne n’ose bouger le petit doigt et dénoncer ce manquement grave de l’Etat est encore plus scandaleux. Ça devient paralysant quand on constate que rien n’est fait pour améliorer cette situation désastreuse dans laquelle est noyée toute une population de plus 11 millions d’âmes. Comment des partis politiques régulièrement constitués peuvent se dérober de la sorte en appelant les populations meurtries et affamées à une manifestation à huis clos appelée « concert de casseroles ». Au Tchad actuel, on ne peut ni utiliser le courant électrique, ni le gaz et encore moins le charbon de bois rien que pour manger à sa faim. Je ne parle pas de l'eau pour se laver correctement et un ventilateur ou climatiseur pour dormir profondement.

Ne me parlez pas s’il vous plait de la société civile, du conseil économique et social, des partenaires étrangers du Tchad. Ce sont tous des valets du système Deby. Mais j’interpelle la jeunesse tchadienne qui se dit lasse de la guerre cyclique qui déchire leur depuis plusieurs décennies et qui aspire à un changement réel et profond au Tchad. Cette jeunesse dont une infime partie peut poursuivre des études supérieures à l’étranger et donc peut avoir une petite appréciation de ce qu’un Etat et comment doit-il fonctionner, celle-là même qui use et abuse des technologies de l’information et de la communication (email, Facebook, sites et blogs Internet, Skype, etc.) mais qui curieusement reste passive voire inerte et se ronge dans des commentaires sataniques, version électronique des absurdes et futiles débats qu’on entend dans les maisons, lors des sorties (gaada) et sous les murs des ruelles de Ndjaména et d’ailleurs. On se plait à ces occasions à cogiter sur les nominations des jeunes poussins des Itno qui sautillent d’une Direction à une autre, multiplient les villas, les femmes et maîtresses, les voitures de luxe, les voyages, les comptes bancaires, ne se privent pas d’humilier, de bastonner, d’enlever, de violer, de faire disparaître et enfin d’assassiner.


Ces gens ne se rendent même pas compte que le reste du pays sombre, que le peuple déprime et frôle quotidiennement le suicide collectif. Mais ça, c’est le cadet des soucis des Itnos et de leurs sujets, pourvu qu’il ne manque ni à manger, ni à boire, que le climatiseur ronronne 24h/24 aussi bien à Farcha qu’à Amdjaras. Restons dans cette posture, mais le réveil sera un jour brutal...

Mahamat Issa

Dakar - Sénégal

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